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Article 11 : Ouvrages et publications reçus Comptes rendus rapides

mercredi 25 février 2004


Ouvrages et publications reçus
Comptes rendus rapides

GRESEA Echos, Revue du GRESEA, n° 41, premier trimestre 2004.
« Persécutés par leurs dictateurs, en butte à l’arbitraire, la plupart des intellectuels et des hommes politiques du Tiers monde accueillirent l’ingérence des “nouveaux champions de la démocratie” avec faveur ou dans le silence du “lâche soulagement”. Et c’est ainsi que se mit en place, en 1991, l’un des volets les plus importants de la re-colonisation du sud (et de l’est) par le nord de la planète », écrivait Béchir Ben Yahmed dans un éditorial de la revue Jeune Afrique en 1992. Ce rappel ouvre le dossier que la revue consacre à l’ingérence. Les aspects multiples de celle-ci, ingérence humanitaire, touristique, économique ou commerciale, sont autant d’illustrations des rapports unilatéraux que les pays des Centres imposent au reste du monde. L’article que Olivier Corten consacre au droit d’ingérence humanitaire est à ce titre exemplaire. La thèse convenue, suivant laquelle l’exercice de telles ingérences est le remède à l’impuissance du droit international classique à apporter des secours à des populations menacées lorsque les pouvoirs politiques nationaux en place les refusent, manque de légitimité. L’auteur rappelle que d’autres moyens, qui n’impliquent pas l’usage de la force et que reconnaît le droit international, existent (assistance internationale avec la coopération des autorités locales, assortie de multiples moyens de pression pour obtenir une telle coopération, etc.). La soi-disant impuissance du droit international tient alors plus au refus des Etats “sauveteurs” de les mettre en oeuvre. De plus, l’auteur souligne l’attitude de l’ONU sur cette question. Cette organisation n’a cessé d’affirmer son refus de toute intervention militaire unilatérale, même motivée par un souci humanitaire. Ce dossier apporte un éclairage intéressant à certaines des dérives inquiétantes de notre monde contemporain.

Aujourd’hui l’Afrique, n° 90, décembre 2003.
Les premiers articles de ce numéro analysent l’élection présidentielle du 25 août 2003 au Rwanda. Les articles de Dominique Mazire et de Francis Arzalier se complètent pour dénoncer une consultation faussement démocratique. Ce n’est pas tant l’écrasante majorité obtenue par Paul Kagamé, candidat à sa propre succession (avec 95 % des suffrages exprimés) que le verrouillage total de la vie politique par le parti au pouvoir, le Front Patriotique Rwandais. Le refus de toute liberté d’expression, l’intimidation et la répression ont interdit l’existence d’une opposition. Le scrutin ne faisait que confirmer cette mainmise du FPR sur la vie politique rwandaise. L’empressement de certains pays des Centres à saluer ce soi-disant retour de la démocratie ne peut surprendre. Il apporte l’apparence d’une légitimité aux choix politiques du pouvoir en place. Ces choix ne sont pas seulement ceux de l’acceptation docile des préceptes des Institutions Financières Internationales, ils comprennent aussi le maintien de l’occupation d’une partie du territoire de la République Démocratique du Congo (RDC) par les forces armées rwandaises. Cette occupation, officiellement justifiée par une mission de maintien de l’ordre, est vite devenue une véritable entreprise de pillage d’une des plus riches régions de la RDC, pour le plus grand profit des intérêts étrangers qu’attirent les richesses minières.
D’autres questions sont l’objet des articles suivants de ce numéro. Certains d’entre eux retiennent tout particulièrement l’attention. Ainsi en est-il de l’étude des migrations internes en Côte d’Ivoire effectuée par Christophe Sandlar. Les insuccès économiques et sociaux d’une “urbanisation sans industrialisation” ont induit un retour au monde rural des migrants qui n’ont pu trouver à la ville l’emploi stable désiré. Cet exode urbain n’a pas manqué d’accentuer dans les campagnes les tensions déjà importantes portant sur la propriété foncière.
Jean Chatain, par un compte rendu des travaux du séminaire de Dakar : « Quelle politique énergétique pour l’Afrique », organisé par des organisations syndicales de travailleurs de l’électricité, dresse une liste précise des obstacles qui s’opposent à l’essor de la production d’électricité dans ce continent. L’insuffisance des fonds destinés à l’investissement (dans l’hydroélectricité par exemple) et les conséquences des politiques de privatisation (licenciements massifs et hausse des tarifs) sont les plus conséquents.
La présentation de l’essai d’Albert Gandonou, « Le roman ouest africain de langue française, une étude de langue et de style », par le même Jean Chatain, est l’occasion d’une esquisse d’histoire de la littérature africaine (en langue française). Une attention particulière est portée au romancier Ahmadou Kourouma (auteur, entre autres, du Soleils des indépendances). Cet auteur marque une rupture dans la tradition romanesque africaine de langue française. « J’ai pensé en malinké et écrit en français ... J’ai donc traduit le malinké en français en cassant le français pour trouver et restituer le rythme africain. » déclarait-il. Cet auteur marque ainsi le passage d’une génération d’écrivains africains de culture française à un romancier de culture africaine employant la langue française.

Aujourd’hui l’Afrique, n° 91, février 2004.
Après avoir consacré deux articles à l’actualité de ce début d’année 2004, le dossier de ce numéro de la revue est consacré aux conséquences politiques du pluralisme ethnique dans les sociétés africaines. Cette spécificité affecte à la fois l’édification des Etats et la construction des identités nationales dans la période post-coloniale. Ibrahima Fofana ouvre le débat en proposant une réforme des structures étatique de forme fédérale. Raymonde Jonvaux, citant le Président Sékou Touré, évoque la tâche de longue durée que doivent accomplir les Etats issus de la décolonisation :”édifier la Nation”. Francis Arzalier rappelle le contexte de domination dans lequel se situent actuellement les pays d’Afrique. Cette domination exercée par les pays des Centres se traduit par l’instrumentation des identités ethniques au profit d’intérêts impérialistes. Cette instrumentation passe également par la manipulation des mots et des concepts, falsifiant l’histoire et détournant les aspirations démocratiques des peuples africains. Le dossier se conclut en traitant, hors d’Afrique, le cas d’une identité nationale opprimée : la Palestine. Marie Nassif-Debs, en présentant la situation des réfugiés palestiniens au Liban, dresse un bilan accablant de l’aggravation des conditions de vie économique, politique mais aussi juridique de ces réfugiés. Le statut de “stateless” que leur réserve la loi internationale, devient rapidement un statut de “paria”, lorsqu’il rencontre la législation du pays d’accueil.
D’autres articles, consacrés à des sujets divers complètent ce numéro. Parmi ceux-ci, il faut signaler une étude de Marie Catherine Andréani, portant sur les différents obstacles, internes et externes, que rencontre la réforme agraire au Zimbabwe. De même, Albert Gandonou offre une analyse des effets culturels et sociaux de la francophonie en Afrique. L’auteur montre comment la langue du colonisateur, utilisée après les indépendances par les classes dirigeantes, n’a pas pour autant perdu ses pouvoirs. Présentée comme le véhicule du progrès, elle continue de maintenir une inégalité profonde entre la culture de l’ex-colonisateur et les cultures “indigènes”, perpétuant l’intériorisation de positions de “dominés”. La scolarisation en langue française, mise en place depuis les indépendances, loin d’avoir permis une émancipation, a surtout conduit à une exclusion sociale massive des classes populaires (au Bénin, à peine 20 % des enfants achèvent leur scolarité dans le cycle primaire).

Institut de sociologie économique et culturelle du Havre, Cahiers de sociologie économique et culturelle, n° 37-38.
Le thème central de la revue, les relations interculturelles, est le guide de cinq études appliquées à des champs très différents.
Nadia Afiouni, « Entre présent et passé, la gestion de la pluralité culturelle dans les politiques éducatives en Grande Bretagne » propose une comparaison des politiques éducatives anglaises et françaises. La différence d’objectifs entre ces politiques, l’une respectueuse des différences culturelles, l’autre plus “assimilatrice”, trouve son origine dans une continuité du discours colonial. L’auteur montre comment les constructions et représentations idéologiques produites pour légitimer la domination coloniale jouent encore un rôle majeur dans l’élaboration des modèles de gestion des relations interculturelles dans l’éducation, et plus généralement, dans les politiques d’accueil des populations étrangères en France et en Grande Bretagne.
Saâdia Elhariri, « Les relations mêres-filles en migration », aborde cette question, aujourd’hui peu étudiée, à partir d’entretiens effectués avec une centaine de femmes, mères ou filles, d’origine marocaine, établies à Gennevilliers. L’auteur montre la diversité et l’évolution de ces relations, entre opposition et complicité (en réaction au contrôle exercé par l’autorité masculine). La diversité des destins, l’âge, l’intégration par l’accès à l’emploi dans la société d’accueil, sont autant de facteurs explicatifs.
Franck Sanselme, « Destins de migrants et constitution du sujet », étudie les processus de reconstruction d’une identité sociale à travers les “récits de la vie” en France de neuf immigrants installés en Bretagne. Cette reconstruction est perçue comme un “double recadrage symbolique”. La construction de soi s’opère parallèlement à celle des autres, donc à une prise de conscience réfléchie sur la société d’accueil. Les multiples expériences relatées explorent de nouvelles causalités et interactions, témoignant de la fécondité de l’approche.
Juliette Smeralda (« Les canons de la beauté associés à la couleur de la peau et à la texture du cheveu ») interroge les pratiques de blanchiment, ou de bronzage, de la peau et de défrichage ou de blondissement de la coiffure, en Martinique, en Bavière et en France. A travers l’étude de ces pratiques, l’auteur montre que l’image du corps s’inscrit dans un rapport de domination culturelle. Pour les adeptes de celles-ci, il s’agit autant de créer une ressemblance que d’effacer des caractéristiques physiques perçues comme les stigmates d’une infériorité. De telles pratiques, parce qu’elles imposent l’acceptation d’une “aliénation identitaire”, impliquent que les individus qui en usent aient accepté d’intérioriser des caractéristiques normatives empruntées à une autre culture et les utilisent comme critères de différentiation culturelle et sociale.
Bruno Mallard livre une étude des « Micro-entreprises populaires au Chili » c’est-à-dire des activités de type artisanal créées par les populations pauvres, activités autrefois qualifiées d’informelles. L’auteur analyse sociologiquement le comportement des chefs de ces entreprises, utilisant peu de main d’œuvre salariée et beaucoup d’aides familiaux, des techniques simples et des moyens financiers limités. Deux caractéristiques se dégagent de celle-ci. Les relations sociales, surtout de proximité, y sont essentielles. Il s’agit donc d’une « économie encastrée dans les relations sociales » (K. Polanyi). Les rationalités économiques en œuvre laissent peu de place au calcul et à la logique d’une reproduction des moyens de production. L’auteur les opposent à l’idéal-type de l’entrepreneur weberien, parlant d’un esprit “entreprenant” plutôt que d’un esprit d’entreprise. Cet article démontre l’intérêt de l’approche sociologique des activités économiques, complément précieux pour la connaissance des processus de développement.
Il convient enfin de rappeler que chaque numéro de la revue comporte une chronique de l’actualité musicale toujours riche et complète, réalisée par Edith Weber.

Recherches internationales, n° 70, 4-2003.
Dans ce numéro, la revue consacre son dossier à l’étude de l’action des groupes d’intérêt économique (les lobbies) dans la construction européenne.
Jean Magniadas (« Les lobbies et le contournement de la démocratie ») présente la longue histoire des rapports, discrets ou avoués, qu’entretiennent, en France depuis le XIXème siècle, les pouvoirs politiques et les pouvoirs économiques. Si les formes du capital se modifient du fait de la concentration, l’influence que celui-ci cherche à exercer sur le politique reste une donnée permanente de l’histoire du capitalisme.
François Chartier (« La table ronde des industriels (ERT), un lobby pas comme les autres ») et Cyrille Oyharçabal (« L’Unice : l’édification d’un partenariat avec le pouvoir européen ») exposent l’histoire de chacun des deux plus puissants groupes de pression européens, l’ERT et l’Unice. Il ne s’agit pas seulement de montrer la montée de l’influence des firmes transnationales européennes, soit à travers la constitution en 1983 de l’ERT, “club” réservé aux dirigeants de ces grandes entreprises, soit par la conquête progressive du pouvoir dans différentes instances de l’Unice par les “hommes de ces firmes”, mais aussi d’en mesurer l’importance. Ces intérêts économiques ont pu jouer le rôle d’un partenaire auprès du pouvoir européen. François Chartier rappelle ainsi les convergences de vue qui se sont établies au cours des deux dernières étapes de la construction européenne (l’Acte unique de 1986 et le traité de Maastricht de 1991) entre l’ERT et la Commission européenne.
Jean-Luc Rocbour (« Les nouveaux visages du lobbying économique en Europe ») analyse les objectifs des lobbies et les moyens mis en œuvre pour les atteindre. A travers l’exemple de l’évolution des rôles assignés à l’administration chargée du contrôle de la concurrence et des prix, l’auteur montre comment le renversement législatif que fut la libération des prix (achevé en 1987) ne fut pas seulement l’occasion de renforcer le pouvoir patronal mais également d’affaiblir les pouvoirs de contrôle de l’Etat. L’action de lobbying exercée sur le pouvoir législatif, la faiblesse des moyens matériels et humains dont dispose l’administration concernée, l’utilisation de nombreux juristes spécialisés pour infléchir la jurisprudence ou faire annuler les procédures sont des moyens efficaces pour établir un cadre institutionnel très favorable aux entreprises. Établir un “état de nature concurrentiel”, c’est-à-dire obtenir un désengagement massif de l’Etat est alors l’objectif principal que poursuivent les intérêts patronaux aujourd’hui.
Jean-François Saby-fosdaj (« Concurrence, monopoles et commandes publiques ») n’évoque qu’indirectement les pressions patronales puisque son étude porte sur l’action des pouvoirs publics en matière d’ouverture à la concurrence des marchés publics. L’auteur souligne l’ambiguïté de cette action en Europe : « laisser croire à l’ouverture maximum des marchés à la concurrence tout en préservant les intérêts nationaux sous couvert d’une pseudo-régulation des marchés ».
Ce dossier n’apporte pas qu’une étude approfondie de l’action des lobbies patronaux. Centré sur l’Europe, il pose une question centrale sur la nature de la construction européenne. Jean Magniadas voit dans la collusion permanente des grandes firmes et du pouvoir politique le fonctionnement normal d’une démocratie “confisquée” dans un système capitaliste. En détaillant la similitude entre le projet : « Europe 90, un agenda pour l’action », publié le 11 janvier 1985 à l’initiative de Wisse Decker, à l’époque patron de Philips et membre de l’ERT, et le discours du 14 janvier 1985 de Jacques Delors devant le parlement européen, discours qui constitue le point de départ de l’initiative de l’Acte unique européen, François Chartier souligne l’ambiguïté de cette apparente coopération entre lobby et pouvoir européen. En effet, Wisse Decker se contente de réclamer pour les grandes entreprises européennes l’environnement favorable que constituerait un marché unique. Implicitement cette demande va plus loin. Elle implique une réorganisation profonde des économies européennes pour s’adapter à ce nouvel environnement. Il se situe ainsi sur le terrain économique. Jacques Delors, ajoute à cette perspective une dimension politique. L’abolition des frontières, résultant du marché unique, sera un moyen de renforcer l’intégration politique européenne. Il se situe alors dans un champ politique. La complémentarité des apports de l’un et de l’autre inscrit alors de fait la construction politique européenne dans un cadre économique profondément libéral.

Alternatives Sud, « Economie et géopolitique du pétrole, points de vue du Sud », Vol. X, (2003) 2, Centre Tricontinental, Louvain-la-Neuve, L’Harmattan, Paris, France.
En assurant 40 % des besoins énergétiques de toute la planète (le gaz naturel : 25 %), la place du pétrole dans le bilan énergétique mondial continue d’être déterminante en ce début du XXIème siècle. Mais l’exploitation d’une ressource comme le pétrole constitue aussi un puissant facteur d’accumulation. Il en résulte que les rivalités pour le contrôle de la production et de la distribution du pétrole n’ont pas seulement pour origine la satisfaction des besoins énergétiques mais également la plus-value qu’il permet de générer.
Ce numéro d’Alternatives Sud décline de différentes manières cette dialectique de la valeur d’usage et de la valeur d’échange du pétrole. Alors que la consommation est en constante augmentation, les réserves actuelles s’épuisent et les efforts de prospection ne parviennent pas à combler ce déficit grandissant, les chances de découvrir encore d’importants gisements étant plutôt maigres. Ce sont là autant de signes annonciateurs d’une crise d’approvisionnement dans un futur proche qui a d’ores et déjà d’importantes conséquences géopolitiques. Elle explique en grande partie la volonté des grandes puissances, et en particulier celle des Etats-Unis, le principal consommateur (selon le rapport Cheney, les Etats-Unis devront importer 20,8 millions de barils / jour sur une consommation d’environ 25,7 M de barils / jour soit importer 81 % de leur consommation) de faire main basse sur les ressources du Moyen-Orient, la principale réserve en hydrocarbures. L’occupation de l’Irak (dont les réserves pétrolières sont les deuxièmes en importance après celles de l’Arabie saoudite qui elle détient plus d’un quart des réserves mondiales prouvées d’hydrocarbures) en est l’illustration la plus récente. Plus précisément, le contrôle de l’Irak est interprété comme un élément de la stratégie dite de “sécurité énergétique” des Etats-Unis quand on rappelle que les autres grandes zones consommatrices vont enregistrer une hausse de leur taux de dépendance du pétrole importé : dans l’U.E. le taux de dépendance qui était de 52 % en 2000 passera à 64 % en 2010, au Japon (de 85 % à 90 %) et en Chine (de 35 % à 48 %). La concurrence de plus en plus forte entre les grandes zones consommatrices a pour effet aussi de rendre possible l’entrée de nouveaux producteurs. C’est le cas notamment des ressources en hydrocarbures situées sur le pourtour de la Caspienne et dans les républiques d’Asie centrale qui présentent plus un intérêt stratégique que commercial en ce qu’elles constituent une alternative à la diminution des réserves du Moyen-Orient.
D’autres contributions (« Pétrole et développement en Afrique subsaharienne » ; « L’exploitation pétrolière au Nigeria et l’oléoduc Tchad – Cameroun ») mettent en exergue les “externalités régressives” (de nature économique, politique et sociale) que l’exploitation pétrolière par les entreprises transnationales entraîne dans des pays comme le Congo Brazzaville ou le Nigeria, l’Angola, le Soudan, le Tchad ou le Cameroun, la Guinée équatoriale… tandis que les dommages environnementaux, occasionnés par les diverses opérations pétrolières et la construction de gazoducs et d’oléoducs sur les territoires communautaires indigènes, sont particulièrement mis en évidence dans « Les transnationales pétrolières dans les territoires indigènes de Bolivie ». Dans « L’enjeu du pétrole au Venezuela », ce sont vingt années d’histoire pétrolière du Venezuela qui sont retracées. Ce pays, qui avait joué un rôle-clé dans la fondation de l’OPEP en1960, était sur le point de se transformer, sous l’impulsion de la stratégie libérale de la PDVSA, le consortium pétrolier vénézuélien, en un modèle du démantèlement de tout ce qui avait été obtenu dans le cadre de l’OPEP en matière de quotas et de défense des prix. L’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en février 1999 mit un terme à cette dérive néo-libérale avec comme enjeu de faire des ressources naturelles un levier pour la promotion du développement national.
Toutes ces contributions à ce numéro d’Alternatives Sud font finalement ressortir une « économie du pétrole » très fortement déterminée par des facteurs géopolitiques qui jouent toujours encore globalement en faveur des acteurs institutionnels dominants (transnationales du pétrole, Etats qui les abritent, élites instrumentalisées des Etats producteurs…). Mais ce cadre n’est pas immuable. D’autres acteurs peuvent émerger (les sociétés civiles) ou prendre plus de poids (l’OPEP). Une interaction nouvelle entre acteurs peut surgir à la faveur de luttes internes et d’opportunités externes. Une fonction de production alternative, conduisant à d’autres résultats qu’une accumulation de richesse au profit des pôles et acteurs dominants, ici, et à des externalités régressives pour les populations, là, est possible. C’est aussi le mérite de cette publication que d’en indiquer la perspective.

La rédaction de la revue signale la reparution de Alger républicain, directeur de publication : Ibnou-Zahir Bessa, Maison de la presse Tahar Djaout, 1 rue Bachir Attar, place du Premier mai, 16016 ALGER, adresse e-mail : algerep@cepad.dz
Ce quotidien, fondé en 1938, qui a été dirigé par Henri Alleg, et qui a eu pour rédacteurs Albert Camus et Kateb Yacine, reparaît. Après avoir été publié entre 1938 et 1939, puis entre 1943 et 1996, ce journal renaît, d’abord avec une parution mensuelle, en Algérie et en France ; sa périodicité devient aujourd’hui bi-mensuelle. Sa diffusion en France est assurée, pour le moment, dans quelques points de vente de presse, en région parisienne, et dans la Région Rhône-Alpes.

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