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Article 7 : Le Brésil de Lula Croissance économique et développement humain

jeudi 15 décembre 2016

Le Brésil de Lula
Croissance économique et développement humain
, 2003-20101

Gilbert Blardone

Si l’on considère les tendances de l’indice de développement humain (IDH) du PNUD entre 1975 et 2005, on constate :
– que l’indicateur de l’Inde passe de 0,499 à 0,619 sur une échelle de 0 à 1, soit une amélioration de 47,7 % en 30 ans ;
– que l’indicateur de la Chine évolue de 0,530 à 0,777, soit + 46,6 % ;
– que celui du Brésil est de 0,649 en 1975 et de 0,800 en 2005. Mais déjà en 1975, il était supérieur de 150 points à celui de l’Inde.
La politique menée depuis 2003 par le Président Luiz Ignacio da Silva2, dit Lula, devrait encore améliorer cet IDH. Des quatre pays des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), le Brésil est le seul à avoir pratiqué une politique de transfert des fruits de la croissance économique vers les plus pauvres, tout en ne décourageant pas les plus riches (propriétaires terriens, gros entrepreneurs, firmes étrangères...) afin qu’ils ne fuient pas le pays mais participent à sa croissance économique.
Au cours de ses deux mandats, le Président Lula a impulsé une politique économique et sociale originale qu’aucun autre pays n’a pratiquée, amorcée par son prédécesseur, le président Fernando Henrique Cardoso. Lorsque le Président Cardoso est arrivé au pouvoir, la situation du Brésil était catastrophique. Une inflation de 6 000 % qui multipliait les prix, une monnaie sans valeur, une dette extérieure très lourde, une misère généralisée sauf pour une petite frange de la population. Le Président Cardoso a changé de monnaie et lancé le nouveau real, ce qui a ramené l’inflation autour de 15 % en moyenne, jusqu’a atteindre 6,6 % en 2002. Le « Plan real » a stabilisé le taux de change, facilité le remboursement de la dette au Fonds monétaire international (FMI), relancé l’activité économique ; dix millions de Brésiliens sont sortis de l’extrême pauvreté sans que les inégalités soient réduites significativement. Durant la présidence de Lula, le peuple a profité du doublement du pouvoir d’achat du real. Les milieux financiers lui ont fait confiance.

Le nouveau real du Président Cardoso, au 01 07 1994
1 dollar = 1 real

À l’arrivée au pouvoir de Lula, 01 01 2003
1 dollar = 3,50 reals

À la fin du mandat de Lula, 01 05 2010
1 dollar = 1,75 real

Le Président Cardoso voulait « faire émerger » le Brésil du Tiers Monde par la modernité, la croissance économique et l’emploi, lui donner un rôle sur le plan mondial. Le Président Lula a continué sur cette lancée en l’amplifiant et en la complétant. Il a fait preuve de pragmatisme et de réalisme sur les plans économiques et sociaux.
L’expansion économique
La politique économique du Brésil entre 2003 et 2010 peut se résumer ainsi :
– une croissance économique forte et durable, de l’ordre de 6 à 7 % par an. Elle était, entre 1995 et 2003 de 2,5 % en moyenne par an ;
– une monnaie relativement stable par rapport au dollar. En 2010, le taux de change élevé du real peut gêner les exportations ;
– une évolution de la bourse favorable ;
– une inflation faible. De 6 000 % en 1995, l’inflation est tombée à 6,6 % en 2002 et à 5 % en 2010. Lula a considéré l’inflation comme « le pire fléau pour les pauvres » ;
– une forte création d’emplois. En 2010, 2,5 millions d’emplois ont été créés. Le Brésil souffre d’une pénurie de main d’œuvre qualifiée. L’attribution de visas aux travailleurs étrangers est en forte hausse. Jusqu’ici, pour obtenir un visa permanent, il fallait réaliser un investissement minimum de 50 000 dollars dans le pays ;
– une politique extérieure dynamique. L’objectif n’était plus seulement de « faire émerger » le Brésil du Tiers Monde mais qu’il devienne un acteur important de la mondialisation. Le Brésil, partisan du libre-échange, a été très actif à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avec la volonté de briser le protectionnisme, notamment celui de l’Europe. Le Brésil (191,5 millions d’habitants) est passé selon le Fonds monétaire international (FMI) de la 11ème place mondiale en 2008 à la 8ème en 2010. Il est aujourd’hui la 1ère puissance agricole ;
– les exportations (223,4 milliards de dollars en 2009) n’ont cessé de croître et de se diversifier : café, sucre, volaille, viande de porc (4ème exportateur mondial), jus d’orange, tabac, soja, maïs (4ème exportateur mondial), éthanol, minerai de fer et d’or, produits industriels... Les droits de douane varient entre 10 et 35 %. Les charges sociales des entreprises, assez élevées, équivalent à 50 % du salaire brut, avec une réduction pour les secteurs d’exportation. Les transferts de bénéfices et de dividendes ne sont pas imposé :
– les importations (208,5 milliards de dollars en 2009) augmentent elles aussi. Elles pourraient, en 2011, dépasser les exportations, la balance commerciale devenant déficitaire ;
– en 2008, les réserves de devises assuraient 9,1 mois d’importations ; en 2010, elles atteignent 240 milliards de dollars et équivalent à 15 mois d’importations ;
– la dette extérieure représente 15,7 % des exportations, ce qui est très supportable ;
– le FMI a mis en garde le Brésil sur « l’appétit des investisseurs » et son éventuelle difficulté à gérer l’abondance. Cela a conduit la Banque centrale à relever son taux directeur à 9,25 %, ce qui fait la fortune des fonds de pension privés et d’État (fonds souverains) et peut aussi freiner une éventuelle hausse des prix en pesant sur le crédit.
– dans ses relations politiques extérieures, le Brésil a renforcé la solidarité Sud-Sud. Il a donné la priorité à l’Amérique latine en créant l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR). Il a aussi entretenu d’excellentes relations avec Cuba, l’Inde, la Turquie, l’Iran, l’Afrique du Sud...
Les prévisions économiques restent bonnes. La Banque centrale, dans une note du 30 septembre 2010, prévoit :
– une croissance économique forte, 7,3 %, du fait de la demande intérieure et des investissements, notamment pour :
– l’industrie : + 11 %
– les services : + 9 %
– l’agroalimentaire : + 6 %
– une hausse des prix de + 5 %
– un risque extérieur pouvant résulter du développement de la crise européenne qui freinerait les exportations.

Le développement humain
La politique sociale entre 2003 et 2010 a bénéficié en priorité de la croissance économique. Celle-ci a permis un transfert important de ses fruits vers les classes les plus pauvres, réussissant ainsi à faire reculer l’extrême pauvreté (60 millions de personnes) sans dresser les riches (environ un million de personnes) contre elle.
La classe moyenne a augmenté de 25 millions (contre 10 millions sous la présidence de Cardoso). En 2010, elle représente 52 % de la population. Sa consommation en forte augmentation devient, avec les exportations et les investissements (surtout à partir de 2007), le principal moteur de l’activité économique.
La politique sociale menée entre 2003 et 2010 a comporté plusieurs volets.

Lutte contre l’extrême pauvreté
En 2003 est mis en place le Programme « Faim Zéro ». Il comprend 40 mesures sociales parmi lesquelles on trouve : des distributions de nourriture, l’installation de citernes dans les zones de sécheresse, la distribution de goûters aux enfants des écoles, un crédit rural, etc…
Par la suite, un « mécanisme conditionnel de transfert de ressources » conduira à la création d’une bourse familiale, la bolsa familia, qui va bénéficier à 60 millions de Brésiliens. Il s’agit de bourses versées aux mères de famille à qui la Caisse économique fédérale ouvre un compte et attribue une carte de débit à condition que les enfants soient scolarisés et vaccinés. Cette bourse est accordée aux familles très pauvres ayant un revenu mensuel par personne inférieur à 23 euros. L’indemnité de base est de 23,7 euros, avec ou sans enfants.
Les familles qui disposent entre 60 et 120 euros par personne ne toucheront pas d’indemnité (le salaire minimum est à 87 euros en 2002). La bourse est augmentée de 8 euros par enfant scolarisé de moins de 15 ans, avec un plafond de 3 enfants et de 12 euros par adolescent scolarisé de moins de 17 ans, dans une limite de deux bénéficiaires par famille. Le maximum de la bourse pour une famille pauvre est de 46 euros, pour une famille très pauvre de 70 euros. 46 millions de personnes vont bénéficier de cette bourse, soit un Brésilien sur quatre.
Ce programme constitue le plus important programme au monde de transfert d’argent au profit des familles pauvres. Collaborent à ce programme et aux programmes d’éducation, l’État fédéral, les États fédérés, les municipalités. Son objectif est à la fois de faire reculer la pauvreté, combattre les inégalités les plus insupportables, promouvoir l’éducation et la santé. Les résultats sont spectaculaires aussi bien sur le plan économique, la croissance approche les 10 % en 2010, que sur le plan social et humain. En 16 ans, 35 millions de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté pour rejoindre la classe moyenne, soit 10 millions sous le Président Cardoso et 25 sous le Président Lula. La proportion de pauvres a baissé de 34 % en 2003 à 26 % en 2007. En 2007, 1,4 millions de familles ont perdu le bénéfice de la bourse, ayant franchi le seuil de pauvreté. Bien que cette bourse soit 3 ou 4 fois plus faible que le salaire minimum (87 euros en 2003, 225 en 2009), elle permet aux plus pauvres d’améliorer leur niveau de vie (accès aux réfrigérateurs, achat de chaussures, de vêtements, etc…), de créer leur toute petite entreprise (une ou deux personnes) et de participer par leurs activités et leur consommation à la vie économique du pays, se sentant ainsi être des citoyens responsables. En 7 ans, la malnutrition a reculé de 70 %, la mortalité infantile de 47 %. Cette dernière est encore de 24 pour 1 000 naissances. En mai 2010, le Programme alimentaire mondial (PAM) a décerné au Brésil le prix du « champion global de la bataille contre la faim ». La directrice du PAM a qualifié le Brésil « d’exemple pour le monde ».

Minimum vieillesse et invalidité
Pour les seniors et les handicapés, en ce qui concerne le minimum vieillesse et invalidité, 1,3 million de personnes en bénéficiaient en 2001 ; elles sont 2,9 millions en 2008.

Cette évolution est à mettre en parallèle avec celle du salaire minimum qui est passé de 87 euros en 2003 à 225 euros en 2010. Il a été multiplié par 2,58 et concerne 45 millions de personnes. En 1995, le pouvoir d’achat de ce salaire minimum correspondait à 1 ou 1,5 panier de la ménagère. En 2010, il représente 2,3 paniers.
En ce qui concerne les revenus des familles les plus riches :
– en 2009, 174 000 ont un revenu mensuel supérieur à 50 salaires minimum, soit 11 250 euros ;
– en 2009, le Brésil comptait 18 milliardaires en dollars, deux fois plus qu’en 2007 et 147 millionnaires ;
– la classe des plus riches est estimée à un million de personnes. Le marché du luxe a réalisé, en 2009, un chiffre d’affaires de 6,3 milliards de dollars, soit 12 % de plus qu’en 2008.
Comme l’a déclaré le Président Lula : « Je suis frustré de voir que les riches n’ont pas voté pour moi car ils ont gagné de l’argent comme jamais sous mon gouvernement ».

Amélioration de l’éducation
L’un des principaux handicaps du Brésil est le manque d’ouvriers qualifiés, de techniciens, d’ingénieurs et de cadres. Le système éducatif qui dépend de l’État fédéral, des États fédéraux et des municipalités n’est pas à la hauteur des besoins. Selon une étude du gouvernement, 22 % des 2,5 millions de Brésiliens qui entrent en 2010 sur le marché du travail sont insuffisamment qualifiés. Seuls 38 % des Brésiliens âgés de 25 à 34 ans ont un diplôme à la sortie du lycée. Le Brésil est au 49ème rang mondial sur 56 pour la lecture, les mathématiques, les sciences3...
Pour remédier à cette situation, le gouvernement a lancé un plan de construction d’écoles. En 1995, 50 % des enfants de 4 à 6 ans étaient scolarisés. Ils sont 70 % en 2006.
Dans la même perspective, le plan « Pro Uni » a été mis en place. C’est un programme de soutien aux étudiants d’origine modeste des universités, par des bourses auxquelles participent aussi les universités privées. 700 000 étudiants pauvres en ont profité.

Appui à la petite agriculture au « Mouvement des sans terre » (MST)
Le Président Lula avait promis une réforme agraire. Le manque de majorité au Congrès ne lui a pas permis de tenir cette promesse. Cependant la politique agricole a été développé suivant deux axes majeurs :

1/ Amélioration de la condition des « sans terre »
Le gouvernement a tout de même réussi à améliorer la condition des « sans terre » et à aider la petite agriculture avec le plan « Pro Nap » :
– 240 000 familles ont obtenu une terre entre 2003 et 2006 (la promesse visait 400 000 familles). Le crédit rural a été développé.
– 43 millions d’hectares ont été redistribués.
– Le MST a reçu 70 millions d’euros de subsides. Malgré cela, les « sans terre » ont continué à exprimer leur mécontentement. En 2009, une centaine d’entre eux a détruit 7 000 arbres dans la plus grande plantation d’orangers du Brésil, dans l’État de Sao Paulo. En 2004, on a dénombré 103 occupations de terres par le MST et 23 en 2009. Mais le mécontentement persiste. L’exode rural continue : les travailleurs de la terre ne représentent plus que 19 % de la population active.

2/ Lutte contre la déforestation
Le gouvernement a tenté de protéger la forêt amazonienne (4 millions de km2) contre les coupes clandestines. Il a renforcé la télésurveillance inaugurée en 1980, ce qui permet des opérations de police contre les défricheurs illégaux. Le plan national contre le changement climatique de 2008 fixe pour objectif de ramener le niveau de déforestation à moins de 6 500 km2 en 2015 contre 19 500 par an entre 1996 et 2005. Entre juillet 2008 et août 2009, 7 464 km2 de forêt ont été détruits soit 42 % de moins que durant les douze mois précédents. La tendance à la baisse est continue depuis 2004.
Pour le Mato Grosso, en particulier, le Président Lula a annoncé, le 6 mars 2010, un « programme national pour la production durable d’huile de palme », avec une priorité pour « les terres déjà dégradées ». L’État du Mato Grosso (903 000 km2) n’a que 3 millions d’habitants. La forêt a disparu, défrichée dans les années 1970 avec l’autorisation du gouvernement. Il est le deuxième grenier du Brésil avec, en 2010, 75,1 millions de tonnes de soja, de riz et de maïs (1/3 de la récolte céréalière du Brésil). C’est le paradis des propriétaires terriens. Depuis 2006, la production de soja est interdite dans les régions déforestées. Depuis cette date, les grands distributeurs ont accepté un moratoire qui interdit le commerce du soja en provenance de l’Amazonie « fraîchement déforestée ». Depuis 2000 (sous la présidence de Cardoso), la loi oblige à préserver les réserves légales de végétation originelle sur 30 à 50 % des terres, 80 % en Amazonie. Il reste à la police de faire respecter cette législation. Ce n’est pas gagné d’avance !

Protection des Indiens
Les Indiens sont près d’un million, 0,5 % de la population du Brésil. Ils luttent pour conserver leurs terres, leurs coutumes, leurs langues (environ 200). 600 000 d’entre eux vivent dans 635 réserves, soit 12 % de la superficie du Brésil. La Constitution de 1988 reconnaît leurs droits originels sur leurs terres. Ils ont « l’usufruit exclusif » de leurs richesses naturelles, à l’exception de celles du sous-sol. La déforestation sauvage les menace en permanence. Un décret du Président Lula de décembre 2009 accroît les moyens de la Fondation nationale de l’Indien (FUNAI), organisme public chargé de les aider et de protéger les 68 tribus isolées de l’Amazonie. Les Indiens sont méfiants vis-à-vis des actions de la FUNAI ainsi que vis-à-vis des deux principales organisations non gouvernementales chargées de mettre en oeuvre la politique « indigéniste » du Brésil.

Programmes d’accélération de la croissance
L’objectif de ces programmes est de réhabiliter les infrastructures défaillantes, l’un pour 2007 (PAC 1), l’autre pour 2011 (PAC 2). Le premier prévoyait plus de 13 000 projets dans divers secteurs : logement, énergie, routes. Le second visait la santé, l’éducation, l’assainissement, les chemins de fer, l’urbanisation des favelas.
Ces plans s’accompagnent d’une amélioration des politiques de crédit, spécialement destinées aux petites et moyennes entreprises et à la petite agriculture. Les emprunts sur 30 ans sont autorisés ainsi qu’un système de paiement à tempérament sans intérêt, en 4, 6 ou 12 versements.

Une popularité exceptionnelle
Les résultats obtenus sous la présidence de Lula en termes d’investissement et de croissance économique, d’amélioration de l’emploi, de réduction de la pauvreté, de développement de la consommation, d’amélioration du bien-être matériel, de réussite et de rayonnement extérieur ont rendu aux Brésiliens leur fierté et alimentent leur optimisme. 80 % d’entre eux ont plébiscité Lula, contre 4 % d’opposants. On peut dire que la politique de Lula a été conforme à la devise du Brésil : « ordre et progrès » (orden e progresso). La candidate du Parti des Travailleurs à la présidence pour succéder à Lula, Dilma Roussef (62 ans), qui a dirigé son gouvernement, a bénéficié de l’appui sans réserve de Lula. Avec ce soutien et le bilan flatteur des deux mandats écoulés, elle a été élue sans surprise à l’issue du second tour des élections présidentielles.
Malgré les progrès réalisés sous la présidence de Lula, il reste beaucoup à faire pour que le Brésil devienne vraiment une société progressive4.

Vers une société progressive ?
Faute de majorité au Congrès, Lula n’a pas pu conduire toutes les réformes, notamment de structures, qu’il envisageait. Elles concernent :
– la lutte contre la corruption et le clientélisme. L’achat des opposants est une pratique courante aussi bien en politique que dans la vie économique et sociale ;
– la lutte contre la violence, toujours aussi présente : 50 000 homicides par an ;
– la lutte contre les inégalités. Le Brésil reste l’un des pays les plus inégalitaires du monde ;
– la réforme agraire. La lutte contre les inégalités passe nécessairement par une véritable réforme agraire et une redistribution des terres. Lula n’a pas réussi à l’imposer, pas plus que le Président Cardoso avant lui ; tant que les propriétaires terriens s’y opposent, aucune majorité ne pourra se dégager en ce sens au Congrès ;
– l’éducation et la formation professionnelle. La profession d’enseignant est peu valorisée. Le salaire mensuel moyen dans l’enseignement primaire est de 510 euros, alors que dans les entreprises, il est beaucoup plus élevé. La productivité du travail dépend de la compétence. Cependant le Brésil manque d’ouvriers qualifiés, de techniciens, de cadres, d’ingénieurs. Il a un retard considérable par rapport à ses concurrents des pays émergents, ce qui constitue un handicap sérieux pour l’avenir ;

– les investissements. Les infrastructures sont à moderniser et à développer (objectif du PAC 2) : routes, ports, aéroports, logements, urbanisation (élimination des favelas), développement rural, etc. Pour obtenir une croissance de 10 % l’an, il faut que 20 % du produit intérieur brut (PIB) soient investis chaque année. Le Brésil investit actuellement 19 %, la Chine 40% ; 
– la lourdeur de l’administration. Il faut actuellement plusieurs mois pour qu’un projet soit mis en chantier.
Le Président Cardoso a fait « émerger » le Brésil du Tiers monde (1995-2002). Le Président Lula a engagé son développement humain (2003-2010). Il reste à en faire une société véritablement progressive.

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