Article 2 : 11 septembre 2003, trentième anniversaire du coup d’Etat au Chili


11 septembre 2003,
trentième anniversaire du coup d’Etat au Chili


L’histoire d’hier éclaire l’histoire d’aujourd’hui vice-versa


Rolande Borrelly
Pablo Diaz
Jean-Louis Perrault

Le 11 septembre 1973, au Chili, suivant un plan minutieusement préparé, l’armée a pris le pouvoir dans la violence.
Le palais de la Moneda où se trouvait le Président Salvador Allende avec ses ministres et proches collaborateurs a été assiégé au début de la matinée et rapidement encerclé par les chars ; l’attaque a été massive, à l’arme lourde, avec des tirs d’obus et en fin de matinée les putschistes qui ne parvenaient pas à obtenir la reddition du chef de l’Etat et de son gouvernement ont décidé de faire donner l’aviation. Les roquettes qui tombent alors sur la Moneda ont raison de la résistance organisée autour de Salvador Allende ; tous ceux qui se sont battus à ses côtés quittent, à sa demande, les bâtiments qui ont commencé à brûler ; lui se suicide après une dernière déclaration publique.
A 14 heures, la nouvelle tombe au poste de commandement des opérations : « mission accomplie — Moneda prise — Président retrouvé mort ». A 18 heures, alors que des combats se poursuivent dans les rues de Santiago et dans d’autres villes du pays, les instigateurs du coup d’Etat se retrouvent à l’Ecole militaire pour une cérémonie de prise de pouvoir. La Junte de gouvernement est constituée et le général Pinochet est désigné comme président.
Le 12 septembre, la répression commence. Les arrestations se multiplient. Des milliers de personnes sont détenues dans le Stade national de Santiago. On traque et on tue dans les rues. Et cela ne s’arrêtera pas de sitôt. La dictature est solidement installée et elle utilisera tous les moyens pour poursuivre et éliminer tous ceux qui ont soutenu l’Unité Populaire ou peuvent être soupçonnés de l’avoir fait (Caravane de la mort, Opération Condor, DINA, Comando conjunto, etc.). Le bilan du coup d’Etat et des dix-sept années de dictature a été de quelque 3 000 morts et disparus, 40 000 torturés et 200 000 exilés.
It can’t happen here. Cela ne peut pas arriver ici. C’était le refrain qu’on chantait dans les rues de Santiago peu de temps avant le coup, comme le rappelle Ariel Dorfman dans un article publié sous ce titre en septembre 20031. Cela ne pouvait pas arriver, mais c’est arrivé et l’écrivain chilien confesse que pendant trente ans il n’a cessé de s’interroger là-dessus. « Comment a-t-il été possible qu’une nation qui avait un Parlement qui fonctionnait, qui avait un long passé de tolérance politique, une presse libre dynamique, une justice indépendante et, surtout, une nation qui avait une armée légaliste, comment ce pays a-t-il pu finir par engendrer une des pires tyrannies du continent latino-américain qui est pourtant loin de manquer de régimes criminels ? Et plus crucial encore, pourquoi tant d’hommes et de femmes du Chili, héritiers d’une démocratie vigoureuse ont-ils détourné les yeux quand les plus horribles des abus étaient commis en leur nom ? ». Et Ariel Dorfman de se demander si, aujourd’hui, après le 11 septembre 2001, cela ne risque pas de se produire ailleurs, dans ces pays qui sont aujourd’hui des démocraties bien établies mais où on accepte de laisser rogner la liberté par un gouvernement qui manipule la peur comme Pinochet l’a fait en son temps. La comparaison est peut-être un peu forcée mais elle pointe bien la leçon qu’on peut tirer de l’histoire chilienne de ces trente dernières années : le libéralisme et sa défense tendent à détruire la liberté.

« Nous sommes tous responsables »
La bataille de la mémoire ne consiste pas simplement à rassembler les informations, elle ne se limite pas à découvrir ce qui s’est passé ; il faut aussi saisir la signification de ces faits, en débattre et surtout comprendre les clefs de la trame historique2.
C’est peu de dire que cette bataille est encore difficile dans le Chili d’aujourd’hui.
La Terreur qui a fait suite au coup d’Etat a fait tomber une chape de plomb sur le pays et si les pressions exercées de l’extérieur ont, à plusieurs reprises, contraint le dictateur à moins d’absolutisme, ce ne sont pas les “consultations nationales” qu’il a organisées qui ont pu permettre à la population de s’exprimer (campagne électorale de deux semaines, pas de registre public des électeurs, partis politiques toujours interdits d’expression). La résistance, manifestée peu de temps après le coup d’Etat à l’occasion des funérailles du grand poète Pablo Neruda, a continué à bas bruit dans ces pires moments de la dictature. C’est à partir de 1983 qu’elle s’affirme avec le grand mouvement des “protestas” lancé par la Confédération des travailleurs du cuivre, et soutenu par l’Eglise. Le sentiment de peur recule et s’affirme l’exigence de justice : « Ni oubli, ni pardon ». Mais la dictature ne cède pas de terrain.
En 1988, lorsque le général Pinochet perd le plébiscite qui devait lui permettre de rester à la tête de l’Etat jusqu’en 1996, la configuration politique a déjà commencé à changer. La fracture nette produite par le coup d’Etat et la dictature s’effiloche. Le nombre diminue de ceux qui « se sentent bien du côté gauche du mur, ceux qui rêvent encore d’un monde plus juste, qui veillent malgré tout sur la fleur merveilleuse de la mémoire et ne la laissent pas se faner »3. Patricio Aylwin, le candidat de la Concertation de Partis pour la Démocratie qui regroupe dix-sept formations politiques allant de la droite libérale à la gauche marxiste, déclare après son élection en 1989 : « Notre pays exige, comme un impératif moral, que la lumière soit faite sur les graves violations des droits de l’homme […]. Plus que de punir, il est important d’établir la vérité et de déterminer les responsabilités ». De toute manière, Augusto Pinochet ne se laisse pas écarter si facilement du pouvoir ; il prend le temps de se prémunir contre les poursuites dont il pourrait faire l’objet. La loi du silence que le dictateur s’évertue à faire régner facilite l’amnésie qui a commencé à toucher la classe politique, à droite bien sûr mais aussi à gauche. « L’histoire infamante de l’infamie a planté ses griffes dans le Chili » dit Luis Sepulveda.
La bataille de la mémoire se trouve maintenant prise dans les contradictions de la transition. Le projet de réconciliation nationale a été validé par un Parlement démocratiquement élu — et dans des conditions qui garantissaient aussi la conservation en l’état de la structure économique du pays, il faut le rappeler. Le pouvoir politique ne peut qu’encourager chacun à se reconnaître une part de responsabilité, ce qui est bien plus dur que simplement « laisser le passé au passé ». Comme l’a déclaré un jour, José Miguel Insulza, ministre sous la présidence d’Eduardo Frei : « Lorsqu’on s’érige en défenseur des droits de l’homme, la première chose à faire est de respecter les règles du jeu »4. Alors que la “vérité” sur les crimes de la dictature commence à apparaître au grand jour5, la possibilité d’en condamner les responsables diminue, comme l’a bien montré l’épisode anglais. Mais alors comment expier ces « crimes qu’on ne peut ni punir, ni pardonner » ?
C’est dans ce contexte qu’on est arrivé au mois de septembre 2003, avec le trentième anniversaire du coup d’Etat à commémorer un peu plus et un peu mieux que les précédents.
Le souci de ne pas mettre en cause le processus de réconciliation nationale a prévalu dans l’orientation et l’organisation officielles de cette commémoration. C’est l’image de Salvador Allende que le Chili allait restaurer. Le 10 septembre serait un jour consacré à son souvenir et le 11 on marquerait l’anniversaire du coup d’Etat en consacrant la journée aux valeurs républicaines. Il ne s’agissait pas de rendre hommage à Salvador Allende, l’artisan de la « voie démocratique vers le socialisme », tout au plus de saluer ses qualités de défenseur des institutions démocratiques contre les putschistes. Ricardo Lagos, l’actuel président de la République qui fut un proche d’Allende n’a pas participé à la célébration du souvenir, mais il y a contribué, malgré les critiques de l’opposition, en faisant installer à la Moneda deux plaques commémoratives et deux tableaux et surtout en rouvrant symboliquement la porte du passé, celle qui vit sortir en 1973 le cadavre d’Allende et qui était restée murée depuis.
A droite et même dans les rangs de la démocratie chrétienne on n’a pas hésité à dénoncer cette commémoration officielle comme l’expression d’une interprétation tendancieuse de l’histoire, voire une tentative de la réécrire. Mais l’ambiance générale était plutôt favorable à préserver les chances de la réconciliation nationale, y compris de la part d’acteurs majeurs de l’époque, comme l’amiral Jorge Arancibia qui a reconnu publiquement qu’il y avait eu des tortures sur le bateau-école de la Marine ou comme l’ancien député communiste Luis Guastavino qui a dit que « tous les Chiliens étaient responsables du coup », y compris lui-même qui avait contribué à l’exacerbation du climat politique avec ses discours incendiaires sur la lutte des classes.
Mais l’essentiel de ce qu’a apporté ce trentième anniversaire est peut-être ailleurs. La peur semble éloignée : des manifestations ont eu lieu, le Stade national de sinistre mémoire s’est rempli pour des concerts, les médias se sont largement ouverts à cette commémoration. Cette exorcisation du passé a été tournée vers la jeune génération. Elle a pu apprendre ce qui s’était passé, découvrir la violence des événements dans cette réapparition multimedia du président Allende, réapparition qui n’a même caché la participation de certains hommes d’affaires à la préparation du complot. Elle a entendu le chanteur-compositeur Gilberto Gil, actuel ministre de la Culture au Brésil, lui dire au cours de son concert : « un peuple sans mémoire ne peut aller de l’avant ».

L’ombre portée du drapeau étoilé
Le coup d’Etat du 11 septembre 1973 a été préparé par un groupe de hauts gradés des trois armes après l’échec du soulèvement de l’armée au mois de juin. Il n’y a pas de trace d’une intervention directe des Etats-Unis dans son déroulement6 mais un document rédigé par l’attaché militaire de leur ambassade à Santiago prouve que la stratégie arrêtée par les putschistes était bien connue du Département américain de la Défense et on ne peut que penser qu’elle était approuvée. Il est bien connu en effet que depuis 1970, le président Richard Nixon et son conseiller Henry Kissinger étaient personnellement engagés dans une lutte pour l’élimination politique du socialiste Allende. On connaît dans tous leurs détails les opérations qu’ils ont fait mener, d’abord pour faire échec à son élection à la présidence de la République, puis pour empêcher son investiture : conspirations, enlèvements avec meurtres, propagande et manipulation de la presse, etc. Ces opérations n’ont évidemment pas cessé une fois le gouvernement de l’Unité Populaire installé. Le rapport Church — 8 000 pages — présenté au Sénat des Etats-Unis en 1975 apportait déjà beaucoup d’informations sur les actions menées par la CIA, sur leurs hommes comme sur leur coût (l’agence a dépensé plus de 8 millions de dollars pour la déstabilisation du gouvernement chilien dont 3 millions pour la seule année 1972). Les auditions réalisées pour ce rapport prouvaient l’étroite association de la CIA et des transnationales américaines installées au Chili, au premier rang desquelles International Telegraph and Telephone (ITT) dont l’adjoint du président est un ancien directeur de la CIA. Les documents qui ont été déclassifiés depuis ont ajouté leur lot de renseignements sur la stratégie de sabotage économique employée par les Etats-Unis à ce moment-là, qui va du refus de vendre ou de livrer à la manipulation des cours du cuivre sur le marché de Londres, sans oublier l’organisation de l’agitation sociale. La fameuse et décisive grève des camionneurs a été financée par la CIA.
Comme l’écrit Charles Lancha : « Il est hors de doute que cette conspiration permanente des cercles dirigeants de Washington, secondée par la droite chilienne, a joué un rôle important dans l’aggravation de la situation intérieure chilienne et contribué efficacement à la chute de l’UP. Son aboutissement est le coup d’Etat militaire du général Pinochet, le 11 septembre 1973, et ses conséquences tragiques. »7.
Tout cela débouche sur une question cruciale : qui faut-il, en définitive, retenir comme responsable du coup d’Etat et de ses suites ? Le juge français qui, en 2001, a profité d’une visite à Paris d’Henry Kissinger pour le convoquer dans son bureau afin de l’entendre comme témoin dans un procès relatif à la disparition de cinq Français au Chili sous la dictature, a répondu à sa manière à cette question. Il est indiscutable que la responsabilité du conseiller de Nixon est écrasante puisqu’il était l’inspirateur direct de Pinochet et certains pensent même que ce serait « une situation bien étrange que celle où la marionnette passerait devant les juges pendant que le marionnettiste serait épargné »8. Mais Kissinger a refusé de déposer et l’affaire a été close. Le fait est que la responsabilité du coup d’Etat reste sur des épaules chiliennes.
Et pourtant il suffit de relire l’histoire du Chili contemporain pour rendre plus que plausible la responsabilité étatsunienne. On y voit d’abord que les Etats-Unis ont depuis longtemps des intérêts économiques à défendre dans ce pays. C’est entre les deux guerres, avec la grande crise économique, qu’ils s’aventurent plus loin dans le continent latino-américain, vers les pays où ils trouvent des matières premières. Le Chili fait partie — pour son cuivre — de cette deuxième étape de l’expansionnisme nord-américain, avec l’Equateur et le Pérou. Et puis il y a, avec la guerre froide, la recherche d’un alignement dont l’Organisation des Etats Américains (OEA) deviendra l’instrument et, dans ce contexte, les Etats-Unis n’économiseront pas sur les moyens d’assurer un contrôle politique et idéologique sur tout le continent. Santiago du Chili est de toutes les capitales latino-américaines la plus éloignée de Washington, mais c’est là qu’est le siège de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Amérique Latine, la CEPAL où s’élaborent les thèses “développementalistes” qui critiquent la dépendance commerciale et défendent le principe de la protection des industries dans l’enfance. Le “Proyecto Chile” sera une manière de contrer l’influence de ces thèses qui peuvent faire le lit du communisme. L’Université Catholique du Chili va ainsi entrer, en 1956, dans un accord d’échange avec l’Université de Chicago où l’on professe les modèles les plus avancés de la théorie libérale. En moins de dix ans, une petite équipe d’économistes chiliens est formée par les maîtres de l’Ecole de Chicago : Milton Friedman, Arnold Haberger, Friedrich von Hayek pour ne citer que ceux qui viendront eux-mêmes au Chili pour conseiller Pinochet9. Ce sont les fameux “Chicago boys” qui vont officiellement entrer en scène avec la dictature.

Confisquer la politique pour libérer l’économie
Ainsi rappelée l’histoire du Chili suggère une sorte de surdétermination des événements de 1973 que l’analyse de l’économie de la dictature tendrait à confirmer.
L’argument de l’économie est de tous les débats sur le Chili d’hier ou d’aujourd’hui, et pas seulement celui du fameux “modèle chilien”. Exemplaire ou pas, la politique de la dictature a incontestablement réussi à transformer en profondeur l’économie chilienne ; mais cela n’empêche pas de contester le coût politique et social de ce succès. Plus complexe est la discussion de la thèse qui fait du retour de la démocratie le résultat du succès de la transformation économique intervenue sous la dictature. La thèse est discutable si elle signifie que cette transformation, assimilable à une révolution capitaliste, a produit la démocratie au Chili comme elle l’a fait ailleurs. La démocratie existait au Chili avant la dictature et depuis bien longtemps, et on peut même dire que c’est cette tradition démocratique qui a rendu possible la résistance et les luttes contre la dictature, en particulier celles des années 83-84 qu’on a rappelées plus haut10. L’argument n’est cependant pas sans faille puisque ces luttes n’ont guère modifié la politique et qu’un nouveau train de privatisations a eu lieu juste après. La thèse pourrait, en revanche, être pertinente si on la formulait ainsi : la dictature a laissé place à la démocratie parce qu’elle avait rempli son rôle : libérer l’économie.
C’est ce qu’on peut déjà comprendre du propos d’Augusto Pinochet dans ses conversations avec Eugenia Oyarzun : « J’ai étudié l’économie, je ne dirais pas comme on peut le faire aujourd’hui, mais j’ai appris la théorie économique en Equateur avec de très bons professeurs [...]. Et je suis toujours arrivé à la même conclusion, il faut donner de la liberté, c’est elle qui fait avancer l’économie »11.
Que Pinochet ait été l’artisan d’une confiscation de la politique qui permettait la libération de l’économie est une thèse qui peut être argumentée sans beaucoup de difficulté.
Une première série d’arguments peut être reprise d’un autre débat sur les causes du succès économique de la dictature. Il y est avancé l’idée que ce n’est pas la nature dictatoriale du régime de Pinochet qui a déterminé la réussite de la transformation économique du Chili, que ce n’est pas l’usage de la force qui a été décisif dans ce succès mais l’autonomie qu’il a eue par rapport aux groupes sociaux qui l’avait soutenu dans sa prise de pouvoir12. Cette idée en recoupe une autre dégagée de l’analyse des premières mesures du gouvernement de la Junte : alors qu’on pouvait s’attendre à ce que ce gouvernement commencât par restaurer ce qui existait avant Allende, ce retour en arrière a été très limité.
La deuxième série d’arguments porte sur le traitement de l’économie elle-même. La libération de l’économie n’est pas une question de politique macroéconomique, fût-elle monétariste. Libérer l’économie suppose de donner la liberté — toute liberté — aux agents économiques. C’est la question des règles du jeu plus que du jeu. Elle ne s’improvise pas, mais ce n’est pas Pinochet qui a pu la préparer puisqu’il n’a été qu’un conjuré de la dernière heure. Les officiers de la marine qui ont été les vrais instigateurs du renversement de l’Unité Populaire avaient bien pensé à un “programme de rupture”. Ils avaient contacté pour cela, dès 1972, quelques-uns des économistes chiliens qui avaient été formés à l’Université de Chicago et dont le cabinet-conseil était proche du grand patronat. Leur plan — El Ladrillo — était prêt au mois de mai 1973 mais les “Chicago boys” n’entreront au gouvernement qu’après 1975, après une visite de Milton Friedman à Pinochet. C’est dans le cadre de cette division du travail entre le politique et l’économique qu’ont été engagées l’ouverture des frontières, la privatisation des entreprises publiques, la libéralisation du système financier et surtout celle du marché foncier.
Non seulement la dictature n’a pas été l’acteur majeur de la “grande transformation” du Chili, mais elle l’a placée sous l’influence d’une pensée importée. Le président Bush l’a dit en 2002 quand il a invité Milton Friedman à la Maison Blanche pour rendre hommage à son travail et à son talent : « Nous avons vu les idées de Milton Friedman appliquées au Chili grâce à un groupe d’économistes comme les “Chicago boys” qui ont su contrôler l’inflation et établir le cadre opportun pour la réussite économique. ».

Le trentième anniversaire du coup d’Etat au Chili ne peut pas ne pas nous projeter dans le présent : ingérence “préventive”, conversion forcée au libéralisme inspirée des pères du néo-conservatisme américain, sont déjà là.