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Article 3 : La multiplication des organisations régionales de coopération

dimanche 16 octobre 2005

La multiplication des organisations régionales de coopération

La ligne de clivage entre une organisation pérenne, constituée autour d’objectifs économiques affirmés de coopération ou d’intégration et les programmes avancés par des organisations qui ont des buts plus politiques qu’économiques est mince. De surcroît, des organisations constituées autour d’objectifs politiques et militaires prennent en compte, au cours de leur évolution, des réflexions, voire des buts, de nature économique. Il est impossible de faire une typologie stricte à partir de cette différenciation.
À cela on peut rajouter des traités à objectifs multiples (allant de la coopération au libre-échange) réunissant des pays des Centres et des pays des Périphéries, tels la Zone de Libre-Échange Nord Américaine (ALENA) ou le partenariat Euro-méditerranéen. De ce fait, répertorier strictement les organisations de coopération entre pays des Périphéries amputerait le panorama des structures mises en place pour permettre aux pays des Centres de contrôler le jeu des accords et des alliances entre ces Périphéries.
La récapitulation ci-dessous procède donc en donnant une liste large, sans préoccupation d’ordonner les organisations selon de multiples critères qui se situeraient entre deux pôles : d’un côté des organisations visant à une intégration économique totale et de l’autre les organisations dont les objectifs ne relèveraient que d’intérêts limités momentanément partagés.
Une autre caractéristique forte des organisations régionales est que les États participent très souvent de plusieurs organisations de même intention. On peut presque constater des alliances à géométrie variable, au même instant, ou bien un processus progressif d’empilement d’associations diverses dans leurs buts et leur composition. En outre, des programmes de politiques économiques communes peuvent regrouper des États relevant d’une grande région géographique avec d’autres États, sur le critère de la communauté de langue ou de civilisation (ex. : États africains et États du Moyen-Orient dans la Grande Zone Arabe de Libre Échange).

Afrique et Moyen-orient
Le panorama d’ensemble, pour l’Afrique, ne fait pas ressortir de zones nettement structurées de coopération, ni une polarisation bien définie géographiquement. La liste des communautés économiques régionales donnée par Mahamat Abdoulahi en annexe 1 de son article : « Coopération Sud – Sud en Afrique en vue de promouvoir le commerce intra-africain », dans ce numéro, est très complète.
Toutefois les Communautés économiques régionales retenues dans cet article le sont au titre de leur importance économique. D’autres regroupements régionaux peuvent être ajoutés, soit parce qu’ils sont au départ de nature politique (ex. : l’Union Africaine, ex-Organisation de l’Unité Africaine), ce qui n’exclut pas des préoccupations économiques concomitantes, soit parce que leur objectif est précis et particulier (ex. : le CILSS : Comité Inter-gouvernemental pour la Lutte Contre la Sécheresse au Sahel).
Beaucoup de pays appartiennent à deux groupes ou plus. Sur les 53 pays africains, 27 sont membres de 2 communautés économiques régionales et 18 autres sont membres de 3 communautés économiques régionales. La RD du Congo est membre de 4 communautés économiques régionales. Seuls 7 pays n’appartiennent qu’à une communauté économique régionale.
En retenant, à la fois, une vision plus large et plus restreinte des organismes de coopération régionale on pourrait donc ajouter les regroupements ci-dessous.

CEDEAO Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS en anglais)
Regroupe tous les pays de l’Afrique de l’Ouest soit les 8 pays ouest-africains de la Zone franc CFA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) rejoints par : Cap-Vert, Gambie, Ghana, Guinée, Libéria, Nigeria, Sierra Leone.
Créée en 1975, l’organisation a pour missions de promouvoir la coopération et le développement dans tous les domaines de l’activité économique, d’abolir, à cette fin, les restrictions au commerce, de supprimer les obstacles à la libre circulation des personnes, des services et des biens, d’harmoniser les politiques sectorielles régionales. L’objectif majeur reste la constitution d’un vaste marché commun ouest-africain et la création d’une union monétaire.
L’impossibilité à s’approcher des buts tient dans la difficulté à adopter une monnaie commune, l’intégration des pays de la Zone Franc tendant à se mettre plutôt en œuvre dans l’Union Économique et Monétaire de l ’Afrique de l’Ouest (UEMAO). La polarisation sur un pays des Centres via la monnaie est un obstacle à une coopération efficace. Une décision de 1990 met au programme de l’organisation la constitution d’une force militaire d’interposition (ECOMOG).

CILSS Comité Inter-gouvernemental pour la Lutte Contre la Sécheresse au Sahel

Le CILSS est créé le 12 septembre 1973. C’est une organisation Intergouvernementale qui regroupe 9 pays sahéliens : Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad.
Son mandat actuel est de « s’investir dans la recherche de la Sécurité Alimentaire et dans la lutte contre les effets de la sécheresse et de la désertification, pour un nouvel équilibre écologique » du Sahel.
L’organisation étudie les facteurs qui entravent la croissance économique et le développement durable du Sahel ; il propose et met en œuvre des stratégies pour les maîtriser.

IOR Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation
ARC Association pour la coopération régionale des pays riverains de l’Océan Indien
L’IOR-ARC a été créée en 1997. L’organisation a pour objectif de faciliter le commerce et l’investissement dans la région.
Membres : les États riverains de l’Océan indien : Australie, Bangladesh, Inde, Indonésie, Iran, Kenya, Madagascar, Malaisie, Île Maurice, Mozambique, Oman, Seychelles (se sont retirées en 2003), Singapour, Afrique du Sud, Sri Lanka, Tanzanie, Thaïlande, Émirats Arabes Unis, et Yémen. Des pays “partenaires du Dialogue” sont associés : Chine, Égypte, France, Japon et Royaume-uni ; l’Indian Ocean Tourism Organisation est observateur.

UA Union africaine
L’Union africaine est l’organisation a succédé à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), en 2002. Ses buts sont d’œuvrer à la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et du développement à travers l’Afrique. Les objectifs de l’Union africaine comportent aussi la création d’une banque centrale de développement.

L’UA reprend le programme économique de l’OUA : le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Ce programme, lancé en 2001, élabore une “stratégie pour atteindre un développement durable au XXIème siècle” et propose d’inscrire le continent africain dans la mondialisation. Il énonce les conditions requises pour réaliser cet objectif : la paix et la sécurité sur le continent, la démocratie et la bonne gouvernance, la gouvernance économique et la gouvernance des entreprises ; il liste les priorités sectorielles (combler l’écart dans le domaine des infrastructures, transport et nouvelles technologies de l’information et de la communication, énergie, eau et assainissement, mise en valeur des ressources humaines par la réduction de la pauvreté, l’éducation, l’inversion de la tendance à la fuite des cerveaux, santé, agriculture, environnement, culture). La réalisation de ces objectifs passe par la mobilisation des ressources (ressources internes et attractivité pour les capitaux étrangers, renégociation de la dette) et par l’accès au marché (diversification de la production et transformation locale des produits primaires, mines, manufactures, tourisme, services, encouragement au secteur privé, promotion des exportations africaines, suppression des barrières non tarifaires et adoption de règles commerciales compatibles à la fois avec celles de l’OMC et les exigences africaines de développement).
Membres : 52 des 53 pays africains, le Maroc s’étant retiré en car il ne reconnaît pas la République arabe sahraouie démocratique.

GZALE

Grande Zone Arabe de Libre Échange
Née en 1997 sur décision du Conseil Économique et Social de la Ligue Arabe
Voir l’article « Grande Zone Arabe de Libre-Échange et partenariat Euro – Méditerranéen. Concurrence ou complémentarité ? » de Abdelhamid Merad-Boudia et Hadj Saadi dans ce numéro.

CCG Conseil de Coopération du Golfe
Créé en 1981 pour coordonner les actions des États membres en matière économique, politique, culturelle et de sécurité. L’accent a été mis sur la coopération et la coordination dans les domaines sociaux, économiques et politiques, l’intégration régionale est maintenant la priorité des États du CCG. En 1998, les pays du CCG ont approuvé un projet d’union douanière. L’union douanière entre les pays du CCG devrait être achevée cette année (2005).
Membres : Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats Arabes Unis, Koweït, Oman et Qatar.

Amérique latine
Les organisations de coopération d’Amérique latine se multiplient ; les organisations sous-régionales participent parfois, ès qualité, aux organisations de dimension géographique supérieure.
Certaines de ces organisations ont des objectifs d’intégration économique, d’autres se constituent avec la présence des États-Unis ou à l’initiative de ces derniers pour contrecarrer les effets des premières. La confrontation, à travers l’établissement d’organisations de coopération et d’accords multiformes, des pays d’Amérique latine avec le grand voisin du nord a commencé dès la fin de seconde guerre mondiale, par une série de traités bilatéraux ou multilatéraux qui se sont transformés ensuite en organisations.

ALADI Asociación Latino-Americana De Integración
Associação Latino-Americana De Integração
L’Association latino-américaine d’intégration (Traité de Montevideo de 1980) prend la suite de l’Association latino-américaine de libre commerce (ALALE, Traité de Montevideo de 1960).

Objectifs : instaurer un marché commun latino-américain, en mettant en œuvre des coopérations économiques, financières, sanitaires, écologiques, scientifiques et technologiques ainsi que la promotion du tourisme, des normes techniques, etc. L’ALADI abrite dans sa structure juridique les accords régionaux d’intégration les plus importants, plurilatéraux et bilatéraux, qui apparaissent en nombre croissant dans le continent (Communauté Andine des Nations, Grupo de los Tres, MERCOSUR, etc.). Par conséquent, le but ultime est d’appuyer les actions de développement avec pour finalité de les faire converger pour créer un espace économique commun.
Membres : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Équateur, Mexique, Paraguay, Pérou, Uruguay et Venezuela. Cuba rejoint le traité en 1998. L’organisation est réservée aux pays d’Amérique latine ; toutefois, des pays et organismes ont été successivement admis comme observateurs. Pays : El Salvador, Honduras, Espagne, Portugal, Guatemala, République Dominicaine, Costa Rica, Nicaragua, Italie, Panama, Confédération Helvétique, Fédération de Russie, Roumanie, République populaire de Chine, Corée, Japon ; Organismes : Commission Économique pour l’Amérique Latine et la Caraïbe (CEPALC), Organización de los Estados Americanos (OEA), Banque Interaméricaine de Développement (BID), Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Commission des Communautés Européennes, Sistema Económico Latinoamericano (SELA), Corporación Andina de Fomento (CAF), Instituto Interamericano de Cooperación para la Agricultura (IICA), Organización Panamericana de la Salud / Organisation Mondiale de la Santé (OPS / OMS).

ALBA Alternativa Bolivariana para América Latina y El Caribe
Proposition d’intégration visant le développement endogène régional ou sub-régional en Amérique latine et dans la Caraïbe pour s’opposer au traité de l’ALCA (Cf. ci-dessous), si ce dernier ne change pas de nature. Initiative de Hugo Chavez, le Président vénézuelien en direction des pays concernés, formulée en 2003.

ALCA Area de libro Commercio de Las Americas
ZLEA, Zone de Libre-Échange des États d’Amérique
FTAA Free Trade Area of the Americas
Début des discussions en 1994. Date prévue pour la mise en œuvre de l’accord : décembre 2005 (la phase finale des négociations se déroule sous la co-présidence du Brésil et des États-Unis).

Constitution d’une zone de libre-échange où les barrières douanières et les obstacles à la libre circulation des capitaux seront progressivement éliminés, en conformité avec les principes de l’OMC.
Membres : Antigua-et-Barbuda, Argentine, Bahamas, Barbade, Belize, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Dominique, El Salvador, Équateur, États-Unis d’Amérique, Grenade, Guatemala, Guyana, Haïti, Honduras, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, République dominicaine, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Suriname, Trinité-et-Tobago, Uruguay, Venezuela.

AEC Association des États de la Caraïbe
ACS Association of Caribbean States
Créée en 1994, avec pour objectifs la coopération et l’intégration régionale, la promotion du développement durable et la préservation de l’intégrité de la mer des Caraïbes.
Membres : Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Colombie, Costa Rica, Cuba, Dominique, El Salvador, Grenade, Guatemala, Guyana, Haïti, Honduras, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Panama, République dominicaine, Sainte-Lucie, Saint-Christophe et Nièves, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Surinam, Trinité-et-Tobago, Venezuela.
Membres Associés : Aruba, France (au titre de la Guyane, de la Guadeloupe et de la Martinique) et Antilles néerlandaises.
Observateurs fondateurs : CARICOM, Système économique latino-américain (SELA), Système d’intégration centraméricaine (SICA) et le Secrétariat permanent de l’Accord général sur l’intégration économique centraméricaine (SIECA).
Pays observateurs : Argentine, Brésil, Canada, Chili, Corée, Égypte, Équateur, Espagne, Finlande, Inde, Italie, Maroc, Pérou, le Royaume des Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Ukraine.

ALENA Accord de libre-échange nord-américain
Signé en 1994 ; l’objectif est la libéralisation totale des échanges de biens et services et la libre circulation des capitaux.
Membres : Canada, États-Unis et Mexique.

CAN Comunidad andina de naciones
Créée en 1996, elle succède au Pacte andin établi en 1969 (mis en sommeil avec la rupture des relations diplomatiques entre le Pérou et le Venezuela, en 1992). La première étape consistait à l’établissement d’une zone de libre-échange et la mise en place d’un tarif extérieur unique ; ensuite des efforts d’intégration sectorielle ont été faits, dans les domaines de l’agriculture, des investissements, de la propriété intellectuelle, des transports, des marchés publics, des politiques macro-économiques, etc.
Membres : Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou, Venezuela.

CARICOM Communauté des Caraïbes
Créée en 1973, elle prend la suite de la Caribbean Free Trade Association (CARIFTA). Elle a pour objectif de promouvoir l’intégration économique par la mise en place d’un marché commun, et de coordonner la politique extérieure des pays membres. La Banque de développement des Caraïbes est une institution associée. Son objectif d’établir un marché commun est considéré comme réalisé et elle a entamé un programme pour promouvoir l’intégration et la coopération économique et sociale de la région.

Membres : Antigua et Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Montserrat, Saint Kitts et Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Suriname, Trinité-et-Tobago.
Membres associés : Anguilla, Bermudes, Îles Caïman, Îles Turks et Caïques, Îles Vierges britanniques

CAFTA Central America Free Trade Agreement
Initié par des discussions datant de 1992, le traité a pour objectif le libre-échange entre l’Amérique centrale et les États-Unis, avec des objectifs de libre-échange analogues à ceux de l’ALENA. Le traité a été approuvé, en juin 2005, par le Congrès des États-Unis.
Membres : Costa Rica, El Salvador, États-Unis, Guatemala, Honduras, Nicaragua.

CSAN Communauté sud-américaine de nations
La Déclaration de Cuzco du 8 décembre 2004 prévoit l’intégration progressive de toute l’Amérique du Sud dans une union politique et économique, la CSAN, par fusion du Mercosur et de la Communauté andine des nations ainsi que l’intégration du Chili, du Guyana et du Suriname.

Grupo de los tres
Créé en 1995, avec pour objectif la constitution d’une zone de libre-échange et d’accords sur la propriété intellectuelle, les services, les achats publics et les investissements, avec une préoccupation pour les questions de santé publique et de conservation des espèces animales et végétales. Les deux pays qui sont aussi membres du Pacte andin (devenu depuis Communauté andine des nations), la Colombie et le Venezuela, se conformeront à ce dernier accord en ce qui concerne le commerce.
On peut en déduire que cette structure correspond à une tentative de lier le Mexique aux pays d’Amérique du Sud.
Membres : Colombie, Mexique, Venezuela.

Grupo de Río
Créé en 1986, il fonctionne d’abord comme un forum de discussions, il se présente ensuite comme un mécanisme de la coopération économique.
Membres : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Équateur, Guatemala, Guyana, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Uruguay, République dominicaine, Salvador, Venezuela.

MCCA Marché commun centre-américain
CACM Central American Common Market

Créé en 1960 et relancé en 1991, il a pour objectif de promouvoir l’intégration économique de la région.
Cet objectif d’intégration passe par la mise en place d’une zone de libre-échange et d’un tarif extérieur unique. En 1997, un engagement pour aider à la constitution de la Zone de libre-échange des Amériques est signé avec les États-Unis ; la même année, un accord de “complémentarité économique” est signé avec la Chine.
Membres : Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Salvador.

Mercosur Mercado Comun del Sur
Mercosul Mercado Comum do Sul
Le Mercosur (“marché commun du cône sud”) est créé en 1991. L’objectif est celui d’une intégration régionale. Il instaure un tarif extérieur commun ; il promeut la coordination des politiques macro-économiques et sectorielles en matière de commerce extérieur, d’agriculture, d’industrie, de fiscalité, de monnaie, de circulation internationale des capitaux, de services de transport et télécommunications.
Membres : Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay ; membres associés : Bolivie, Chili, Équateur, Colombie et Venezuela. Candidats : Panama et Mexique (décembre 2004).
En 1999, les bases d’une coopération économique plus étroite avec l’Union européenne ont été jetées.

OAS Organization of American States
OEA Organisation des États américains
Organisation régionale fondée en mai 1948, ouverte à tous les pays du continent américain, elle a pour objectifs de renforcer la sécurité du continent, de prévenir et résoudre pacifiquement les conflits et de favoriser le développement économique, social et culturel des États membres. L’OAS joue un rôle dans la poursuite de l’objectif d’intégration économique et commerciale de tous les pays signataires.
Membres : tous les États américains d’Amérique du Nord, Centrale et du Sud : Antigua et Barbuda Argentine, Bahamas, Barbade Belize Bolivie, Brésil, Chili, Canada, Colombie, Costa Rica, Cuba, Dominique, Équateur, El Salvador, États-Unis, Grenade, Guatemala, Guyana, Haïti, Honduras, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, République Dominicaine, St. Kitts et Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, Suriname, Trinidad et Tobago, Uruguay, Venezuela.
Cuba, un des pays fondateur, est toujours membre, mais le gouvernement cubain a été exclu en 1962.

Asie
Les organisations de coopération en Asie regroupent des nations d’inégal développement. Le motif des regroupements va de la proximité géographique à la caractéristique de riverain du Pacifique. Les dimensions de la zone font apparaître des regroupements plus centrés sur l’Asie centrale et d’autres se situent dans l’Extrême-Orient. Le changement d’organisation politico-économique de l’URSS en 1991 fait éclater les anciennes polarisations et est l’occasion de nouveaux regroupements. La Chine semble vouloir jouer un rôle comme initiateur de ces regroupements, alors même que les anciennes puissances économiques n’abandonnent pas le leur. De ce fait, nombre d’organisations associent des pays des Centres et ceux des Périphéries.

ANASE Association des Nations de l’Asie du Sud-Est
ASEAN Association of Southeast Asian Nations
La création de l’ANASE remonte à 1967 Constituée au départ pour servir de rempart contre le communisme, l’Association change de préoccupations en 1992 et se tourne vers des objectifs économiques, sociaux, culturels et commerciaux ; l’accord le plus important est l’accord de libre-échange de l’ANASE (AFTA), effectif depuis 2002.
Membres : Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour et Thaïlande et Vietnam.
“Partenaires du Dialogue” : Australie, Canada, République populaire de Chine, Union européenne, Inde, Japon, République de Corée, Nouvelle-Zélande, Russie et États-Unis ainsi que le PNUD.
La Chine renforce ses liens, en 2005, en constituant avec l’ANASE une zone de libre-échange (ZLECA) (Cf. ci-dessous).
Une coopération des 10 pays de l’ANASE avec la Chine, la Corée et le Japon se développe (réunion de Vientiane). La Chine se présente comme le pivot de ces réunions : ANASE + Chine et groupe des trois : Chine + Corée + Japon.

APEC Asia-Pacific Economic Cooperation
CEAP Coopération économique Asie-Pacifique
La Coopération économique Asie-Pacifique, groupe informel, voit le jour en 1989 à l’initiative de l’Australie, avec pour objectif la libéralisation du commerce et des investissements dans la zone. Elle a instauré un secrétariat permanent en 1993. Un accord de 1995 prévoit la libéralisation des échanges au sein de la zone d’ici 2010 pour les pays industrialisés, 2020 pour les autres pays.
Membres : pays ou territoires d’Asie et d’Amérique, riverains du Pacifique : Australie, Brunei, Canada, Chili, Chine, Corée du Sud, États-Unis, Indonésie, Japon, Hong Kong (Chine), Malaisie, Nouvelle-Zélande, Philippines, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Mexique, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pérou, Russie, Vietnam.

Communauté du Pacifique
Pacific Community
En 1947, les six gouvernements qui administraient les Territoires du Pacifique (Australie, États-Unis, France, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas et Royaume-Uni) ont fondé la Commission du Pacifique Sud ; celle-ci a pris l’appellation de Communauté du Pacifique en 1998. Le programme de travail est essentiellement axé sur l’éducation, la formation et l’aide technique.
Membres : fondateurs : Australie, États-Unis, France, Nouvelle-Zélande et Royaume-uni (les Pays-Bas s’étant retirés) et 22 îles et territoires du Pacifique : Samoa américaines, Îles Cook (Nouvelle-Zélande), États fédérés de Micronésie, Fidji, Polynésie française, Guam (États-Unis], Kiribati, Îles Marshall, Nauru, Nouvelle-Calédonie (France), Niue (Nouvelle-Zélande), Îles Mariannes, Îles Palau, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Pitcairn (Royaume-Uni), Samoa, Îles Salomon, Tokelau (Nouvelle-Zélande), Tonga, Tuvalu, Vanuatu, Wallis et Futuna (France).

ECO Economic Cooperation Organisation
OCE Organisation de coopération économique
Créée en 1985 par la Turquie, l’Iran et le Pakistan, elle a pour objectif de promouvoir la coopération économique, technique et culturelle. Elle est l’héritière de la RCD (Organisation de coopération régionale pour le développement) créée en 1964 par ces trois pays, et mise en sommeil lors de l’instauration d’une République islamique en Iran en 1979. La coopération régionale doit permettre d’assurer la prospérité et la stabilité dans la région. Le traité fondateur reconnaît les principes de l’économie de marché ; la première politique commune est d’instaurer la libéralisation des échanges entre pays participants. Un autre objectif est de faciliter l’adhésion des pays non encore membres à l’OMC.
Membres : Afghanistan, Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan, Turkménistan, Turquie.

OCS Organisation de coopération de Shanghaï
Shangaï Cooperation Organization
Le Groupe de Shanghaï a été, à ses débuts en 1996, une structure informelle créée pour régler des problèmes frontaliers ; puis des problèmes de sécurité et pour favoriser les relations économiques entre les membres. Il s’est transformé en juin 2001 en Organisation de coopération de Shanghaï.
Membres : Chine, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan.
Observateurs : Mongolie, Inde, Iran, Pakistan.

SAARC South Asian Association for Regional Co-Operation
ASARC Association Sud-Asiatique pour la Coopération Régionale
Créée en 1985 ; a pour objectif d’accélérer le développement économique et social en coordonnant les politiques dans les domaines de l’agriculture, le développement rural, la science et les technologies, ainsi que la culture, la santé, le contrôle de la natalité, des politiques anti-narcotrafic. La lutte anti-terrorisme fait aussi partie des objectifs. En 2004, Les pays membres du SAARC signent l’accord de libre-échange de l’Asie du Sud qui doit être effectif en 2006 (SAFTA en anglais), dans la perspective d’aller vers une union économique d’Asie du Sud (South Asian Economic Union – SAEU). Il n’y a pas de tarif extérieur commun prévu, mais des clauses de sauvegarde sont inscrites pour les importations provenant de l’extérieur de la zone du traité qui créeraient des dommages pour un des États signataires.
Membres : Bangladesh, Bhoutan, Inde, Maldives, Népal, Pakistan et Sri Lanka.

ZLECA zone de libre-échange Chine-ANASE
En 2002, la Chine et l’ANASE ont signé la Déclaration d’action sur la mer méridionale de la Chine, dans le but de maintenir la paix et la stabilité dans la région. En juin 2003, la Chine a décidé de participer au Traité d’amitié et de coopération de l’ANASE, dont la Chine est le premier signataire non-ANASE. La ZLECA a pour objectif la constitution d’une zone de libre-échange pouvant rivaliser par ses dimensions avec l’Union européenne et de la zone de libre-échange d’Amérique du Nord.

Europe
Il paraît difficile de considérer qu’il y a des organisations de coopération entre pays des Périphéries en Europe, sauf à apporter la démonstration que les anciens pays centralement planifiés sont à ranger dans la catégorie des pays périphériques. Toutefois, on voit se multiplier les organisations qui associent pays développés à économie de marché et anciens pays centralement planifiés, les premiers s’érigeant en tuteurs des seconds pour leur faciliter l’adhésion à l’Union européenne. On trouve aussi des organisations créées à l’initiative des anciens pays de l’Est, membres de l’Espace économique européen et qui ont, elles aussi, pour objectif l’adhésion à l’UE. Toutefois un autre type d’organisation de coopération a vu le jour, qui tente de mettre en place des liens avec des zones moins directement concernées par l’élargissement de l’Union européenne, même si la polarisation sur l’Europe y est grandissante. À ce moment, on ne peut repérer qu’une organisation de ce type. Seule celle-ci sera retenue ici.

CEMN Coopération économique de la mer Noire
BSEC Black Sea Economic Cooperation
Créée en 1992, à l’initiative de la Turquie, elle réunit des pays de l’Est et de l’Ouest de l’Europe dans un but de concertation, de coopération économique et commerciale. Elle est devenue institutionnelle en 1999 avec l’adoption d’une charte ; depuis cette date, elle se dénomme Organisation de coopération économique de la Mer Noire ; l’objectif proposé est devenu, depuis cette date, l’intégration à l’Europe. Les accords portent sur la volonté de créer un marché unifié de l’énergie en Europe du Sud-Est, et accordent une attention particulière au tracé des oléoducs dans la région. Ils portent aussi sur la coopération en matière de tourisme.
Membres : Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Bulgarie, Géorgie, Grèce, Moldavie, Roumanie, Russie, Turquie, Ukraine.

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