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Article 9 : les « chercheurs de survie » du réseau « Longo Maï »

vendredi 25 août 2006


Une expérience internationale
de recherche autogérée :
les « chercheurs de survie »
du réseau « Longo Maï »

Marc Ollivier

Avertissement
Tenter l’analyse d’une expérience sociale comme celle du réseau Longo Maï est une gageure, dans la mesure où l’objet analysé est par sa nature même irréductible à une approche de type sociologique et encore moins économique ou juridique. Norma Meyer, engagée en 1968 comme étudiante à Vienne dans un des groupes initiateurs de cette expérience, me disait juste avant son décès il y a quelques semaines « ce qui a compté le plus dans notre aventure, ce sont les relations humaines à tous les niveaux ». Sa perception d’actrice investie durant toute sa vie d’adulte dans l’histoire de Longo Maï reflète une caractéristique essentielle de cette aventure, à savoir le choix d’une vie fondée sur des pratiques de solidarité humaine expérimentées à tous les niveaux de la société. Cette caractéristique concrètement vécue par les « Longos » empêche donc, à la limite, de construire une représentation formelle de cette expérience, car dans sa dynamique essentielle, fortement chargée de sentiments, d’émotions, de comportements altruistes, de conflits parfois explosifs et de débats souvent plus que vifs, incluant des campagnes de mobilisation de toutes sortes, depuis l’espace local jusqu’à la dimension internationale, elle déborde trop largement tout modèle explicatif formalisé qui ne pourrait en donner qu’une image incomplète, y compris pour ses propres acteurs. Je me suis donc résolu à évoquer Longo Maï sur un mode intuitif, que je crois mieux adapté pour faire accéder le lecteur aux dimensions que je ressens comme essentielles de cette expérience originale.

Les semences et les racines
Une approche historique est d’abord nécessaire pour comprendre le présent des « Longos » 1. Les coopératives Longo Maï ont une préhistoire, qui remonte aux événements européens de 1968 lorsque de nombreux jeunes en Europe cherchaient des voies nouvelles pour sortir de la « vieille société » capitaliste et de la crise qui s’annonçait (avec ses phénomènes de marginalisation et d’exclusion), tout en échappant aux paradis artificiels de la drogue et aux dérives terroristes du type Baader-Meinhof et Action Directe. Deux groupes formés en Autriche et en Suisse, auto baptisés Spartakus et Hydra, joignent leurs idéaux, leurs pratiques d’ouverture et de dialogue en direction de toutes les formes de révolte et de contestation et leur volonté d’action concrète, au cours d’un congrès fondateur à Bâle en 1972. Des jeunes venus de dix pays européens y décident de créer des « communautés européennes de jeunes », conçues comme « des zones expérimentales d’une Europe solidaire, pacifique et démocratique, par une vie commune et l’autosubsistance issue du travail dans l’agriculture, l’artisanat et l’industrie sur une base coopérative, … des semences d’une Europe dans laquelle on n’échange pas que des marchandises mais des hommes et des idées, et qui relie les peuples entre eux ». Ce congrès international véritablement inspiré pose une série de principes fondateurs qui vont s’avérer opérationnels jusqu’à aujourd’hui, moyennant quelques adaptations aux réalités sociales et économiques européennes : la forme coopérative, l’autosubsistance par l’agriculture et l’élevage, la gestion commune de l’énergie et des besoins de base (cuisine, santé, communications, éducation), l’organisation d’une production artisanale et industrielle collective adaptée à des niveaux de consommation d’abord locaux, mais aussi régionaux et européens. Les jeunes congressistes décident « de réaliser avec toutes nos forces l’idée des communautés européennes de jeunes. Nous allons décider de deux ou trois terrains où nous pourrons nous rencontrer, chacun une bêche sur l’épaule, une chèvre, une vache ou au moins une poule sous le bras, pour commencer ».
Le terrain fut trouvé par l’intermédiaire de Pierre Pellegrin, un proche de Jean Giono : deux des initiateurs vendent leur maison à Bâle pour acheter les 250 hectares de la colline boisée de Limans, près de Forcalquier, où va s’implanter le premier village pionnier, qui prendra vite le nom de Longo Maï 2. Je ne peux résister au plaisir de citer Pierre Pellegrin l’intercesseur : « Ils voulaient une ferme, la politique était très importante pour eux, mais ça m’importait peu. Pour moi, la vérité est dans l’agriculture. Ce ne sont pas les discours qui ont construit Longo Maï. Ils voulaient retourner à la terre, construire une base solide pour faire aussi d’autres choses. Ils sont vraiment venus pour travailler, et c’est ce qui les a sauvés ».
C’était en 1973, début de l’histoire proprement dite de Longo Maï. Une histoire où les principes et les idéaux du mouvement ont dû affronter la réalité du terrain provençal où ils se sont installés et celle de leur environnement social, proche et lointain.

Longo Maï trente ans plus tard
Depuis six ans j’ai développé un faisceau de relations plus ou moins étroites avec les Longos en participant à plusieurs de leurs campagnes d’action. Sur la base de ce compagnonnage, qui m’a donné de multiples occasions de connaître le développement de leurs activités, et au vu des analyses produites par les Longos eux-mêmes, je crois qu’à la faveur de leur confrontation avec la réalité de la nature et de la société, ils ont réussi à faire vivre et à développer leur projet initial en concrétisant, depuis plus de trente ans, les principes et les objectifs qu’ils s’étaient fixés. Il faut toutefois ajouter que leur pragmatisme les a rapidement contraint à compléter ce projet sur un point important, pour assurer sa viabilité : celui de leurs interactions avec le contexte social.
Ils pensaient au début pouvoir fonder leur entreprise sur l’autosubsistance par l’agriculture, l’élevage et des formes coopératives d’artisanat et d’industrie, complétés par un échange direct de leurs surplus avec les consommateurs. Ils ont vite constaté que c’était impossible et même pas souhaitable de leur point de vue, car ils risquaient ainsi de s’isoler du mouvement social. En réalité, ils n’ont pu atteindre un équilibre et même un fort dynamisme de développement de leur projet qu’en valorisant à grande échelle, dès les premières années de leur expérience, le second volet de leur programme initial : celui des actions et campagnes politiques menées au nom ou avec le soutien de Longo Maï. Ces campagnes ont en effet permis aux initiateurs de collecter des fonds de soutien importants pour financer les moyens d’action du réseau et garantir son indépendance. L’un des promoteurs de cette démarche, Hannes R., l’explique ainsi : « Bien sûr on est dépendant quand on a besoin d’argent. Mais nous voulions choisir notre dépendance, une dépendance qui ne touche pas à notre identité ni à notre dignité. Nous voulions être dépendants de gens qui portent en quelque sorte notre utopie. Longo Maï n’est pas une unité statique, mais l’expression d’une volonté de changement, un noyau qui veut dépasser le système social régnant, pas une niche. La motivation des gens qui ont soutenu Longo Maï se situe pour la plupart, dans nos actions politiques (pour les réfugiés du Chili, pour la solidarité avec les paysans sinistrés par la sécheresse, pour le maintien du droit d’asile etc.) ».
Nous percevons ainsi une vision plus réaliste de l’expérience. Le réseau des coopératives Longo Maï est plus qu’une association de coopératives : c’est le pôle dynamisateur (le “noyau” comme l’écrit Hannès) d’un mouvement social beaucoup plus vaste, relativement complexe, diversifié et informel, capable de jouer un rôle actif et parfois décisif dans les débats de société en mobilisant des moyens financiers, institutionnels et médiatiques importants.
Sur la base de cet équilibre dynamique entre le “noyau” et ce que je pourrais appeler, en poursuivant la métaphore, la “pulpe sociale” de l’expérience, le cœur de Longo Maï s’est agrandi. La coopérative initiale de Limans a essaimé en créant d’autres coopératives. Quelques unes n’ont pas subsisté, pour diverses raisons, mais d’autres ont fait souche et constituent aujourd’hui un véritable réseau à travers l’Europe, avec même un prolongement en Amérique centrale : Chantemerle avec sa filature de laine près de Briançon (1976), Hof Stoppar à Eisenkappel en Autriche (1977), Finca Sonador au Costa Rica pour recueillir les paysans réfugiés du Nicaragua (1979), le Montois dans le Jura suisse (1987), le Mas de Granier à St Martin de Crau (1990), Treynas en Haute Ardèche (1991), La Cabrery dans le Lubéron (1993) et Ulenkrug en Allemagne (1995).
Pour compléter ainsi leur projet et assurer sa viabilité, les Longos se sont dotés de moyens de communication : il s’agissait d’abord d’entretenir leurs contacts avec le nombre important de citoyens et d’organisations diverses attachés à leur expérience de vie collective, mais aussi de soutenir leurs campagnes d’action auprès du plus large public possible, soit par leurs propres moyens, soit avec l’aide des médias traditionnels lorsqu’ils acceptent de les relayer. Par leurs publications, par leur radio associative, radio-Zinzine, qui couvre toutes les Alpes du sud depuis Briançon jusqu’à Aix en Provence et peut être écoutée partout sur internet, par leurs messages électroniques, par l’attention que leur accordent les médias de masse, ils sont en mesure d’informer un large public, surtout en Allemagne, en Suisse et en France et disposent d’une capacité de mobilisation efficace. Dans la coopérative du Montois du Jura suisse et à la « Croisée des chemins » de Bâle sont gérés des fichiers de dizaines de milliers de sympathisants, de partenaires et de contributeurs plus ou moins actifs à ces campagnes de solidarité.
Les Longos appellent cette mutualisation de ressources la « collecte de fonds ». Il me semble qu’elle s’intègre logiquement dans l’objectif de « solidarité humaine » qui est le leur de puis le début et qu’elle peut s’interpréter comme une forme d’échange informel : d’un côté l’organisation de multiples formes de résistance, les campagnes médiatiques, les programmes d’information et d’analyse des mouvements sociaux au cœur desquels on trouve les militants de Longo Maï, et de l’autre les contributions des milliers de leurs partenaires et sympathisants, intéressés à soutenir une expérience de vie collective et des actions et des moyens d’information qu’on ne leur propose pas ailleurs. Après tout, les relations d’entraide, de solidarité et d’échange qui s’établissent entre les diverses coopératives du réseau des Longos en fonction de leurs besoins ne sont pas formalisées ni par des calculs monétaires, ni dans une comptabilité bureaucratique, comme ne le sont pas les échanges de temps de travail entre paysans d’un village par exemple. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans l’organisation des principes de solidarité et d’égalité à plus grande échelle ?
On voit ainsi se dessiner, au delà du réseau des coopératives Longo Maï stricto sensu, une sorte de constellation d’individus et d’organisations très diverses (syndicats, associations, fonds de solidarité, médias petits et grands, plus rarement partis politiques ou institutions publiques), à géométrie variable selon les causes à défendre ou les objectifs à atteindre, qui rassemblent des ressources et des moyens pour des mobilisations et des actions en direction des pouvoirs publics. Parfois ces nébuleuses se dotent d’une structure institutionnelle, parfois non, selon les capacités d’organisation disponibles et en fonction des besoins de l’action.

Comment vit-on à Longo Maï ?
Ecoutons un des Longos essayer d’exprimer ce qu’il ressent : « Les gens de Longo Maï ont pris le risque de relever le défi de la tour de Babel, défi exaltant tel un rire partagé à la surface des amitiés, des amours, des activités rustiques, des rythmes nature, en un mot du bien-être d’un espace de liberté. Ce qui n’en est pas moins exaspérant quand les relations s’usent, que l’on a du mal à faire partager sa vision des choses, l’énervement étant alors à fleur de peau, à deux doigts de la rupture. Tout en nous donnant les moyens d’une indépendance rare, nous devons souvent jongler avec nos besoins, envies, compétences, affinités, consciences et inconsciences, sans compter les sollicitations « extérieures » encore moins maîtrisables, tout cela pour assurer une organisation plus diffuse qu’infuse, encore que les infusions, le soir, je vous dis pas. Démarche d’autant plus exigeante qu’elle prend en charge une grande partie de la vie qu’ailleurs un tas de gens normaux confient aux institutions, au marché, aux machines et aux anti-dépresseurs… Cela donne une multitude de cercles affinitaires qui se recoupent en notre sein telle une mêlée cycliste sur le mont Ventoux et débouchent sur une infinité d’initiatives, aussi effervescentes que l’aspirine à laquelle devra recourir le téméraire qui prétendra avoir la vue générale sur notre planète ondulatoire. »3
Il n’est pas sûr que je puisse me passer d’aspirine en effet pour vous transmettre ma vue générale de Longo Maï, en insistant beaucoup sur le caractère subjectif de cette entreprise…
Dès le début de l’expérience, les initiateurs ont voulu « créer les conditions permettant à des jeunes de tous les pays d’Europe de réaliser au moins en partie leur vision d’une vie commune solidaire et égalitaire »4. Pour atteindre cet objectif, ils ont choisi de communautariser le plus possible leurs vies individuelles : pour choisir et organiser leurs activités productives et en gérer les revenus, mais aussi pour se nourrir, pour construire leurs logements, pour laver leurs vêtements, et même pour faire la fête, pour comprendre le monde qui les entoure et interagir avec lui. Ce choix de vie produit des effets de toutes sortes qui donnent un contenu très concret à leurs idéaux de solidarité et d’égalité. Le plus évident est évidemment la capacité d’action et de réflexion que donne le rassemblement d’énergies individuelles par rapport à leur dispersion. C’est elle qui a permis la création de la première coopérative dans un territoire abandonné, dans des lieux de vie en ruines ou très dégradés, où défrichement et investissements n’étaient pas à la portée d’individus isolés. C’est elle aussi qui permet aujourd’hui aux coopératives de beaucoup diversifier et multiplier des activités qui établissent facilement entre elles des complémentarités fructueuses : à côté des produits de l’agriculture et de l’élevage, on trouve à Longo Maï des vêtements, des conserves, des cosmétiques, des journaux, des émissions radio, des livres. On y rencontre des musiciens, des maçons, des informaticiens, des écrivains, des mécaniciens, des menuisiers, des techniciens radio, des peintres, des charpentiers, des juristes, des boulangers etc… Autre effet évident : la multitude d’économies d’échelle qui résultent de cette communautarisation : une cuisine, une buanderie ou un bloc sanitaire pour une collectivité réduisent fortement les consommations par tête en énergie, en biens et services de toutes sortes, et en temps de travail. On constate cela dans toutes les démarches collectives : grands chantiers, colonies de vacances, etc. L’originalité de Longo Maï repose sur la mise en œuvre de deux autres principes : d’une part la mise en commun des revenus comme celle des forces de travail : les Longos rejettent le rapport salarial et gèrent collectivement autant les biens et services auto consommés produits dans les coopératives que les revenus monétaires provenant de leurs échanges avec les marchés. L’autre principe, qui différencie nettement Longo Maï de beaucoup d’expériences de « retour à la terre » réalisées après 1968, est un engagement militant très actif dans les débats et luttes sociales orientés vers ces mêmes objectifs d’égalité et de respect humain. Un engagement, comme nous l’avons déjà souligné, vraiment constitutif de la réalité longomaïenne.
C’est ce choix de vie communautaire qui permet aux Longos de concrétiser leurs objectifs de solidarité et d’égalité dans la vie quotidienne : le partage des tâches et des fonctions entre hommes et femmes par exemple y devient naturel, les disparités de qualifications, de compétences, d’instruction, ont tendance à s’estomper au travers des mécanismes de l’autogestion, grâce à la priorité qu’ils accordent à leur potentiel de formation « sur le tas » et au respect de la personne humaine plutôt qu’au respect des diplômes (sans pour autant que soient négligés les qualités et compétences de chacun). Le rejet du salaire et donc de tout rapport salarial renforce beaucoup le principe autogestionnaire en mutualisant les revenus du groupe et en associant tous les coopérateurs aux décisions sur leur utilisation 5. Enfin je me suis convaincu, tout au long de mes fréquents séjours avec eux, que les milieux de vie ainsi créés dans leurs coopératives sont particulièrement favorables à l’épanouissement et à l’éducation des enfants, qui manifestent leurs capacités d’initiative et de pensée autonome ainsi que leur joie de vivre mieux qu’ailleurs, sans être pour autant coupés du reste de la société puisqu’ils fréquentent normalement les écoles, lycées et universités selon leurs goûts et leurs envies.
Naturellement ce choix de vie, comme n’importe quel autre, n’a pas éliminé tous les avatars qui sont justement le propre de la vie : conflits de personnes, crises sentimentales, oppositions inconciliables, incompatibilités provisoires ou définitives, opportunités extérieures, etc… Ils sont aussi confrontés, à leur échelle, aux problèmes de société : comment gérer le vieillissement des anciens, les rapports intergénérationnels, etc… La vie a créé des difficultés à Longo Maï, parfois des échecs et des départs. Comme le dit Beatriz Graf « Beaucoup sont restés plus ou moins longtemps, quelques uns sont reparti(e)s après de longues années ». Les motifs exprimés lors de ces départs concernent les difficultés du fonctionnement concret de l’autogestion, et la tendance à sous estimer la « sphère personnelle » des individus. Il faut cependant constater que l’expérience dure depuis plus de trente années, qu’elle s’est beaucoup élargie et renforcée, et qu’elle est toujours très vivante et active. Le groupe des initiateurs a connu des dissensions, quelques départs et malheureusement quelques décès, mais nombre d’entre eux sont toujours présents, tandis que de nouveaux jeunes membres les ont rejoints au cours du temps, et que de nombreux enfants égayent les coopératives. C’est en soi un résultat extraordinaire au plein sens du terme, qui mérite que l’on s’attache à voir de plus près leurs diverses activités et les moyens d’action qu’elles mobilisent.

Une pratique active et structurante de la citoyenneté
Il est impossible dans le cadre de cet article de passer en revue toutes les campagnes impulsées par Longo Maï en direction du grand public et les réalisations qu’ils ont pu mener à bien avec son soutien. Beatriz Graf les présente ainsi : « Des actions et campagnes politiques ont précédé la création des coopératives et les accompagnent depuis ces 30 années d’existence. Il s’agit de dénoncer des dysfonctionnements et des injustices, de diffuser des informations, d’être solidaires avec les personnes concernées, de proposer des solutions et, si possible, de les mettre en pratique…Le lien avec l’un des secteurs d’activités de Longo Maï ou la connaissance, voire l’amitié, avec les gens rencontrés, jouent aussi un rôle important…Après une analyse de la situation, on discute, si possible, les pas à entreprendre avec les personnes intéressées. Ensuite on consulte des spécialistes (avocats, scientifiques, etc.)… L’objectif est toujours de s’adresser directement au public et de le mobiliser. On s’aperçoit que les frontières nationales, les appartenances sociales ou politiques ne constituent pas des obstacles. On mobilise souvent des artistes, écrivains, musiciens, etc… L’information à travers les médias et nos propres publications accompagnent toutes les actions ». En voici quelques exemples : avec les municipalités suisses, l’action “Places gratuites” pour les réfugiés chiliens en 1973 (2.000 chiliens accueillis en Suisse malgré l’opposition du gouvernement) ; en 1974 et 1975 action de solidarité avec les Indiens Guaranis au Paraguay ; action contre la sécheresse en Europe en 1976 (80.000 personnes répondent par des dons et contribuent à créer en 1978 un « Fonds de crise pour les régions de montagne européennes » pour empêcher l’exode des montagnards et repeupler les régions abandonnées et désertées) ; en 1979, création d’une terre d’asile pour les réfugiés du Nicaragua, puis du Salvador, par l’achat d’une ferme non exploitée au Costa Rica ; en 1982, création du CEDRI (Comité Européen pour la Défense des Réfugiés et Immigrés) qui va servir de support à de nombreuses actions, telles que la défense des réfugiés, notamment Kurdes, les interventions dans leurs pays d’origine, les soutiens juridiques aux activistes politiques menacés par la justice tel Otelo de Carvalho au Portugal, le soutien à la création de coopératives d’accueil comme celles créées par le SOC, syndicat de journaliers agricoles en Andalousie etc… ; en 1990, après la chute du mur de Berlin, Longo Maï s’engage en Europe de l’Est en créant le FCE (Forum Civique Européen) avec comme objectif « de créer des liens directs entre citoyens de l’Est, de l’Ouest, du Sud et du Nord, afin de s’entraider dans la recherche de nouvelles formes de développement autonome, indépendamment des mécanismes du centralisme bureaucratique et du ‘libre marché’ déchaîné ». Le FCE mène des actions en ex-RDA où se crée une nouvelle coopérative du mouvement, en ex-Yougoslavie où il soutient les déserteurs de la guerre civile et un réseau de médias indépendants hostiles à cette guerre, en Transcarpatie (Ukraine) où il développe des projets de développement local, et depuis 2 000 en Andalousie et dans plusieurs pays européens pour dénoncer la surexploitation des ouvriers immigrés, souvent sans papiers, dans l’agriculture industrielle intensive des fruits et légumes6.

Un exemple parmi d’autres : la campagne pour la filière laine
L’attention prêtée par Longo Maï à cette filière agro-industrielle s’est manifestée dès le début de leur histoire, puisque les moutons ont été immédiatement présents à Limans et que les Longos ont installé une coopérative dans la vieille filature de Chantemerle deux ans et demi plus tard. Ils ont ensuite développé cette filière en plusieurs étapes et dans plusieurs directions : an niveau de l’élevage ovin avec l’implantation de troupeaux dans d’autres coopératives (en Autriche, en Ardèche et dans la Crau par exemple), par l’acquisition de droits de pacage dans un alpage d’été proche de leur filature et par l’organisation de la vente directe aux amateurs d’agneaux de montagne ; au niveau de la tonte des moutons en formant des équipes de tondeurs qui organisent leurs campagnes à l’échelle nationale et européenne ; au niveau industriel en modernisant leur filature pour disposer de toutes les étapes de la transformation de la laine, depuis le lavage jusqu’au tissage, à la couture et au tricotage, et en créant plusieurs ateliers de produits finis écoulés en vente directe dans les magasins de toutes les coopératives et sur les marchés régionaux.
Sur la base de cette consolidation de leurs propres capacités, Longo Maï a pu s’intéresser à la situation de la filière laine en Europe. En 1978 s’est réuni un congrès des petites filatures à Briançon, en 1989 était créé à la coopérative de Chantemerle l’ATELIER (Association Textile Européenne de Liaison, d’Innovation, d’Echange et de Recherche) 7 avec des éleveurs, des tondeurs, des artisans, des scientifiques, des experts-lainiers, pour contribuer à une revitalisation de la filière. Cette association est membre du European Wool Group, organisation interprofessionnelle qui a entre autres objectifs celui de faire reconnaître la laine comme produit agricole 8 et d’obtenir pour toute la filière des aides spécifiques.
Longo Maï a donc construit autour de ses propres activités d’élevage et de transformation de solides bases dans les milieux sociaux concernés avant de s’attaquer à la politique lainière au niveau européen. La première campagne d’envergure a été lancée en Suisse : le Conseil Fédéral voulait supprimer le service public créé pendant la seconde guerre mondiale pour collecter et trier la laine des éleveurs du pays afin de faciliter l’approvisionnement des industriels du textile, en arguant du fait que leur approvisionnement sur le marché mondial, à des prix moins élevés, était aujourd’hui plus rentable. Mais cela signifiait une menace grave pour les éleveurs de montagne, obligés dans une telle hypothèse de considérer leur laine comme un déchet à enfouir ou à brûler. A partir de sa coopérative du Montois dans le Jura suisse, Longo Maï organisa une campagne de résistance contre ce projet, relayée par la presse, et lança une pétition qui recueillit 20.000 signatures. Le 16 octobre 2002, la coopérative organisa une escorte de 200 moutons pour livrer ces pétitions, chargées sur un âne bâté, à la chancellerie du Palais Fédéral de Berne. Une manifestation qui fit la une des journaux. Finalement l’Office Fédéral de l’Agriculture dut constituer un groupe de travail avec des éleveurs, des négociants, des transformateurs de laine et des offices fédéraux de l’environnement et des finances, et en juin 2003, lors du vote sur la politique agricole 2004-2007, le Parlement décida de maintenir le soutien de la Confédération à la laine suisse et de créer un fonds spécial pour l’aide aux projets novateurs dans la filière laine. Ainsi la campagne de Longo Maï avait atteint un résultat positif : en s’appuyant sur l’image symbolique de l’élevage des moutons en Suisse, en rassemblant par ses campagnes de presse et sa pétition nationale tous les acteurs concernés et en entraînant un soutien populaire significatif, elle avait réussi à empêcher le Conseil Fédéral de supprimer le service public de collecte et de tri de la laine des éleveurs. Petit triomphe sur les politiques de privatisation des services publics en faveur d’une valorisation rationnelle des ressources naturelles nationales. Tout cela à partir d’une petite coopérative du Jura, il est vrai appuyée sur le réseau des Longos, sur leur expérience et sur leurs très nombreux contacts établis à travers la Suisse depuis des années.
Il y a une suite à cette histoire, puisqu’un projet encore plus nocif pour l’agriculture paysanne est préparé pour la prochaine loi agricole en Suisse : il ne vise pas moins que la disparition de la moitié des exploitations, des suppressions massives d’emplois et un exode rural important. Naturellement, les Longos ont lancé une nouvelle campagne de résistance, qu’ils développent actuellement avec leurs moyens et leur enthousiasme habituels 9.

Le fonds de terre européen : comment combattre le capitalisme au sein du capitalisme ?
Quel rapport à la terre dans cette vie communautaire des Longos ? La question de l’accès à la terre, moyen de production central pour l’activité agricole et pastorale, structure l’histoire millénaire des paysans jusqu’à aujourd’hui. C’est le point essentiel qui définit leur rapport au reste de la société et dépend donc à la fois de la nature de celle-ci et de la place que les paysans y occupent. L’expérience Longo Maï a dû se développer dans l’environnement d’une société capitaliste où la propriété privée est le principe de base de l’ordre social. La première coopérative, comme les suivantes, s’est donc s’installée sur une terre achetée sur le marché foncier. Au rythme du développement du réseau le problème s’est donc posé de préciser le statut des terres ainsi acquises par rapport aux droits des membres des coopératives. Le pragmatisme des débuts de l’expérience avait en effet conduit à des solutions hétéroclites d’un pays à l’autre où se côtoyaient propriétés individuelles, statuts associatifs, propriété coopérative etc…
La collectivité des Longos décida finalement de séparer radicalement la propriété des terres et des immobilisations correspondantes du fonctionnement des diverses coopératives. Elle utilisa à cette fin la souplesse du droit suisse et créa une fondation sous le nom de « Fonds de terre Européen » à laquelle fut transférée la propriété de toutes les terres des coopératives (un transfert complexe qui s’étala sur plusieurs années). Celles-ci devinrent de simples locataires de la fondation en lui payant un loyer suffisant pour couvrir ses frais de gestion et le montant des charges fiscales correspondantes. La gestion de cette fondation est confiée à un « Conseil des sages » où chaque coopérative est représentée. Les Longos ont ainsi réussi à harmoniser le statut de leurs terres, à garantir leur statut collectif sans liens avec le patrimoine privé des coopérateurs, tout en disposant d’un instrument commun pour acquérir d’autres terres ou vendre celles qui ne seraient plus utiles au réseau. En quelque sorte une collectivisation sous statut privé garanti par le droit suisse…
Le fait que Longo Maï ait réussi à insérer dans un dispositif du système juridique européen une structure agraire garantissant une gestion communautaire stable et inaliénable à titre individuel de la terre n’est pas anodin. C’est certainement un aspect significatif des rapports dialectiques qu’ont su créer les Longos avec leur environnement social pour réaliser la poursuite concrète de leurs objectifs fondamentaux, pourtant contradictoires avec les rapports sociaux capitalistes.
Il y a beaucoup d’autres aspects de ces rapports dialectiques : les enfants de Longo Maï fréquentent les écoles publiques par exemple, et le réseau a mené des campagnes pour obtenir des ouvertures de classes, mais il diffuse aussi parfois des critiques violentes de l’Education Nationale ; les coopérateurs ne rejettent pas les systèmes nationaux de protection sociale et de santé, fondés sur des principes de solidarité enjeux de luttes sociales fréquentes, même si les modalités de leur participation à leur fonctionnement n’est pas simple 10 ; il y a aussi leur rapport aux marchés, auxquels ils sont évidemment contraints d’avoir recours, tant pour nombre de leurs besoins que pour l’écoulement de leurs productions non consommées.
Sur ce terrain, il est frappant d’observer l’aptitude des Longos à exploiter toutes les opportunités que leur offrent le fonctionnement et les dysfonctionnements du système : d’un côté ils s’engagent sur le créneau des produits biologiques et des relations directes producteurs-consommateurs, en créant autour de leurs coopératives des associations de paysans qui contribuent à renforcer ce créneau 11. D’un autre côté ils se spécialisent dans le domaine des prestations à taille petite et moyenne que les entreprises résultant de la concentration des capitaux sont incapables de fournir : la filature de Chantemerle par exemple maîtrise la filière laine de bout en bout : c’est une des très rares usines qui peut fournir à un éleveur de moutons des chaussettes et des pulls fabriqués avec la laine de son troupeau. La coopérative de Treynas en Ardèche, spécialisée dans la filière bois, peut exploiter des parcelles de forêts qui ne sont pas rentables pour une entreprise standard de foresterie, ou prendre en charge des chantiers de charpente ou de fourniture de mobiliers trop restreints pour intéresser des entreprises qui ne peuvent amortir leurs coûts que sur de grosses commandes. De plus, pour s’équiper dans ces créneaux particuliers, les Longos trouvent à bas prix, sur le marché de l’occasion, les matériels dont les entreprises soumises à la recherche de la compétitivité sont contraintes de se débarrasser. Au vu de ces stratégies on constate que les coopératives Longo Maï pratiquent une sorte de recherche d’échanges marchands « responsables » à travers desquels ils s’efforcent d’introduire dans les mécanismes purement monétaires du marché un contenu correspondant à leurs idéaux. On retrouve ainsi dans leurs pratiques agricoles et artisanales le souci de la mise en valeur des ressources locales, le choix et le perfectionnement des technologies « nature friendly » et une contribution active aux luttes contre les « nécrotechnologies ».
Il y a donc beaucoup à dire sur la dialectique des articulations du réseau Longo Maï avec le système social où il est intégré. Je note seulement que cette dialectique fonctionne dans une zone d’équilibres instables : en 1973, la coopérative initiale a connu des décisions d’expulsion de ses membres étrangers 12, en 1979 le réseau a fait l’objet de violentes campagnes de presse 13, en 1989 une descente de police a fait irruption dans la coopérative de Limans à la recherche de drogues et de clandestins 14. Bref le système dominant, attaqué idéologiquement et politiquement par les campagnes de Longo Maï, a parfois eu des réactions dangereuses pour la survie du réseau. Mais le pragmatisme des Longos, leur connaissance approfondie des sociétés où sont installées les coopératives, les nombreux relais et amitiés dont ils disposent dans les secteurs stratégiques du droit, du mouvement associatif, des collectivités locales, des institutions politiques et médiatiques, témoignent de leurs facultés d’adaptation. On peut aussi penser que l’histoire de ces articulations dialectiques en dit beaucoup sur le système social dominant dont ils combattent les injustices, les dérives totalitaires et les logiques destructrices pour l’environnement : c’est aborder le débat sur l’histoire des relations entre capitalisme et démocratie, et nous ne sommes pas sortis de l’auberge…

Un flou révélateur
Dans mon effort pour comprendre le mieux possible l’expérience de Longo Maï, je me suis heurté au début au caractère « flou » des limites et des contours de cette expérience : impossible par exemple de dresser un état précis des coopérateurs membres du réseau, de connaître le nombre d’heures ou de jours de travail consacrés à telle ou telle activité, difficile d’obtenir une évaluation statistique des productions, des échanges entre coopératives, des ventes sur les marchés, du montant des investissements, du nombre des « amis », des « partenaires » et des « contributeurs » qui soutiennent les campagnes impulsées par le réseau, etc… Il existe bien sûr des enregistrements parcellaires de ces mouvements, chaque coopérative disposant d’outils institutionnels pour organiser ses activités (associations 1901, sociétés de nature diverse selon les pays et les besoins, documents fiscaux, bancaires, livres de caisse, etc…). Certains d’entre eux, comme dans toute autre organisation, n’ont pas vocation à être publics, mais il suffit de passer quelque temps dans une des coopératives pour comprendre l’impossibilité d’obtenir une représentation complète de l’expérience Longo Maï en s’appuyant sur de telles données : les vendanges à La Cabrery ou la cueillette des framboises à Limans mobilisent des membres de plusieurs coopératives et des « amis » venus de Marseille et d’ailleurs, un chantier de construction à Ulenkrug devient un « chantier de solidarité » non rémunéré pour 120 compagnons allemands qui y tiennent leur réunion annuelle, la coopérative du Mas de Granier alimente en conserves de légumes celle de Limans ou d’Ardèche etc… et rien de tout cela n’apparaît dans un compte d’exploitation ou un bilan. Autant d’heures de travail administratif économisées ! Au surplus, les limites humaines du réseau Longo Maï sont floues : pas de procédure écrite pour y entrer, ni pour le quitter, ni pour codifier l’autogestion des coopératives. Le principe du consensus à la base de toutes les décisions s’apparente au règne des « us et coutumes ».
Après avoir perçu cette nature “floue” comme une difficulté pour comprendre Longo Maï, j’ai fini par la considérer comme une caractéristique normale des valeurs à leurs yeux prioritaires : comment comptabiliser précisément les sentiments et les gestes de solidarité, pourquoi dresser des états minutieux de l’autoconsommation des produits agricoles, quelle valeur donner à des prestations qui n’ont pas de prix comme le travail consacré au fonctionnement de radio Zinzine, à l’autoconstruction de logements ou d’un poulailler, à l’organisation d’une commission d’enquête internationale sur les événements d’El Ejido ou le temps consacré à faire vivre l’ensemble musical Comedia Mundi ? Si bien que l’on se contente d’à peu près : la filature de Chantemerle traite 12 à 15 tonnes de laine par an, cinq à huit adultes vivent dans la coopérative du Montois, 10 à 15 au Mas de Granier, on estime que le degré d’autoconsommation dans les coopératives est grossièrement équivalent au montant des ventes sur les marchés etc. Au fond ce caractère flou des limites, des mouvements, des activités de Longo Maï nous apporte la preuve que cette expérience n’appartient pas seulement au domaine de l’économie mais bien davantage à celui des rapports culturels et sociaux. C’est une caractéristique qui la rapproche du monde paysan.

Anti-conclusion
Au vu de cette approche très large de l’expérience des Longos, on comprend les hésitations qu’ils ont eues à répondre à une question que j’ai posée à plusieurs d’entre eux : « vous considérez vous comme des paysans ? ». À beaucoup d’égards en effet ils ne correspondent en rien à l’image traditionnelle des paysans : sauf exceptions, ils ne sont pas issus de la paysannerie, leur cadre de travail et de vie n’a rien à voir avec « l’exploitation familiale » classiquement associée à la tradition paysanne, la propriété privée individuelle de la terre est aux antipodes de leurs aspirations. De là, sans doute, leurs hésitations à me répondre. Pourtant ils sont porteurs des valeurs présentes dans toutes les variétés historiques ou géographiques de la condition paysanne, au delà de toutes les structures agraires, des systèmes fonciers, des pratiques culturelles : la double nécessité de la solidarité humaine pour la survie et la reproduction du groupe, et d’une valorisation des ressources de l’environnement respectueuse des contraintes des cycles naturels. C’est sur ce terrain que se manifeste à mes yeux l’intérêt principal de l’expérience des Longos : sans chercher à proposer un modèle de société, ils démontrent la possibilité d’appliquer concrètement ces deux valeurs centrales dans les activités qu’ils développent et dans leurs relations avec leur environnement social rapproché. Ils démontrent aussi qu’on peut trouver dans l’ensemble de la société un intérêt et un soutien actif pour la mise en pratique concrète de ces valeurs dans la gestion des problèmes sociaux, économiques et politiques. Evidemment ils ne sont plus les paysans « survivants » décrits par John Berger, mais à mon avis ils figurent parmi leurs héritiers, aux côtés d’autres « chercheurs de survie » à travers le monde et ils nous proposent une version parmi d’autres de ce que seront les « citoyens-paysans du futur » : intégrés à des réseaux multifonctionnels, ouverts aux moyens scientifiques et techniques capables de les aider à mettre en œuvre leurs valeurs fondamentales, aptes à tisser des relations de solidarité plutôt que de « compétitivité » avec la société.
Des multitudes d’hommes et de femmes sont en lutte dans notre monde pour trouver un avenir durable à l’humanité dans des conditions de santé, de justice et de liberté qui donnent du sens et du sel à la vie. Les Longos sont parmi eux, chercheurs d’itinéraires nouveaux pour y parvenir et ils développent, avec quelques-unes de ces luttes internationales, des formes de solidarité dont l’étendue et l’efficacité nous étonnent. Leur expérience est riche d’enseignements sur la nocivité des frontières, sur la force et le potentiel largement sous estimé des rapports interculturels et des actions collectives internationales, sur l’infinie source d’émotions et d’enrichissement personnel des relations entre les humains, où qu’ils soient.
Il m’est impossible d’envisager une conclusion à ce témoignage. Il concerne en effet une sorte de flot de vie très particulier mais fortement intégré dans les heurts et malheurs présents de notre société. Bien malin celui qui pourrait décrypter tous les aspects de ce flot, encore plus malin celui qui prétendrait prédire son avenir15.

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