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Article 1 : Présentation du dossier, Les paysans, dans les Centres et dans les Périphéries

vendredi 25 août 2006

Présentation du dossier :
Les paysans, dans les Centres
et dans les Périphéries

La réhabilitation de l’héritage paysan
(Seconde partie)

Marc Ollivier

Les paysans, “survivants” du proche passé de notre espèce, c’est-à-dire des huit à dix mille années qui se sont écoulées depuis la révolution néolithique, ne sont pas seulement, à notre époque, des victimes de l’expansion du capitalisme. Ils lui ont résisté, et lui résistent encore. Et leurs luttes posent à toute l’humanité une question de plus en plus décisive pour son avenir : dans le contexte de la mondialisation du capital, la communauté internationale saura-t-elle faire triompher la solidarité sur la compétitivité, le respect des cycles naturels sur la destruction de notre environnement ?

Au cœur des grands combats pour la liberté et la justice
Dans toutes les parties de la planète, les paysans ont réagi aux multiples formes qu’a prises l’expansion du capitalisme, qui s’est accompagnée parfois de violences extrêmes. Les caractéristiques archétypales de ce processus d’expansion sont l’accaparement privé des moyens de production, en l’occurrence la terre, l’eau et les ressources du milieu naturel, et la prolétarisation massive de la paysannerie, dont une grande partie se retrouve aujourd’hui entassée dans les bidonvilles des mégapoles du Tiers Monde. Elles s’accompagnent, comme Karl Marx l’avait déjà analysé, de la double surexploitation des hommes et des ressources naturelles.
En se penchant sur les épisodes les plus marquants de cette histoire, la plupart des historiens ne soulignent pas souvent le rôle central et souvent décisif que les paysans y ont joué, en particulier au cours des confrontations militaires entre les armées des États du centre et les peuples de la périphérie. En fait, depuis le XVIe siècle, ils ont été à la base des résistances aux conquêtes coloniales : on cite les rois et empereurs, tels l’Aztèque Montezuma, l’Inca du Pérou, le roi du Dahomey, ou les grands chefs coutumiers comme l’émir Abdelkader, Chaka le Zoulou, le Mahdi soudanais ou Abdelkrim Khettabi le Riffain, etc., en évoquant les résistances à cette expansion, mais tous ces grands chefs étaient à la tête de sociétés de paysans et d’éleveurs qui ont su se mobiliser et s’organiser pour ces combats souvent très meurtriers. De même, au cours du XXe siècle, les luttes paysannes ont été décisives dans les succès des grandes révolutions anticapitalistes au Mexique, dans l’empire russe, en Chine et à Cuba, ce qui explique pourquoi les nouveaux pouvoirs qui en ont résulté ont mis en œuvre des réformes agraires radicales pour répondre à leurs aspirations. Les effets économiques, sociaux et politiques de ces réformes, bien que très variables, ont été énormes et se font sentir jusqu’à aujourd’hui. Enfin les paysans ont constitué la base des guerres de libération nationale en Chine, en Algérie, au Vietnam et dans la plupart des pays où les peuples victimes de l’impérialisme se sont soulevés contre un régime d’occupation étrangère et d’oppression. La place considérable qu’ils ont ainsi occupée dans les puissantes transformations sociales produites par les mouvements nationalistes et communistes au cours du XXe siècle ne fait aucun doute.

Où en sont les luttes paysannes aujourd’hui ?
La seconde partie de notre dossier « Paysans et développement » n’aborde pas ces événements de grande amplitude, bien qu’ils aient eu des conséquences structurelles profondes sur les problèmes actuels. Nous avons voulu présenter à nos lecteurs des exemples concrets qui illustrent les luttes paysannes de notre époque, en insistant sur deux aspects qui nous semblent particulièrement stratégiques.
En premier lieu la continuité des luttes pour l’accès à la terre, à l’eau1 et aux ressources naturelles, qui s’élargissent aujourd’hui sur le terrain de la maîtrise des semences et de la résistance à la privatisation des ressources génétiques. L’article de Jean-Yves Martin sur le « Mouvement des Sans Terre » au Brésil illustre le caractère essentiel de cette revendication pour plus de la moitié de la population mondiale, des milliards d’êtres humains qui ne peuvent trouver d’avenir que dans le maintien et même le renforcement de l’agriculture paysanne. Ces luttes sont particulièrement développées en Amérique du Sud, où les contradictions entre des millions de paysans exclus de l’accès à la terre et l’extension des latifondios sont si aiguës qu’elles prennent une grande place dans les affrontements politiques nationaux. L’article de Benito Perez sur les projets de réforme agraire du nouveau président bolivien Evo Morales illustre ces contradictions et montre comment s’articulent les luttes pour la terre et pour la démocratie. Des conflits comparables peuvent aussi s’observer dans le monde entier, notamment en Inde, en Indonésie et jusqu’en Chine, où les paysans s’opposent avec succès aux tentatives d’un parti communiste devenu libéral pour privatiser la propriété foncière2. Toutes ces luttes montrent que la question de la réforme agraire, loin d’être mise au placard par la mondialisation du capitalisme, reste d’une actualité brûlante. C’est d’ailleurs l’un des mots d’ordre principaux de Via Campesina, organisation mondiale des paysans, qui manifeste, dans la mouvance des mouvements alter-mondialistes, une capacité remarquable à élaborer des revendications communes aux paysans du nord et du sud et qui les mobilise justement sur les mots d’ordre de réforme agraire et de souveraineté alimentaire3.
Le deuxième aspect remarquable des luttes paysannes actuelles est plus nouveau : c’est le processus de convergence que l’on peut constater entre elles et d’autres mouvements sociaux dans tous les secteurs de la société. Ce processus témoigne d’une double réalité.
Premier fait : le stade actuel de la mondialisation du capital génère une synergie croissante entre les dysfonctionnements qu’elle provoque. En particulier entre les graves atteintes aux équilibres des écosystèmes terrestres d’un côté et de l’autre les disparités sociales profondes qui se creusent entre peuples. Les premières se manifestent par le dérèglement des climats, les pollutions diverses de l’air, de l’eau, des sols cultivables, les maladies dégénératives, etc., les secondes par des discriminations insupportables, des conflits soi-disant “ethniques”, la hausse des suicides de la misère et du désespoir, un chômage qui mine toutes les sociétés et des pressions migratoires de survie de plus en plus fortes etc. On assiste à une sorte de confluence entre ces multiples dysfonctionnements.
Deuxième constat : cette convergence des crises du système s’accompagne d’une prise de conscience croissante au sein des opinions publiques de la gravité des menaces dont elles sont porteuses, et cette prise de conscience se manifeste dans une infinie variété de mouvements sociaux, eux-mêmes engagés dans divers types d’alliances ou de coalitions. Il est impossible ici de répertorier tous ces mouvements, mais dans cette grande variété il faut relever ceux qui s’organisent autour de trois axes de revendications très liées aux luttes paysannes : d’une part les préoccupations pour l’accès, aussi bien dans les villes que dans les zones rurales, à une nourriture saine et à une eau potable4, d’autre part les défenseurs de l’environnement contre toutes les formes de pollution et de destruction, et en troisième lieu ceux qui s’opposent aux pratiques financières et commerciales des firmes multinationales, des gouvernements qui soutiennent leurs intérêts et des grandes institutions internationales comme le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC5, etc. Sur ce dernier terrain, les organisations de paysans, menacés dans leur existence même par les politiques du libre-échange, sont aujourd’hui à l’avant-garde des mobilisations internationales, comme le montre l’article d’Anastase Hategekima.
Il est frappant d’observer la convergence de ces mouvements avec les aspirations et les luttes des paysans pour contester les politiques néolibérales, en trouvant un large écho dans les populations urbaines et l’appui des réseaux qui défendent les droits de l’homme et la démocratie. Une large part de l’agriculture revêt encore un caractère familial, bien différent de “l’agro-business”. L’article que Jean Miossec et Alda Del Forno consacrent à l’action de l’AFDI donne une illustration de ce que peut être l’engagement solidaire des agriculteurs du Nord et du Sud.
L’émergence récente sur le terrain politique des préoccupations écologiques (réchauffement climatique, pollutions chimiques avec leurs pathologies dégénératives, désertification, dégradation des ressources en eau etc.) contribue beaucoup à ces convergences, dans la mesure où les paysans sont justement porteurs d’un héritage séculaire de compréhension des contraintes de l’environnement naturel, qu’ils ont toujours dû respecter pour survivre.

Un fait encourageant : le foisonnement des initiatives à la recherche des chemins de l’avenir
Dans cette deuxième partie de notre dossier, nous avons aussi voulu donner quelques exemples d’une réalité encourageante, à savoir le dynamisme avec lequel, dans de nombreux pays et à divers niveaux d’organisation, se développent des initiatives et des expériences pour chercher des alternatives aux dérives où nous entraîne le système dominant. Comment produire nos aliments et aménager nos territoires tout en gérant harmonieusement ces biens communs à tous les hommes que sont la terre, l’eau, les forêts, la biodiversité ? L’article de Maria Caridad Cruz sur la politique agricole cubaine témoigne des erreurs, des incohérences qu’un État qui se veut révolutionnaire a pu commettre à cet égard, mais nous explique aussi comment des aléas exogènes, en l’occurrence le blocus américain et l’implosion de l’Union Soviétique, peuvent contraindre ce même État à restaurer une agriculture paysanne autosuffisante, retrouvant l’intérêt de la culture attelée et des fumures organiques, et même à innover en développant une “agriculture urbaine” significative, comme en écho des nombreux jardins ouvriers en Europe au siècle dernier6.
D’autres initiatives cherchent à rétablir un lien direct entre producteurs et consommateurs. Dans les pays du nord on ne compte plus les réseaux associatifs locaux qui organisent de tels liens, pour garantir aux producteurs un revenu suffisant et permettre aux consommateurs de trouver des produits frais de bonne qualité biologique (sans pollution chimique) à un prix acceptable, en échappant au monopole commercial des grandes surfaces de la distribution. En France, le mouvement des AMAP7 se développe sur ces principes. Les différents réseaux du « commerce équitable » se donnent aussi les mêmes objectifs pour un éventail plus large de produits agricoles et artisanaux, en cherchant à combattre les effets pervers du face à face entre des producteurs isolés et les grandes centrales d’achat ou les industries transformatrices. L’article de Céline Deneu-Casanova et Jean-Christian Tulet illustre cette approche en analysant les rapports entre le commerce équitable et des coopératives de caféiculteurs au Pérou8.
Enfin dernier point sensible : la nécessité de faire évoluer les modes d’organisation et de gestion de l’agriculture paysanne, dans un contexte social de plus en plus mondialisé, est loin d’avoir trouvé des solutions satisfaisantes. On assiste partout à l’affaiblissement de l’exploitation traditionnelle assise sur un patrimoine foncier individuel et un collectif de travail familial. Comment faire évoluer les modes de vie des paysans pour qu’ils restent porteurs des valeurs respectées au cours de leur histoire, tout en s’ouvrant aux connaissances et aux technologies aptes à les faire s’épanouir, en solidarité avec les autres secteurs d’activité de la société ? Par quels moyens les paysans peuvent-ils retrouver leur ancien attachement collectif aux « biens communs » que sont la terre, l’eau et les ressources génétiques ? Depuis longtemps de très nombreuses tentatives d’organisation à caractère coopératif se sont manifestées pour cela, en rencontrant de grandes difficultés, en particulier pour mettre en commun certains équipements ou accéder aux marchés avec un meilleur rapport de forces. Dans les pays du Nord, ce mouvement coopératif, déjà ancien, reste vivant, mais se heurte aux contradictions issues des disparités de patrimoines et des processus de récupération financière ainsi qu’aux dérapages propres aux conditions de fonctionnement et à l’évolution des marchés agricoles (concentrations, dépendance à l’égard des industries agro-alimentaires ou de la grande distribution, standardisation des productions etc.). Dans les pays du sud et ceux du “socialisme réel” c’est l’étatisation de la gestion des coopératives qui l’a souvent dévoyée au service d’autres intérêts. La question reste ouverte. Avec l’article sur la naissance et le fonctionnement du réseau des coopératives Longo Maï, nous avons voulu mettre en lumière une expérience originale, qui cherche à porter les valeurs de survie des paysans dans le contexte des sociétés modernes, en montrant que l’épanouissement individuel peut être associé à une solidarité collectivement organisée, du niveau local jusqu’au niveau international et multiculturel, et à un engagement résolu dans les maïeutiques les plus actives du changement social.

Les paysans sont porteurs d’avenir
Ces luttes pour l’accès à la terre et la maîtrise collective des ressources génétiques, ces convergences avec d’autres luttes sur le terrain de l’alimentation, de la santé et du respect de l’environnement peuvent-elles mettre en échec les tendances les plus négatives de la mondialisation néolibérale ? Réussirons-nous, dans la bataille idéologique qui fait rage dans le monde entier entre ces tendances d’une part, et les aspirations sociales et culturelles des peuples d’autre part, à reprendre en main l’héritage et les valeurs de nos ancêtres paysans ?
Ne fermons pas ce dossier sans donner quelques exemples des progrès qui sont accomplis dans cette direction et même des victoires qui ont été remportées.
– La population européenne quasiment unanime refuse de manger de la viande aux hormones ; et à 70 ou 75 % elle rejette les plantes génétiquement modifiées tant que des recherches sérieuses n’auront pas clarifié leurs risques sanitaires et environnementaux.
– Au Venezuela, en Bolivie, des gouvernements appliquent des réformes agraires portant sur des millions d’hectares.
– En Uruguay, 60 % des citoyens ont décidé par referendum une réforme de la Constitution qui déclare l’eau « bien public ».
– À Curitiba, le 24 mars 2006, la Convention du Groupe de Travail sur la biodiversité (COP 8) a décidé de renforcer le moratorium sur la technologie “Terminator”9.
– L’échec récent de l’OMC à imposer la libéralisation complète du commerce des produits agricoles va dans le même sens.
– La place remarquable occupée par les organisations de défense des paysans au sein du mouvement social altermondialiste est aussi un autre indicateur encourageant.
On voit ainsi se construire, au niveau des politiques publiques nationales et internationales, des points d’appui très forts qui soutiennent les objectifs des luttes paysannes. Il n’est quand même pas banal que l’image de la paysannerie, si abîmée tout au long de l’histoire de la lutte des classes, reprenne aujourd’hui des couleurs, et que les valeurs qui lui ont permis de survivre à des millénaires d’exploitation se révèlent aujourd’hui comme un socle solide pour garantir l’avenir de tous.

Marc Ollivier

Sélection bibliographique

Georges Duby, Guerriers et paysans VIIème – XIIème siècle, Gallimard, Paris, 1973.
Hervé Luxardo, Les Paysans – Républiques villageoises 10ème – 19ème siècle, Aubier-Montaigne, Paris, 1981.
Fernand Braudel, L’identité de la France – (2) Les hommes et les choses, Flammarion, Paris, 1990.
Roger Dion, Essai sur la formation du paysage rural français, Flammarion, Paris, 1991.
John Berger, La Cocadrille, Champ Vallon – La Fontaine de Siloé, Paris, 1992.
Henri Mendras, La fin des paysans, Actes Sud – Labor – L’Aire, Arles 1992.
Jean-Pierre Berlan, La guerre au vivant, Agone, Paris, 2001.
CETI, Via Campesina - Une alternative paysanne (préface de Jean Ziegler, Avant-propos de Rafael Alegria et Paul Nicholson), Centre Europe – Tiers Monde (CETIM), Genève 2002.
François de Ravignan, La faim pourquoi ?, La Découverte, Paris, 2003.
Vandana Shiva, La guerre de l’eau, Parangon, Paris, 2003.
Marc Dufumier, Agricultures et paysanneries des Tiers-Mondes, Khartala, Paris, 2004.
Louis Malassis, L’épopée inachevée des paysans du monde, Fayard, Paris, 2004.
Gilles-Eric Seralini, Ces OGM qui changent le monde, Champs Flammarion, Paris, 2004.
Terra madre, 1 200 Communità del cibo del mondo, Slow Food Editore, Bra, Italie 2004.
Bruno Traven, La révolte des pendus, La Découverte, Paris, 2004.
Samir Amin (sous la dir. de), Les luttes paysannes et ouvrières face aux défis du XXIe siècle, Les Indes savantes, Paris, 2005.
Silvia Perez-Vitoria, Les paysans sont de retour, Actes Sud, Arles 2005.
Beatriz Graf, Longo Maï – Révolte et utopie après 68, Vie et autogestion dans les coopératives européennes, Thesis Verlag, 2006.
Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Seralini, Le déluge après nous, Flammarion-Fayard, Paris, 2006.

Qu’entend-on par « souveraineté alimentaire » ?
La souveraineté alimentaire est une revendication démocratique qui vise à faire reconnaître le droit des populations et de leurs États ou Unions à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping vis-à-vis des pays tiers. La souveraineté alimentaire inclut :
– la priorité donnée à la production agricole locale pour nourrir la population, l’accès des paysan(ne)s et des sans-terre à la terre, à l’eau, aux semences, au crédit. D’où la nécessité de réformes agraires, de la lutte contre les OGM (organismes génétiquement modifiés) pour le libre accès aux semences, et de la sauvegarde de l’eau comme un bien public à répartir durablement ;
– le droit des paysan(ne)s à produire des aliments et le droit des consommateurs à pouvoir décider ce qu’ils veulent consommer ;
– le droit des États à se protéger des importations agricoles et alimentaires à trop bas prix ;
– des prix agricoles liés aux coûts de production : c’est possible à condition que les États ou Unions aient le droit de taxer les importations à trop bas prix, qu’ils s’engagent pour une production paysanne durable et qu’ils maîtrisent la production sur le marché intérieur pour éviter des excédents structurels ;
– la participation des populations aux choix des politiques agricoles ;
– la reconnaissance des droits des paysannes, qui jouent un rôle majeur dans la production agricole et l’alimentation.
M. O.

« Nyeleni 2007 » – Forum Mondial pour la Souveraineté Alimentaire1
Un collectif regroupé autour des « Amis de la Terre International », de « Vía Campesina », de la « Marche des Femmes », des « Réseaux Mondiaux d’Artisans pêcheurs » s’est créé pour organiser Nyéléni 2007, le forum mondial pour la souveraineté alimentaire. Six cents délégués, originaires des cinq continents et représentant les secteurs de la société intéressés par les questions agricoles et alimentaires, viendront au Mali en février 2007. Cette rencontre permettra de réaffirmer le droit à la souveraineté alimentaire et de préciser ses implications économiques, sociales, environnementales et politiques. Elle visera également à mettre en place une dynamique internationale pour obtenir une reconnaissance effective du droit à la souveraineté alimentaire. Les organisateurs ont souhaité que cette rencontre se réalise en Afrique où l’agriculture occupe une place centrale et où de nombreuses familles paysannes et urbaines souffrent de la faim malgré les ressources naturelles importantes.
Le choix s’est naturellement porté vers le Mali, pays démocratique où les organisations de la société civile, qu’elles soient associatives ou syndicales, jouissent d’une liberté d’action et d’expression. Le Mali est l’un des premiers pays de la planète à avoir fait de la souveraineté alimentaire l’objectif prioritaire de sa nouvelle loi d’Orientation Agricole. Nyéléni 2007 se déroulera à Sélingué, petit village situé à 90 minutes de Bamako. Le choix de ce lieu nécessitera la construction d’un centre d’hébergement, composé de cases traditionnelles et de cases améliorées, pour loger une partie des délégués. Ces infrastructures seront récupérées par les organisations maliennes associées à l’événement afin de servir de Centre de formation et de rencontres.
Au-delà des questions agricoles et alimentaires, Nyéléni 2007 veut créer les conditions d’émergence d’un vaste débat citoyen sur la souveraineté alimentaire, loin des corporatismes et de la défense des intérêts sectoriels.


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