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Article 7 : Ouvrages et Publications reçus Comptes-rendus rapides

vendredi 7 novembre 2014

Ouvrages et Publications reçus
Comptes-rendus rapides

Alternatives Sud, « État des résistances dans le Sud – 2009 », volume 15-2008/4, Centre tricontinental et Éditions Syllepse, 2008.
La crise alimentaire mondiale constitue l’élément majeur des luttes actuelles dans les pays du sud. À travers de nombreuses études de pays (7 en Afrique subsaharienne, 6 en Afrique du Nord et Moyen-Orient, 8 en Asie et 8 en Amérique latine), ce dossier montre les multiples manières par lesquelles cette crise a touché ces pays, les mesures arrêtées par les décideurs politiques et les réactions populaires qui en résultèrent.
Le constat est partout le même : le recours à une agriculture marchande ouverte sur les échanges internationaux n’a pas permis d’assurer une sécurité alimentaire parce que le délaissement des cultures vivrières a rendu plus vulnérables les populations du tiers-monde et parce que les marchés internationaux ont transmis les hausses de prix sur les marchés domestiques. La situation de chaque pays constitue cependant un cas spécifique où l’effet de cette crise varie en fonction de la dépendance alimentaire de chacun d’eux et de l’impact de « l’agrobusiness » sur les structures agricoles.
Les différentes politiques mises en œuvre par les gouvernements ont un point commun : essayer de protéger les marchés locaux des mouvements de prix internationaux. La gravité de la situation a conduit également à des politiques allant plus loin (et remettant en cause les principes du Consensus de Washington : subvention à la consommation et/ou à la production). Pourtant, devant l’adversité, les positions idéologiques de ces gouvernants ont joué un rôle central dans le choix des politiques, les plus libéraux se limitant à une action conjoncturelle alors que d’autres, plus progressistes, se tournaient vers la recherche d’une souveraineté alimentaire. Cette dernière orientation permet, à travers quelques exemples, de présenter les « marges de manoeuvre » dont disposent aujourd’hui des gouvernants à la recherche d’alternatives à une agriculture mondialisée.
Si les « émeutes de la faim » constituent la forme la plus médiatiques des résistances populaires face à la crise alimentaire, celles-ci ont surtout emprunté d’autres formes, moins voyantes, ou ne se sont pas produites. La gravité de la baisse du pouvoir d’achat subie par les plus modestes n’est pas le facteur explicatif essentiel. Chacun des exemples présentés montre la complexité des situations sociales et politiques. Les conflits entre agriculteurs pour l’accès à la terre, entre producteurs, distributeurs et consommateurs jouent aussi un rôle important, cependant que, dans certains cas, c’est l’attachement des milieux populaires aux gouvernants qu’ils se sont choisis, qui rend compte le mieux d’une absence de réaction.
Ce numéro de la revue du fait de son actualité et des approfondissements offerts au lecteur constitue une source précieuse pour tous ceux que la question du développement des pays périphériques intéresse.

Analyses et documents économiques, n° 110, novembre 2008, Cahiers du Centre confédéral d’études économiques et sociales de la CGT.
La rubrique « Économique et social » de la revue rend d’abord compte de la table ronde organisée autour de la « Lutte des travailleurs “sans papiers”, quels enseignements pour le mouvement syndical ? » Éric Aubin, Francine Blanche, Jean-Christophe Le Duigou, Nicolas Jounin et Nasser Mansouri-Guilani font le constat que les “sans papiers” sont le plus souvent des travailleurs privés de droits, immigrant pour des raisons économiques, mais surtout victimes d’un dumping social. L’article suivant de Nasser Mansouri-Guilani traite de la « Récession sociale et récession économique : quels liens et quelles réponses ? ». L’auteur analyse la situation économique actuelle comme relevant d’une crise systémique et dénonce l’absence d’une politique de développement économique et social. Dans Le troisième article, « Pour une “révision” générale du travail », Christian Dellacherie, Jean-François Naton et Daniel Prada rendent compte de la deuxième conférence tripartite sur les conditions de travail en regrettant que les transformations du travail n’aient pas mieux été prises en compte et appellent les partenaires sociaux à se saisir de trois points : santé au travail, prévention et démocratie. Enfin, Jacques Léger, dans « Remettre le travail au centre », rend compte des premières journées-recherche sur le thème « Transformation du travail et émancipation ».
Le dossier porte sur « Révision ou régression générale des politiques publiques ? » Jean-Christophe Le Duigou procède à une comparaison : « Quinze ans de “modernisation” des services publics : du nouveau management public à la RGPP¨. Expériences étrangères et réalités françaises » ; le Groupe confédéral “politiques publiques” propose « Pour l’amélioration des services publics de proximité, d’autres choix que la révision générale des politiques publiques s’imposent », Baptiste Talbot expose « RGPP : les services publics territoriaux dans la ligne de mire » et Marie-Laurence Bertrand relate « Des services publics acteurs et vecteurs du développement territorial : la démarche de la CGT dans le Cominges ».
Dans la rubrique “Branches entreprises” Alain Gély s’intéresse à « La compétitivité de “l’entreprise France” ». Sur la base d’une enquête de l’INSEE, il conclut que la compétitivité sur les marchés étrangers dépend en premier lieu de la qualité des produits, ce qui relativise l’importance accordée au “coût salarial”. Éric Aubin analyse « La construction : un secteur en quête de politique sociale. Dans la rubrique “International”, Jocelyne Haquemand s’attache à la question de la « Faim dans le monde ; politiques agricoles et alimentaires, bilan et perspectives » et Nasser Mansouri-Guilani, dans un article très documenté, s’intéresse aux « Fonds souverains : questions pour une démarche syndicale ». La rubrique “Statistiques” est constituée d’un article de Nicole Rondeau « Territoires et globalisation de l’économie : enjeux d’une meilleure connaissance statistique pour le syndicalisme ». La revue s’achève par la rubrique « Note de lecture ».

Aujourd’hui l’Afrique, revue de l’AFASPA, n° 110, décembre 2008.
L’éditorial de Francis Arzalier, « La pauvreté est-elle soluble dans la démocratie électorale ? », rappelle que dans la plupart des pays africains, les gouvernements sont issus d’élections qui, formellement, sont aussi démocratiques que les élections des pays dans les pays occidentaux. Et la propagande électorale y est tout aussi aux mains de groupes qui ont l’argent et le pouvoir d’État. Jean Chatain, dans « Sommet de Rome de juin 2008 sur la sécurité alimentaire : la même voie que précédemment ? » s’étonne de la satisfaction de Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, devant le contenu des engagements pris : ceux-ci ne faisant que reproduire, grosso modo, ceux de 1996 et de 2001-2002. Bernard Couret (« La percée de l’Inde en Afrique ») analyse la présence de l’Inde en Afrique caractérisée par une multiplication des échanges par sept, par une promesse d’abaissement des droits de douane et de transfert de technologie, avec pour contrepartie, l’espoir pour l’Inde de s’assurer un approvisionnement en matières premières et en ressources énergétiques. Bernard Bouché dans « Médecine, recherche : une saignée organisée » analyse le pillage des cerveaux et des compétences que représente l’émigration des médecins et autres personnels de santé ainsi que des scientifiques dans les pays occidentaux. Ce flux migratoire est renforcé par la politique d’immigration choisie de bien des pays occidentaux. Francis Arzalier analyse dans le même sens la place des migrations dans les processus d’impérialisme (« Sur la politique actuelle du pouvoir français en matière de migrations ») : la formation de diplômés reste sans utilité dans les pays qui ne développent pas de politique industrielle et qui se plient aux diktats de la Banque mondiale en matière d’emplois publics. Dès lors une seule issue s’offre à ces diplômés : l’émigration. L’article de Robert Lejeune s’attache plus particulièrement à la politique française en Afrique (« L’Afrique de Sarkozy : cinquante ans de Françafrique ») montre la continuité de la politique africaine des gouvernements français depuis la fin de la seconde guerre mondiale : de la répression des révoltes à la manipulation des pouvoirs opportunément mis en place, la position n’a pas changé, y compris jusqu’à aujourd’hui.
Les pages suivantes, confiées à la plume de David Alliot, biographe d’Aimé Césaire, célèbrent le poète récemment disparu et offrent un poème inédit et quatre pages de fac-similé de documents mis à disposition par les services de l’Assemblée nationale.
L’article de Jacqueline Gascuel « Biocarburant, agro-carburant et carburant agro-industriel : pour un développement durable… ou contre ? » s’attache à souligner les différences de conception présidant au choix des termes. Elle distingue d’abord deux types de produits : ceux qui, pour la production végétale nécessaire, accaparent des terres qui pourraient être dédiées aux cultures vivrières en cultivant des végétaux déjà utilisés à des fins d’alimentation humaine ou du bétail et en les transformant en produits énergétiques (“biocarburants”) et ceux qui ne leur font pas concurrence, mettant en culture des espèces végétales jusqu’ici non valorisées (“agro-carburants”). Les premiers utiliseraient des terres laissées en jachère dans les pays du Nord, mais déjà les études montrent que les surfaces disponibles seront insuffisantes. Donc la solution est cherchée du côté des agro-carbubants cultivés sur des terres impropres aux cultures vivrières dans les pays du Sud. Toutefois, la possibilité de trouver, là, une nouvelle possibilité de développement pour les populations des Périphéries est contestée par l’auteur : à nouveau, ces populations seraient liées à un système de culture de rente dont on connaît les dégâts : aléas en matière de revenus par non maîtrise des prix, monopoles sur les semences et les intrants par les multinationales de l’agro-alimentaire qui ont déjà pris position dans le secteur, et investissement dans le foncier (achat de terres) auprès des gouvernements de pays périphériques. La solution à la pénurie annoncée d’hydrocarbures fossiles n’est pas de nature technique, elle est politique. Jean-Paul Excoffier se penche sur « L’énergie en Afrique » remarque que les besoins des populations africaines en énergie ne peuvent qu’aller croissant. Or les installations sont anciennes pour la plupart et très insuffisantes. En outre les investissements étrangers se désintéressent des secteurs qui pourraient améliorer les conditions de vie des populations. La réponse se doit d’être collective au niveau africain et surtout politique dans les relations avec les pays du Nord, susceptibles d’apporter une aide internationale.
Jean Chatain revient sur la situation dans l’archipel des Comores (« Mayotte, territoire de non-droit ? ») en soulignant l’éclatement que constitue la situation de Mayotte. Dès le vote « non » à l’indépendance de cette île, en 1974, Mayotte s’est enfoncée dans l’assistanat, alors que les Comores connaissent la tourmente politique, initiée le plus souvent à partir d’éléments extérieurs. À partir de là la question de l’immigration revêt une gravité inconnue en métropole, aussi bien en ce qui concerne des exceptions au droit de la nationalité qu’en matière de conditions indignes de détention des clandestins.
Enfin le numéro signale la disparition et salue la mémoire de deux intellectuels engagés dans les luttes anti-coloniales : Germaine Tillon, l’ethnologue et Charles-Robert Ageron, l’historien.

Échos, GRESEA, n° 56, octobre – novembre – décembre 2008.
Le titre de ce numéro sollicite la réflexion et suscite le débat : « Le Sud n’existe pas ». L’éditorial d’Erik Rydberg pose la question : la notion de “Sud” est une invention qui fonctionne comme un alibi, il permet, par une désignation floue, de ne pas poser la question de la diversité des situations et surtout évite de poser la question du projet qui préside aux relations de partenariat. Les articles qui développent l’analyse n’épuisent pas la question, mais pointent des événements ou des réflexions significatives, qui appuient de plus ou moins près l’éditorial et qui ont souvent déjà été éditées dans des réseaux médiatiques électroniques. Ainsi, l’historien Achille Mbembe, relève-t-il dans « L’Afrique de Nicolas Sarkozy » que les racines de la vision française de l’Afrique développée dans le discours de Dakar, remontent au XIXe siècle, à deux sources : le jugement que Hegel portait sur cette société qu’il considérait comme an-historique et les préjugés systématisés par Lévy-Brühl dans l’idée de “mentalité primitive”. Cette attitude raciste se retrouve aussi dans les récits des voyageurs et explorateurs et contamine même la position des artistes découvreurs de “l’art nègre”. Cette posture débouche facilement, pour l’auteur, sur la justification de la colonisation. L’article conclut sur l’indépendance culturelle, économique de l’Afrique à l’égard de la France et sur l’indispensable indépendance politique. À son tour, Tayeb Chentouf, professeur d’histoire, dans son article « Pour reconstruire l’État africain », se livre à un compte-rendu critique d’une publication de Stephen Ellis (« How to Rebuild Africa ») : les notions de crise étatique, de mise en cause de la légitimité des États par des groupes religieux ou d’apparence ethnique, du manque de pouvoir de certains États, soumis au diktat de la Banque mondiale doivent être approfondies aux yeux de l’auteur. Pour sa part, Ernest Wamba Dia Wamba, sénateur en RDC, défend la position d’intellectuel militant qu’il a assumée aussi bien dans ses écrits que dans ses actes (« Profil d’un guérillero intellectuel »). Leonardo Boff, un des chefs de file de la théologie de la libération au Brésil, dénonce « Les mensonges du marché ». Pour ce faire il analyse la démarche de la propagande néolibérale qui commence par dénigrer l’État porteur d’un projet social et poursuit en promouvant l’État marchand et néolibéral. La crise actuelle révèle, durement, la fausseté de la thèse néolibérale de la rationalité du marché.
Syed Rarid Alatas, professeur de sociologie, est le plus radical dans son rejet de la pensée occidentale, lui déniant toute portée universelle. Il appelle à un mouvement « Pour sortir de l’euro-centricisme en sciences sociales ». Il reproche à ses collègues européens de ne pas avoir de références dans l’analyse des penseurs non-occidentaux et il appelle à un enseignement strictement fondé sur la pensée non-occidentale.
Kishore Mahbutani, ancien diplomate, affirme que « L’Occident commet une erreur stratégique en Géorgie » : le soutien occidental à ce pays n’a pour seul ressort que de faire obstacle au déploiement de la puissance de la Russie ; or cette dernière ne représente pas une puissance déterminante dans le monde contemporain.
L’article de Samir Amin, l’économiste du développement, « Débâcle financière, crise systémique ? », attire l’attention sur la débâcle financière. Mais il refuse de circonscrire les problèmes du capitalisme contemporain à la sphère financière. La crise systémique du capitalisme trouve ses racines dans le modèle de production et de consommation, en particulier dans l’accaparement des ressources naturelles par une minorité de la population mondiale, celle des pays riches. Les alternatives existent, mais leur viabilité passe par la mise en œuvre de politiques autocentrées de développement qui permettent à tous les États de trouver leur place dans un monde multipolaire. Le numéro s’achève par la publication de la lettre (« Signe des temps ») de Dom Pedro Casaldalia i Pia, évêque brésilien des pauvres, qui appelle à « arrêter la roue en bloquant les rayons » c’est-à-dire, bloquer ce capitalisme néo-libéral.

Insaniyat n° 38, octobre – décembre 2007 (vol. XI, 4), Revue algérienne d’anthropologie et de sciences sociales – CRASC, Oran.
Cinq articles écrits en langue française : « Dynamique urbaine non règlementaire et gouvernance locale à Kairouan » d’Ali Rebhi, doctorant en géographie, EMAM, Tours ; « Organisation du travail et relations sociales dans les PME à Bedjaia : une approche socio-anhtropologique » de Mohamed Madoui du laboratoire LISE (CNAM-CNRS), Paris ; « Les mosquées de Ouagadougou (Burkina Faso) : organisation et fonctionnement » d’Adama Ouedraogo, attaché de recherche, INSS/CNRST, Ouagadougou ; « Le premier siècle après Béatrice de Amin Maalouf : roman de science fiction ? » de Leila Dounia Mimouni, chargée de cours au Département des langues latines de l’Université d’Oran ; « Construction sociale de la maladie et rapport aux médecines : une approche dynamique et intégratrice » de Ridha Abdmouleh, maître-assistant à la Faculté des Lettres de Sfax (Tunisie), et trois articles écrits en langue arabe : « Élevage et agriculture irriguée dans la zone steppique du Chott Chergui (Algérie) » de Tayeb Otmane ; « Le clivage religieux – laïc : le cas d’Israël » d’Abdelkader Abdelali ; « Espace et signification. La symbolique de la ville de Constantine dans le roman “Az-Zilzel” de Tahar Ouettar » de Leila Dounia Mimouni composent ce numéro d’Insaniyat articulés autour de trois thèmes les mutations socioéconomiques, les dynamiques socioculturelles et la santé.
Dans la rubrique « Positions de recherche » figurent deux articles : « Approche de la question de “l’éventuelle” édification des mosquées en France » de Sidi Mohamed El Habib Benkoula et « Prostitution clandestine dans la société algérienne. Le cas de la ville d’Oran » (en langue arabe) de Keltouma Boulkhadrati.
Ce numéro comporte également des notes et comptes rendus de lecture ainsi que des informations scientifiques intéressants et fort utiles. On y apprend, entre autres, la publication d’un « Atlas pratique de l’Algérie » (2004), d’un ouvrage sur « La refonte de la pédagogie en Algérie : défis et enjeux d’une société en mutation », Casbah Éditions (2005), fruit d’une coopération entre l’UNESCO et le ministère de l’Éducation nationale, l’organisation d’un séminaire international les 8 et 9 décembre 2007, sous l’égide du Ministère de la Solidarité avec le soutien de l’UNICEF et de Handicap International, sur le thème « De l’enfant en devenir au devenir de l’enfant : réflexion autour des approches de prise en charge de l’enfant privé de famille vivant en milieu institutionnel », la tenue d’un colloque international les 25, 26 et 27 octobre 2007 à la faculté des Lettres et des Sciences humaines de l’Université de Sfax, sur le thème « Les crises dans l’histoire du Grand Maghreb ».
Rappelons que la revue Insaniyat est une revue trimestrielle, publiée par le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Oran), avec un esprit d’ouverture constant, les articles proposés étant écrits en langue français et en langue arabe et le résumé de tous les articles étant assuré en quatre langues (française, anglaise, espagnole et arabe).

Recherches internationales, « L’Amérique que nous lègue Bush », n° 83, juillet – septembre 2008.
En plus d’un solide dossier dressant un bilan des « années Bush », ce numéro aborde plusieurs questions.
Dans l’éditorial, Michel Rogalski analyse la crise actuelle du capitalisme mondial. Il démontre que celle-ci ne saurait se réduire à ses seuls aspects financiers mais s’inscrit dans le mouvement de déflation salariale commencé depuis plus de 25 ans.
La revue consacre deux articles à l’OTAN. Claude Cartigny présente l’histoire de l’organisation et Chrystel Le Moing dresse le compte-rendu du colloque : « OTAN : une légitimité en question », organisé par la Fondation Gabriel Péri. L’utilité de l’organisation, dans la période d’après guerre froide, est mise en question, non sur son rôle passé sur lequel se manifeste un certain consensus, mais sur les actions qu’elle a pu mener depuis et, par suite sur ce que pourrait être son futur. Un outil au seul service des États-Unis ou un cadre disponible dans lequel pourrait se construire une défense européenne ? Un ensemble de moyens militaires au service des pays des Centres ou à la disposition de la communauté internationale ? Ce sont de riches débats que présente synthétiquement Chrystel Le Moing.
Samir Amin, dans son article : « Mettre en déroute l’Islam politique et l’impérialisme, deux objectifs stratégiques indissociables », porte l’attention sur l’histoire contemporaine du Moyen-Orient. Partant d’un constat : les forces révolutionnaires qui étaient parvenus à prendre le pouvoir en Afghanistan, en Irak, au Soudan comme au Yémen du Sud, en ont été dépossédées, laissant la place à des régimes conservateurs solidement alliés aux grandes puissances et/ou à l’action de forces politiques se réclamant de l’Islam, l’auteur explique ce mouvement de l’histoire par la faiblesse du courant progressiste mais surtout par la collusion des puissances occidentales cherchant à préserver leurs intérêts impériaux et les courants les plus conservateurs qui ont transformé l’Islam en doctrine politique. Ce fut donc pour la région une occasion perdue d’accéder à la modernité et à la démocratie. Les perspectives de progrès ne peuvent provenir que de l’action de forces progressistes, attachées à la laïcité, car l’Islam, modéré ou radical reste par essence contraire à la démocratie (le seul législateur est dieu et non le peuple).
Le dossier de ce numéro, qui dresse le bilan des années Bush, met à jour l’échec manifeste de l’ultra-libéralisme conservateur américain. Pierre Guerlain (« Libertés publiques : le bilan désastreux du gouvernement Bush ») et Rémy Herrera (« Le bilan de George W. Bush : de la guerre perpétuelle à la crise systémique ») se complètent pour montrer comment les attentats du 11 septembre 2001 furent instrumentalisés pour créer un état de guerre permanent propice à des actions impérialistes brutales et à la mise en place d’un « État policier » liberticide. Grégory Vanel (« L’étalon-dollar rattrapé par la crise ») analyse la crise monétaire et financière actuelle comme l’aboutissement de la mondialisation de la finance américaine. Paradoxalement cette crise n’affaiblit pas le rôle central de la monnaie américaine dans le système monétaire et financier international, comme en témoigne la place prise par les bons du Trésor américains dans les réserves en devises des institutions. Patrice Jorland (« Sept ans de guerre au terrorisme ») rappelle minutieusement les enchaînements qui ont conduit les États-Unis à des engagements militaires multiples et inefficaces. L’analyse de cette dérive conduit l’auteur à souligner, au-delà de l’action de forces politiques internes, comment la mondialisation, voulue par les États-Unis, fut l’occasion de s’engager dans un nouveau régime d’accumulation dont les effets destructeurs n’étaient supportables qu’au prix d’une consommation intérieure effrénée et d’une fuite en avant vers l’empire, un empire dont on voit maintenant l’impossibilité de le maintenir. Mark Kesselman (« Les grands enjeux de la campagne électorale américaine ») rend compte, à travers la campagne présidentielle de la force des aspirations au changement d’une large part de l’électorat et examine, à travers les promesses de campagne du candidat Obama, les formes que pourrait prendre un tel changement.

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