Le développement en questions

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Publications reçues. Comptes-rendus rapides

vendredi 29 août 2014

GRESEA-échos, « Made in Bolivia », revue du Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative, n° 67, juillet-septembre 2011.

Il est des pays des Périphéries qui retiennent l’attention du fait de l’originalité de leurs choix en matière de développement et des politiques qui les accompagnent. Il en est ainsi de la Bolivie qui, depuis l’élection de son Président, Evo Morales, réunit les ambitions de construire une démocratie plurinationale et d’entreprendre un développement en opposition au capitalisme mondialisé. En consacrant le dossier de son numéro de l’été 2011 au projet d’exploitation du gisement de lithium du Salas de Uyuni, GRESEA-échos explore les potentialités et les difficultés d’une politique minière originale. La Bolivie est bien placée pour connaître le sens de la « malédiction des matières premières », qui constate le fait que le pays minier, qui extrait ces richesses de son sol, n’en est jamais le bénéficiaire. Ainsi l’exploitation sur une longue durée des mines d’argent de Potosi ne lui fut d’aucun secours pour enclencher une dynamique de développement.
Ce dossier qui instruit ce projet ne laisse dans l’ombre aucun des éléments du choix bolivien. Il en est ainsi de la stratégie mise en œuvre dans la filière lithium : le choix d’une exploitation par une entreprise nationale (et non une concession à une firme étrangère) et portant non sur la simple extraction mais sur la transformation sur place du métal. Les risques encourus sont également au cœur de ce dossier : le risque politique lié à la toute puissance des grandes compagnies minières occidentales, ainsi que le risque technologique créé par la dépendance technique du pays, de l’activité minière à la transformation en produit fini. Il existe également un risque commercial puisque ce projet repose sur l’anticipation d’un essor futur de l’usage du lithium (par exemple dans les piles des futures voitures électriques), et enfin un risque environnemental mal connu du fait de la consommation d’eau de l’activité nouvelle dans une région hyperaride.
Ce dossier, très complet et très concret semble indispensable pour tous ceux qui s’intéressent à la Bolivie et aux politiques alternatives de développement.

GRESEA-échos, « La Chine subsaharienne », revue du Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative, n° 68, octobre-décembre 2011.

La Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique, devançant les États-Unis. Dans le même temps ses investissements vers ce continent ont connu une progression importante. Comment analyser cette spectaculaire avancée, sachant qu’elle s’accompagne d’un renforcement comparable des liens noués entre la Chine et l’Amérique latine ? Tel est le thème du dossier de ce numéro de la revue, basé sur les communications faites au cours du séminaire Chine-Afrique, organisé par le GRESEA à Bruxelles le 27 mai 2011.
Plusieurs questionnements ne manquent pas d’éclairer cette nouvelle donne économique. La première reflète un regard africain et ne manque pas de pertinence : « En quoi cela vous concerne-t-il ? » demande Yenga MABOLIA. Celui-ci exprime ainsi clairement le refus de donner à l’Occident le pouvoir de juger des affaires du Sud.
Il reste à interroger les aspects spécifiques de la coopération ainsi offerte par la Chine aux pays en développement. Son caractère séduisant repose sur l’absence de conditions formulées par le partenaire chinois et par son esprit de recherche d’avantages partagés par les deux parties. Si, aujourd’hui, cela ne modifie en rien la place de fournisseurs de produits bruts des pays africains dans la division internationale du travail, ces caractéristiques tranchent pourtant radicalement des liens et contraintes imposés par les pays centraux, dont le « consensus de Washington » et l’exigence d’une « bonne gouvernance » demeurent les symboles les plus forts.
L’inexistence d’une dimension sociale, parmi les objectifs de cette coopération nouvelle, constitue un point faible. Les entreprises chinoises exerçant en Afrique sont, de toutes les firmes étrangères, parmi celles qui traitent le moins bien leur personnel. Ceci confirme l’avis de nombreux syndicalistes africains selon lequel considérer que les firmes étrangères puissent être la source du progrès social dans les pays qui les accueillent n’est qu’un leurre. Un tel progrès ne peut que résulter de l’action des forces internes à ces pays.
Il n’en demeure pas moins que cette présence nouvelle de la Chine dans les pays périphériques soulève aujourd’hui une question centrale ; ce que montre Erik RYDBERG dans son article « Le développement ? Notion remise en question ». Les contenus successifs donnés à cette notion par l’idéologie néo libérale et repris par les pays centraux ont trouvé leurs limites et la coopération chinoise offre un nouveau paradigme pour la rénover. Un paradigme respectueux à la fois d’une interdépendance économique accrue entre pays, qu’ils soient développés, émergents ou en développement, et de la souveraineté des peuples du Sud.

Analyses et documents économiques, « Reconquérir l’industrie : une nécessité économique et sociale », Cahiers du Centre confédéral d’études économiques et sociales de la CGT, n° 115, août 2011.

Ce numéro de la revue est construit autour des discussions et communications faites lors de la journée d’études confédérale du 19 janvier 2011 et de la journée d’étude de la Fédération CGT de la métallurgie le 30 mars 2011. Il est complété par les textes relatifs à la contribution de la CGT aux états généraux de l’industrie et une analyse des enjeux qui concernent la filière nucléaire après la catastrophe de Fukushima.
L’industrie française, comme une partie de l’industrie européenne prise dans le « carcan de la finance » ne va pas bien. L’industrie française a perdu deux millions d’emplois entre 1990 et 2010. L’absence d’une politique industrielle volontariste (française ou européenne), l’appétit des actionnaires, la préférence pour le court terme et les logiques financières qui l’accompagnent expliquent cela et la crise devenue économique en 2009 n’a en rien modifié l’évolution en cours ; elle n’a fait que l’aggraver (250 000 emplois industriels perdus de 2008 à 2009).
L’industrie, parce qu’elle est une des activités où se réalisent et se manifestent le plus le progrès technique, parce qu’elle constitue le point de départ des dynamiques d’accroissement de la productivité dans l’ensemble de l’économie, joue un rôle particulier dans la croissance économique et le progrès social.
Il est donc urgent de sortir de la « désindustrialisation » actuelle ; ce qui est clairement un des projets de la centrale syndicale. L’enjeu n’est pas seulement technique, commercial et financier, il est aussi environnemental puisque l’industrie, qui comprend des activités polluantes, peut également être la source d’un développement durable à travers l’essor de nouvelles activités. Cet enjeu est aussi social puisqu’un système fort de protection sociale et des droits démocratiques nouveaux exercés dans l’entreprise rendraient possible un meilleur engagement des salariés, indispensable au succès d’une réhabilitation de ce secteur. La conclusion est donc implicite : il est nécessaire de mettre en place une réelle politique industrielle.

Alternatives sud, « L’Inde : une modernité controversée », Centre tricontinental et éd. Syllepse, n° 3, 2011.

L’Inde reste trop souvent le pays émergent, membre du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud), dont on parle peu. Pourtant avec une croissance économique vigoureuse et assez insensible aux effets de la crise en occident, avec une population nombreuse et en augmentation qui devrait égaler puis dépasser celle de la Chine d’ici 25 ans et surtout comprenant une diaspora très influente aux États-Unis, la montée en puissance de ce pays est remarquable. Cette « plus grande démocratie du monde » qui a fait la preuve de sa robustesse à l’occasion des alternances politiques qu’elle a connues est également une des caractéristiques de ce qui est parfois appelé « la renaissance indienne ». Cela ne doit pas occulter que 75 % de cette population vit avec moins de 2 dollars par jour et qu’elle constitue une société profondément divisée en dépit de l’affaiblissement des privilèges et pouvoirs des hautes castes, et de plus en plus marquée par les inégalités. Son avenir est donc incertain y compris dans ses choix de politique étrangère (rapprochement avec l’occident ou coopération avec le BRICS et les autres pays du sud). Ce dossier éclaire fort bien les différents paradoxes qui caractérisent l’Inde d’aujourd’hui.
Les aspects économiques ne sont pas oubliés. L’étude de la voie de développement suivie par ce pays après le « tournant libéral » de 1991 est effectuée par Atal KOHLI (« la politique de croissance économique de l’Inde »). L’auteur montre ainsi que la voie suivie n’est pas une politique pro marché, comme le laisse entendre de trop nombreux commentateurs libéraux mais plutôt une politique pro affaires, au sens où les pouvoirs publics s’appuient sur les entrepreneurs privés indiens pour réaliser un objectif de croissance accélérée.

Alternatives sud, « (Re) construire les États, nouvelle frontière de l’ingérence », Centre tricontinental et éd. Syllepse, n° 1, 2012.

La réponse logique à la déliquescence de certains États, la reconstruction d’un appareil politique et administratif (le state building), est le thème de ce dossier de la revue. Qu’il s’agisse de l’Irak ou de l’Afghanistan où cette reconstruction est massivement à l’œuvre, ou bien du Mozambique qui a acquis en la matière une réputation de « bon élève » et bénéficie donc d’une place « en vitrine », les actions de state building menées sous l’égide de l’ONU et appuyées par les pays centraux sont des échecs. Ces actions venues du dehors, prévues comme devant être temporaires, s’éternisent ou échouent faute de n’avoir pu trouver un relais auprès des forces politiques et sociales internes. Les bénéficiaires attendus, les citoyens du pays « en reconstruction, restent extérieurs à ces dynamiques, trop souvent parce qu’ils ont été mis à l’écart de ces processus. Si les causes de la déliquescence de certains États (dans les Périphéries par exemple) sont multiples les raisons de l’échec de ces politiques de reconstruction le sont aussi. La main mise de l’idéologie libérale a permis de fixer un modèle d’État, respectueux de « bonne gouvernance », c’est-à-dire soumis à l’ordre économique capitaliste mondialisé et attaché à des aspects formels de la démocratie. Dictée par les pays des Centres, cette reconstruction des États, souvent à partir de rien (ainsi en est-il des ruines d’un pays dévasté par une guerre ou frappé par une « extinction » de l’État) subit les priorités de ses tuteurs qui sont aussi des donateurs soucieux de leurs propres intérêts. Il s’agit alors d’assurer d’abord la sécurité et d’inscrire le pays dans les circuits économiques et financiers de l’ordre mondial. Comment convaincre des peuples meurtris d’adhérer à ces priorités ? Même accompagnée d’un flux d’aides massif, comme c’est le cas en Afghanistan, les efforts déployés ne servent à peu près à rien. De l’Irak au Mozambique en passant par Haïti ou le Timor oriental, chaque cas traité ici par un article spécifique montre des résultats analogues, même si les causes de déconvenue ne sont pas partout les mêmes. Chacun d’eux a pourtant un point commun : le state building, par la tutelle qu’il impose aux appareils politiques renaissants, les affaiblit tout en les reconstruisant. À quoi peut donc servir ce state building ? Le titre même du dossier en est la réponse : une nouvelle frontière de l’ingérence.

Aujourd’hui l’Afrique, revue de l’AFASPA, n° 122, décembre 2011.

La question libyenne constitue l’un des thèmes centraux abordés par ce numéro de la revue. L’éditorial de Francis ARZALIER (« Afrique sahélienne : le temps du chaos ») souligne les conséquences désastreuses pour la région du Sahel de la guerre menée en Libye par l’OTAN à l’initiative (improvisée) de la France et du Royaume-Uni. La justesse de ces analyses est, hélas, clairement établie par les troubles graves que connaît le Mali depuis ces dernières semaines. Bernard COURET (« Libye : un second souffle ») dresse sans complaisance un état du pays à l’issue du conflit et de la disparition du colonel Khadafy. Après avoir condamné sans ambiguïté l’ancien régime, l’auteur souligne le fossé qui s’est creusé entre les idées véhiculées par les principaux médias occidentaux selon lesquelles la Libye venait d’entrer dans une ère démocratique et une réalité sociale et politique, tribale, conservatrice et prisonnière des intérêts compradores et occidentaux. La revue consacre également deux pages à Jean Bardet, le seul député, membre de l’UMP, à s’être opposé à la politique libyenne du Président français.
Les suites du « printemps arabe » constituent un second thème où se mélangent le désenchantement d’une révolution bourgeoise réussie et d’une révolution sociale manquée en Tunisie (Harane PARE, « La bourgeoisie occupe toujours le palais et les jardins et sert du jasmin à la sortie des mosquées ») et l’émergence d’une opposition forte et radicale qu’accompagne une répression tout aussi résolue au Maroc (Michèle DECASTER, « Maroc : le défi démocratique »).
Les élections présidentielles camerounaises qui ont permis au Président Paul Biya d’entamer un sixième mandat constituent un troisième sujet d’actualité. À partir de la Déclaration de l’Union des Populations du Cameroun et d’un extrait d’un article de Hassan MOALI, publié le 10 octobre 2011 par le journal algérien El Watan, la mascarade qui marque ces élections cache bien mal les intérêts économiques extérieurs qui la motivent.
Dans son article, « Les accaparements capitalistes massifs de terres portent atteinte à la souveraineté alimentaire… Quelles résistances des populations ? », Jean-Claude RABEHERIFARA instruit l’un des aspects actuels de la mondialisation : les achats de grandes surfaces de terres arables opérés par des États ou des compagnies étrangères dans les pays périphériques. Il ne s’agit plus d’un phénomène de portée limitée : entre octobre 2008 et août 2009 de 45 à 60 millions d’hectares – dont les deux tiers en Afrique – auraient été vendus à des investisseurs étrangers, souvent au terme de tractations des plus opaques. L’auteur compare cette nouvelle pratique aux acquisitions de terres effectuées au cours de la période coloniale à une différence près : la période coloniale était caractérisée par l’établissement d’une agriculture duale, faite de plantations coloniales exportatrices et de « réserves indigènes » vivrières, alors qu’aujourd’hui elle met en péril la petite paysannerie et la production vivrière du pays. La dénonciation des arguments justifiant ces achats de terre, sous la forme de contrats « gagnant-gagnant », constitue le second axe de l’analyse, où l’auteur montre l’atteinte durable à la souveraineté alimentaire qui en résulte. Une approche de l’éveil des consciences et des résistances en Afrique, à travers notamment la Conférence internationale « Stop aux accaparements de terre » organisée le 19 novembre 2011 à Solingié au Mali par la confédération nationale des organisations paysannes du Mali et Via Campesina, constitue le dernier point abordé par ce très intéressant article.
Enfin, la revue poursuit comme à l’accoutumée son travail de mémoire : mémoire de Mongo Béti, écrivain et militant camerounais (Robert LAVAUD, « itinéraire d’un rebelle : Mongo Béti »), mémoire aussi de la guerre d’Algérie que quatre anciens appelés français du contingent ont choisi de transformer sous la forme d’une association d’aide et de solidarité, œuvrant pour la paix et la réconciliation des deux côtés de la Méditerranée, en Algérie comme en Palestine (Michel BARTHELEMY, « Pour l’honneur du peuple français »).

Recherches internationales, n° 90, avril-juin 2011

C’est avec retard que nous rendons compte de ce numéro de la revue éditée par l’association Paul Langevin mais l’actualité et l’acuité des questions qu’il traitait restent entières.
L’éditorial de Michel ROGALSKI « Démondialisation : le débat interdit ? » a été une des premières analyses de ce surprenant tollé suscité à droite mais surtout à gauche par le terme de « démondialisation ». Il ne faut pas se laisser intimider par la violence verbale des prêcheurs de la « mondialisation heureuse » comme les supporters de « l’altermondialisation » à l’encontre de ceux qui ont osé briser le miroir (aux alouettes). Il faut ouvrir le débat, au risque de perdre ses illusions et d’avoir à repenser les conditions de la rupture avec trente années de néolibéralisme mondialisé. Avec une remarquable économie de moyens, Michel Rogalski énonce les enjeux politiques et idéologiques de ce débat : la question de l’exercice de la souveraineté et de son périmètre, la foi du charbonnier pour la « contrainte extérieure » et les conséquences laissées trop implicites des politiques économiques.
Ce numéro de Recherches internationales livre un dossier consistant sur les migrations internationales (125 pages). La présentation de Michel Rogalski et la contribution de Jean MAGNIADAS (« Mondialisation, crise systémique et migrations internationales ») justifient le titre donné à ce dossier : Les migrations internationales entre l’impossible et l’inévitable. Il n’y a pas et ne peut pas y avoir de « régime des migrations » comme il y a un « régime monétaire » ou un « régime commercial » à l’échelle internationale. Les mouvements migratoires renvoient aux contradictions du capitalisme qui restent indépassables même par les crises. Comment relever le double défi de la solidarité et du développement mentionné dans la présentation ? Et, comme on le sait, un quart de siècle après son adoption par les Nations Unies la Convention internationale sur les droits des travailleurs migrants et leur famille n’a encore été ratifiée que par une trentaine de pays.
L’approche globale des mouvements de population laisse toujours insatisfait tant ceux-ci sont variés et changeants. Les contributions rassemblées par le dossier de Recherches internationales donnent à voir et à comprendre cette réalité contrastée. Simon GUIDECOQ décrypte pour nous les tribulations de la politique du pays qui « reçoit » chaque année le plus grand nombre de migrants (« le projet de réforme du système d’immigration aux États-Unis »). Dans « Les migrations du travail en Inde » de Jean-Dilip SEN GUPTA, on découvre que dans cette république formée de 21 États où la main d’œuvre migrante contribue à la croissance économique urbaine, celle-ci ne s’installe pas de manière durable en ville en raison des conditions de logement et d’emploi qui lui sont faites. Le cas d’un autre pays surgi sur le devant de la scène économique mondiale, le Brésil, est étudié par Maurizio de SOUZA SABADINI et Renata COUTO MOREIRA qui mettent en évidence l’arrimage des mouvements de population entre les régions et la dynamique de l’accumulation du capital dans la dernière décennie (« Migrations internes au Brésil – Aspects récents relatifs à la géographie et au travail »). La contribution d’Abdou KATIBOU (« Les migrations comoriennes en France ») et celle de Rémy HERRERA (« les centres de détention dans l’Union européenne et à sa périphérie ») feront progresser la connaissance – et la conscience – du lecteur sur des questions qu’un citoyen français ne peut ignorer.
Autre contribution à lire absolument dans ce numéro, celle de Ben CRAMER : « Les incidences de changements climatiques sur la sécurité – Sécuriser la planète ou la « climatiser » ? ». Le propos de l’auteur donne un peu le vertige. D’un côté est explorée la relation de cause à effet entre le changement climatique et les guerres ou conflits inter-étatiques – sans que pour autant soit affirmée son caractère nécessaire et certain ; de l’autre côté, il est rappelé que la modification de l’environnement a pu être considérée comme une arme au point qu’une convention internationale a été adoptée en 1978 pour l’interdire, la Convention ENMOD (ENvironnemental MODification). Même si on ne peut pas tout attribuer au climat et que les principales causes de guerre sont autant politiques qu’environnementales, les plus graves conséquences des perturbations climatiques ne sont pas tant dans la dégradation de l’environnement que dans la désintégration des sociétés humaines et les conflits qui en découlent. Mais la conclusion de l’auteur est malgré tout rassurante : « Les répercussions prévues des changements climatiques sont manifestement encore plus incertaines que les changements climatiques anticipés puisqu’il s’agit d’une projection fondée sur une autre projection » !

Dans ce numéro qui présente un dossier sur « l’Afrique et le monde », l’éditorial et les deux premiers articles traitent de questions de sécurité. L’ouverture de Michel Rogalski fait le point sur les tribulations du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dans le contexte politique du moment marqué – mais pas seulement – par la Présidence Obama. Elle est suivie de deux articles qui concernent plus directement l’Europe. Le premier signé Daniel DURAND est intitulé « Sécurité paneuropéenne : un mythe dépassé ? » mais au fil du texte on comprend que le point d’interrogation n’est pas nécessaire. La crise identitaire de l’OTAN, bien visible dans le Sommet du 60ème anniversaire aussi bien que l’attitude à l’égard de la Russie ne laissent pas espérer l’émergence d’un véritable « pilier européen de défense » et au total, si la sécurité doit être envisagée comme mondiale plutôt que multipolaire, alors, Daniel Durand a raison de préconiser de revenir au rôle central de l’ONU. Dans le second article, Jean-Claude PAYE montre que l’abandon de souveraineté extérieure que l’Europe a depuis longtemps opéré au profit des Etats-Unis se complète aujourd’hui de celui de la souveraineté intérieure.

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