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ÉditorialCe numéro comporte deux dossiers*....

vendredi 16 septembre 2005

Éditorial

Depuis quelques numéros, la revue Informations et commentaires ne cesse d’accumuler des retards de parution. Les origines de ces retards sont multiples et diverses, de sorte qu’il ne nous a pas été possible de leur porter remède. Nous avons ainsi réuni les numéros 132, juillet – septembre 2005 et 133, octobre – décembre 2005 de la revue en un numéro double, afin de remédier rapidement à ce retard.
Ce numéro comporte deux dossiers. L’un est consacré à l’Afrique, le second à l’analyse de quelques faits marquant de l’année 2005. Ce dernier constitue donc un bilan de l’année, comme nous avons coutume de faire à l’occasion de chacun des numéros de fin d’année. Contrairement à notre annonce de début d’année, nous ne pourrons pas présenter dans ce numéro double un dossier consacré aux luttes sociales dans les Périphéries. L’idée n’est pas abandonnée, mais la réalisation de ce projet s’est avérée de plus longue haleine que prévue. Nous lui avons donc substitué un dossier consacré à l’Afrique.
L’attention portée à ce continent n’est pas fortuite. Sa diversité géographique, sociale et économique est caractéristique de celle que révèlent les Périphéries. Par-delà cette diversité, l’Afrique est aussi la figure emblématique du sous-développement des pays périphériques. Dans son Rapport 2005, le Programme des Nations Unies pour le Développement dénombre trente-deux pays à faible développement humain ; trente de ceux-ci sont des pays africains. Si les progrès accomplis, ici ou là, ne doivent pas être négligés, c’est sur ce continent que les situations de régression du développement humain sont les plus marquées. Ainsi, l’Afrique du Sud, qui n’est pas, de très loin, le pays du continent le moins développé, connaît-elle un Indice de Développement Humain, en 2003, (0,653) non seulement inférieur à celui calculé pour l’année 2000 (0,696), mais encore à celui de 1990 (0,735).
Les causes de ces régressions sont multiples. La pandémie de SIDA, entre autres, commence à montrer des effets démographiques et économiques qui frappe durement les populations. Des conflits, souvent de longue durée, ajoutent leur cortège de destructions, de pillages et de populations déplacées. Ces facteurs spécifiques, s’ils aggravent l’état de sous-développement, n’en trouvent pas moins leurs origines propres dans ce même sous-développement. Il convient ainsi de ne pas négliger la détérioration des termes de l’échange, le poids de la dette extérieure et les rigueurs des politiques issues du “consensus de Washington”, qui sont, pour les pays des Périphéries, des maux communs (même si, une fois encore, les situations particulières font apparaître des régressions moins marquées, plus supportables, voire des progrès).
Ces régressions rompent avec les espoirs soulevés par la Déclaration du Millénium. Les objectifs que s’est fixée, en 2000, la communauté des nations paraissent, à dix ans du terme imparti pour leur réalisation, déjà inaccessibles. C’est pour cela que réunir dans ce numéro double un dossier portant sur l’Afrique et un bilan des faits marquants pour l’année 2005, n’est pas le fait du hasard. Cette réunion rappelle seulement le défi de notre époque : entraîner l’humanité entière dans les processus de développement ou bien reconnaître qu’en dépit des engagements internationaux les deux dernières décennies n’ont été que celles des occasions perdues.

Ce numéro comporte deux dossiers*. L’un est consacré à l’Afrique, le second à l’analyse de quelques faits marquant de l’année 2005. Ce dernier constitue donc un bilan de l’année, comme nous avons coutume de faire à l’occasion de chacun des numéros de fin d’année. Contrairement à notre annonce de début d’année, nous ne pourrons pas présenter dans ce numéro double un dossier consacré aux luttes sociales dans les Périphéries. L’idée n’est pas abandonnée, mais la réalisation de ce projet s’est avérée de plus longue haleine que prévue. Nous lui avons donc substitué un dossier consacré à l’Afrique.
L’attention portée à ce continent n’est pas fortuite. Sa diversité géographique, sociale et économique est caractéristique de celle que révèlent les Périphéries. Par-delà cette diversité, l’Afrique est aussi la figure emblématique du sous-développement des pays périphériques. Dans son Rapport 2005, le Programme des Nations Unies pour le Développement dénombre trente-deux pays à faible développement humain ; trente de ceux-ci sont des pays africains. Si les progrès accomplis, ici ou là, ne doivent pas être négligés, c’est sur ce continent que les situations de régression du développement humain sont les plus marquées. Ainsi, l’Afrique du Sud, qui n’est pas, de très loin, le pays du continent le moins développé, connaît-elle un Indice de Développement Humain, en 2003, (0,653) non seulement inférieur à celui calculé pour l’année 2000 (0,696), mais encore à celui de 1990 (0,735).
Les causes de ces régressions sont multiples. La pandémie de SIDA, entre autres, commence à montrer des effets démographiques et économiques qui frappent durement les populations. Des conflits, souvent de longue durée, ajoutent leur cortège de destructions, de pillages et de populations déplacées. Ces facteurs spécifiques, s’ils aggravent l’état de sous-développement, n’en trouvent pas moins leurs origines propres dans ce même sous-développement. Il convient ainsi de ne pas négliger la détérioration des termes de l’échange, le poids de la dette extérieure et les rigueurs des politiques issues du “consensus de Washington”, qui sont, pour les pays des Périphéries, des maux communs (même si, une fois encore, les situations particulières font apparaître des régressions moins marquées, plus supportables, voire des progrès).
Ces régressions rompent avec les espoirs soulevés par la Déclaration du Millénium. Les objectifs que s’est fixés, en 2000, la communauté des nations paraissent, à dix ans du terme imparti pour leur réalisation, déjà inaccessibles. C’est pour cela que réunir dans ce numéro double un dossier portant sur l’Afrique et un bilan des faits marquants pour l’année 2005, n’est pas le fait du hasard. Cette réunion rappelle seulement le défi de notre époque : entraîner l’humanité entière dans le processus de développement ou bien reconnaître qu’en dépit des engagements internationaux les deux dernières décennies n’ont été que celles des occasions perdues.
Patrice Allard

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