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Article 6 : Ukraine, quelques réflexions sur les derniers événements

dimanche 13 septembre 2015

Ukraine : quelques réflexions sur les derniers événements

Pierre Bailly

Les événements dramatiques qui se déroulent actuellement en Ukraine ne peuvent être analysés en faisant l’impasse sur la conjoncture géopolitique. Les analystes et discours unilatéraux ne donnent pas les éléments permettant d’appréhender une situation complexe. L’Ukraine, historiquement zone des confins de la Russie, de la Pologne, de la Lituanie, de la Suède, sans oublier les empires russe, austro-hongrois, ottoman, mongol, pour ne citer que les principaux protagonistes de son histoire, zone de conflits et d’affrontements entre ces mêmes acteurs, zone de pluralité et de complexité, est écartelée entre les influences de nouvelles puissances globales : l’Union européenne, la Russie et des États-Unis. Les stratégies des uns ou des autres de la faire sortir de son ambiguïté fondamentale pour modifier les rapports de puissance dans cette zone ne peuvent que déboucher sur des tragédies. Les dimensions mondialisées des affrontements actuels sont probablement dominantes, cependant les réalités internes de l’Ukraine interviennent également. Le défi majeur est de créer à partir de 1991 une nation et une économie nationale dans un espace intégré dans l’économie russe et du système productif soviétique. La thérapie de choc appliquée, essentiellement par des économistes néolibéraux et néoconservateurs, à tous les pays de l’ancienne Union soviétique a détruit les interdépendances économiques, politiques et sociales et fait émerger quelques oligarques. Le marché autorégulateur et les nouveaux capitalistes devaient assurer un avenir radieux à l’Ukraine. Le résultat est une désarticulation de la société ukrainienne, le développement de la corruption et de l’économie informelle.

Une zone de chevauchement tectonique

Du point de vue politique, l’Ukraine se divise entre « nationalistes » principalement à l’Ouest et « prorusses » surtout à l’Est. Cette opposition recoupe la partie de l’Ukraine autrefois sous domination polono-lituanienne, austro-hongroise et roumaine selon les périodes. La Roumanie et la Hongrie ont par ailleurs des revendications territoriales sur des régions de l’Ukraine. Cet espace fut intégré à l’Ukraine soviétique par application du pacte germano-soviétique ; les frontières actuelles ayant été définies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, au moment où l’Ukraine devenait membre des Nations unies. Le roman de I. Babel2, La cavalerie rouge, décrit l’échec des troupes bolcheviques pour conquérir ces régions hostiles à la Russie. L’Ukraine de l’Est appartenait historiquement à l’empire tsariste avec des fluctuations jusqu’à la victoire des Russes contre les Suédois à Poltava. D’une certaine manière, la crise actuelle se situe dans une logique de post-guerre froide de remise en cause des découpages issus des conférences de Versailles (1919) et de Potsdam (1945). Les anciens découpages expliquent en première approche, que la partie Ouest parle plus ukrainien que la partie Est qui parle plus le russe. Les divisions ethnolinguistiques ne sont pas uniquement un héritage du passé prérévolutionnaire, elles résultent également de la conception des nationalités3 exposée par Staline et devenue la règle dans l’Union soviétique4. Cette approche trouve davantage son origine chez Herder, un des importants penseurs allemands des anti Lumières5, et du romantisme que dans la tradition des Lumières qui fait de la nation un ensemble de citoyens.

Page de Charlotte Pudlowski — Carte du Washington Post expliquant la situation en Ukraine.

http://www.antimoon.com/forum

Cette opposition politique se double d’une fracture économique et démographique. La partie Est la plus peuplée est industrielle alors que la partie Ouest est plus agricole comme le Sud. La partie Est, plus pauvre, dépend pour partie des revenus issus de l’émigration.
Le dépassement de ces hétérogénéités ne peut se réaliser durablement que par des compromis assurant leur compatibilité dans un cadre démocratique. La succession depuis l’indépendance de 1991 de régimes autoritaires et corrompus n’a pas permis de résoudre par les voies du dialogue la régulation des différents intérêts. La corruption liée aux pénuries est également un legs de l’Union soviétique6. La dite « révolution orange », organisée et financée par la fondation Soros et diverses ONG, dont nombre d’américaines, n’a pas permis d’établir un consensus (pas plus que la révolution de couleur du Kirghizstan n’a permis la réduction de l’opposition entre le Sud et le Nord).
Les affrontements actuels risquent de déboucher sur un éclatement non voulu de l’Ukraine ou par l’imposition d’un régime autoritaire. Il ne semble pas exister de mouvements qui proposent de rattacher une partie de l’Ukraine à la Russie, sauf en Crimée, ni d’envisager une partition du pays comme pour l’ancienne Tchécoslovaquie.
L’accord envisagé avec l’Union européenne (UE) qui contrairement à de multiples déclarations, n’est pas une adhésion ni même une promesse d’adhésion dans un futur proche. De plus, qui peut raisonnablement prévoir la situation politique et économique dans deux décennies ? Le rapprochement avec l’UE peut être bénéfique à long terme ; qu’en sera-t-il à court terme ? Les résultats de la disparition de l’Union soviétique comme la rupture des relations avec les anciennes démocraties populaires ont conduit à une régression de la production et des niveaux de vie. Les produits ukrainiens, sauf les produits agricoles, ne sont pas compétitifs sur les marchés de l’UE d’où le risque de fermetures d’entreprises (à l’Est). L’association avec l’UE signifie une déconnexion ou une rupture avec la Russie qui appliquant, les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), fournira le gaz au prix du marché donc très au-dessus des prix actuels. Ce sont les citoyens qui devront payer plus cher leur chauffage ainsi que les industries qui utilisent le gaz comme source d’énergie ou de matières premières (industrie chimique). La compétitivité des activités ukrainiennes en souffrira inévitablement. Est-ce que la hausse des redevances issues du transport permettra de combler le manque à gagner ? L’Ukraine est en train de perdre sa position stratégique pour le transport du gaz eurasiatique par la conjonction d’une double stratégie d’évitement de la part de la Russie qui développe des systèmes de transport du gaz qui contournent l’Ukraine et les pays d’Europe centrale et orientale (PECO), avec le North Stream, le South Stream et le Blue Stream ; comme de la part de l’UE qui soutient la construction de Nabucco et du Trans-Adriatic Pipeline (TAP) pour le gaz provenant de la mer Caspienne via la Turquie au bénéfice de la Grèce et de l’Albanie en voie d’adhésion à l’Union européenne.
Le choc de la désintégration du bloc soviétique se lit dans l’évolution du PIB ukrainien qui ne retrouve qu’en 2007 son niveau de 1989 et du fait la récession de 2008, le même niveau en 2011. En 1989, le PIB est de 310,852 milliards de dollars des États-Unis. En 2012 il atteint 338,344 soit un indice de 108,8 ; un taux de croissance annuel moyen entre 1989 et 2012 de 0,37 %. L’Ukraine est en récession depuis la mi-2012 et celle-ci se continue en 20137.

Le risque existe également d’une augmentation de l’émigration vers la Russie comme vers l’Union européenne d’une partie des forces de travail ukrainiennes malgré les réticences des États membres à recevoir les ressortissants des pays baltes, des PECO, de la Grèce ou de l’Espagne touchés par la dépression économique.
Le taux d’ouverture8 de l’économie ukrainienne se situe autour de 105 % du PIB (il est de l’ordre de 30 % pour la France). La structure des échanges extérieurs est bipolaire pour les importations 45 % proviennent de la Communauté des États indépendants (CÉI), 33 % de l’Union européenne, et aussi pour les exportations se dirigent vers la CEI (38 %) et l’UE (27 %). L’Ukraine a tout à perdre, quel que soit l’arbitrage final entre l’UE et la Russie, l’un étant exclusif de l’autre9.
De façon plus immédiate, le rapprochement avec l’UE n’a pas permis au gouvernement ukrainien d’obtenir les ressources nécessaires pour répondre aux contraintes de son endettement. Ni l’UE ni le Fonds monétaire international (FMI), qui de plus impose des conditionnalités du type plan d’ajustement structurel (hausse des tarifs intérieurs de gaz), n’ont proposé des aides à des niveaux suffisants. La Russie s’est engouffrée dans la brèche, en proposant sous des formes peu transparentes, une aide immédiate à la hauteur des besoins.

Une incapacité à transcender la fin de l’Union soviétique

La contestation actuelle, une révolte plus qu’une révolution comme l’affirment quelques commentateurs – reprenant le thème des révoltes arabes qui ont permis une démocratisation et un changement de pouvoir sans un changement radical de l’ordre social – constitue une rupture de l’alliance entre les couches moyennes et les couches dirigeantes (oligarques, dirigeants de l’appareil d’État). L’impasse actuelle est l’incapacité d’une partie des couches moyennes à étendre la mobilisation contre les dirigeants actuels et à entraîner les couches populaires. Cette révolte des classes moyennes est assez générale dans le monde s’accompagnant généralement d’une radicalisation des modes d’action associée à une dénonciation de la démocratie qui ne semble pas leur assurer des perspectives d’amélioration de leur situation. L’avenir radieux annoncé avec une généralisation du libéralisme économique et du rôle central des classes moyennes10 dans l’extension de la démocratie est pour le moins dans une impasse.
Ces couches bénéficiaires de la mondialisation (niveau d’éducation et revenus supérieurs à la moyenne, participation à la redistribution des profits) sont touchées par les désordres nés des crises financières. Les attentes frustrées suscitées par un accord avec l’UE, présenté à tort comme une future adhésion, expliquent cette émotion provoquée par l’exaspération de la population face à la corruption et à la prédation d’une infime minorité dans une situation et des prévisions économiques stagnantes. Les manifestants ukrainiens sont loin d’être tous pro-européens et il n’est pas avéré que les Ukrainiens dans leur ensemble ne rejettent pas les valeurs européennes11. Les forces les plus dynamiques se situent dans une typologie occidentale au sein des extrêmes-droites nationalistes et religieuses. Il est pour le moins paradoxal que certains qui dénoncent, bruyamment, l’implication de l’Église catholique dans les manifestations en France, soutiennent ou occultent le soutien apporté à l’opposition par la partie la plus nationaliste et la plus réactionnaire de l’Église orthodoxe ukrainienne autour du monastère et de la cathédrale Saint-Michel.
La nature de l’accord d’association est sujette à débat. Pour certains responsables européens, il s’agit d’un premier pas pour aider l’Ukraine à se réformer pour devenir un État appliquant les normes de l’Union européenne12. Ce résultat ne peut être obtenu qu’en ouvrant une perspective d’adhésion à l’Union européenne, comme cela fût fait pour les pays du bloc socialiste et de la Turquie avec des succès divers. L’absence de garantie ferme d’une pleine adhésion affaiblit la position de l’UE. Sur ce point, il est impossible de donner des assurances, il faudrait un accord unanime des 28 membres pour engager cette perspective et la ratifier. L’actuel scepticisme des peuples vis-à-vis de la construction européenne ne permet pas un tel engagement d’autant plus qu’une telle position renforcerait les confrontations économiques et diplomatiques avec la Russie.
Un des problèmes majeurs de l’Ukraine est de faire face à ses obligations financières. Actuellement, la Russie a promis une aide financière conditionnelle de 15 milliards de dollars dont le prochain versement aura lieu lorsque le nouveau gouvernement aura été mis sur pied. Pour l’instant, l’Union européenne et les États-Unis réfléchissent à une possible aide financière.
Pour les États-Unis et sans doute l’Union européenne, si les dirigeants ukrainiens veulent bénéficier des aides ou des garanties ils doivent accepter les conditions et les réformes édictées par le FMI pour une aide dans le cadre du Stand-By Arrangement (SBA) approuvé en juillet 2010. Les conditions du FMI sont une réduction des dépenses publiques en matière de salaires et d’emploi, une baisse des salaires, une hausse du prix de l’énergie en particulier pour les ménages par la suppression des subventions sur le gaz, une plus grande flexibilité des taux de change de la monnaie, la hryvnia, ce qui devrait déboucher sur une dévaluation. Cet ensemble de mesures ne peut avoir que des effets d’une détérioration de la situation à court terme des ménages ukrainiens, mais devrait améliorer la situation de long terme13. Ce type de déclaration est familier aux Ukrainiens depuis la période soviétique comme pendant la période de transition. L’Ukraine devrait ainsi subir une nouvelle période longue de récession et de dépression après celle des années 1990, identique aux conjonctures polonaise ou hongroise liées aux thérapies de choc. La restructuration envisagée ressemble, toutes proportions gardées, à celle infligée à la Grèce sans avoir l’avantage d’une intégration dans l’UE. La proposition d’accord avec l’UE se présente comme un moyen d’imposer à l’Ukraine une mise en œuvre effective des mesures prescrites par le FMI. Le coût de cette restructuration de l’appareil productif et des échanges, pertes importantes sur les marchés russes sans contrepartie immédiate dans l’accès aux marchés de l’UE, est évalué selon diverses sources autour de 15 milliards d’euros. Le premier ministre ukrainien, Mikola Azarov, a demandé 20 milliards d’euros à Bruxelles pour compenser l’impact d’un éventuel accord commercial avec l’UE, que Kiev a renoncé à parapher comme prévu à la fin du mois dernier. Il s’agit de l’estimation de la perte que subirait l’Ukraine dans ses échanges avec Moscou, au cas où elle signerait finalement avec l’UE. La réponse actuelle de l’UE se situe autour de 600 millions d’euros.

Les enjeux géopolitiques : la poursuite de la réduction de l’influence russe

Un changement de gouvernement ou de chef de l’État ne modifierait pas les perspectives d’adhésion à l’Union européenne, pas plus que les mandats successifs de Mikheil Saakachvili, en Géorgie, n’ont pas provoqué l’ouverture du processus d’adhésion. L’enjeu central est un changement du pouvoir avec le soutien de forces extérieures dont les objectifs géopolitiques se résument à empêcher l’émergence d’une puissance russe globale. En affirmant promouvoir de l’extérieur une démocratie, qui ne peut résulter que d’un processus long et difficile répondant à une aspiration interne14.. Cette imposition d’une « vraie démocratie » en Ukraine de la part des États-Unis ou de nombre de pays européens colonisateurs reste peu crédible. Leur légitimité reste à démontrer ; ils retrouvent les accents guerriers de leur interventionnisme passé en vue de remplir leur mission séculaire de défense les droits de l’Homme.
Les enjeux géopolitiques immédiats sont ceux d’une réduction de l’influence russe aux frontières de l’UE en mobilisant les idéologies de l’imposition extérieure de la démocratie.
Le projet russe est de redevenir à l’instar de l’Empire russe et de l’Union soviétique un acteur global dans un monde multipolaire. Le soutien de Zbigniew Brzezinski aux manifestants de la place Maidan se situe dans le prolongement de ses déclarations antérieures considérant que la rupture entre l’Ukraine et la Russie interdirait à cette dernière de devenir une grande puissance15.
Le soutien des États-Unis et de l’Union européenne aux manifestants et à leur revendication s’apparente à une ingérence pure et simple. L’exigence d’une modification de la Constitution pour donner un rôle plus important au Parlement pourrait s’appliquer également à la Constitution française. En ce domaine, l’Union européenne ne dispose pas de la légitimité pour imposer une forme d’organisation des pouvoirs. Cette reprise pure et simple de revendications de l’opposition est pour le moins excessive. Ce soutien sans nuance fait peu de cas de la validation du résultat des élections ce qui ne peut que fragiliser le processus de démocratisation politique, économique et sociale de l’Ukraine. Le département d’État américain en accord avec l’UE envisage la formation d’un nouveau gouvernement technique faisant fi du Parlement où l’opposition est représentée. Nous ne sommes pas loin d’un scénario à l’égyptienne, le chef de l’État ne convenant pas aux intérêts des « Occidentaux » son remplacement s’impose sans regarder de trop près les formes prises par ces coups d’État. Il est vrai que l’actuelle Commission n’est pas très respectueuse des principes mêmes de la construction européenne pour ce qui touche aux pays membres. Comme le souligne un universitaire allemand16, le traitement des pays en difficultés économiques par la troïka ne respecte pas les droits ni des États ni des citoyens. Cette brutalité libérale s’applique également aux États de l’environnement proche comme l’Ukraine.
Dans le même temps, des fuites indiquent que les États-Unis organisent à une prise de pouvoir par l’opposition en dehors de tous les principes de démocratie17 avec clairement une aide à l’organisation d’un coup d’État. L’aide américaine est clairement orientée vers une intégration de l’Ukraine dans le camp occidental dans une logique de refoulement de la Russie rappelant le parfait cynisme de la belle époque de la guerre froide. Cette guerre tiède, pour reprendre le concept de J. Géronimo 18, retrouve les accents et les manipulations de la confrontation sous des formes moins violentes. Une constante remarquable, au-delà des aléas de la conjoncture, est l’engagement réflexe des médias occidentaux dans cette nouvelle post-guerre froide de basse intensité dont il est possible de situer les origines à la guerre géorgienne de 200819.
L’opposition soutenue fermement par les États-Unis et l’UE demande une internationalisation à travers une médiation internationale avec le risque de transformer un problème essentiellement local en une nouvelle confrontation. L’impression est qu’une partie des dirigeants occidentaux persévèrent dans une vision qui regroupent les tenants du devoir d’ingérence, des ONG, les spécialistes wilsoniens purs et durs ; et les néo-conservateurs des relations internationales, considèrent qu’il est indispensable d’intervenir pour changer les dictatures en démocratie tout en réduisant tous les aspects sociaux de l’intervention publique. Les interventions récentes (Irak, Libye, Afghanistan, Kosovo, Bosnie, Somalie) ne paraissent pas avoir assuré la promotion de la démocratie dans ces différents pays faute d’avoir pu s’appuyer sur des forces démocratiques et engager l’édification d’États, entendus comme des espaces de droits politiques et sociaux. Il est vrai que la vulgate libérale dominante donnait un fondement théorique de l’affaiblissement ou de la disparition des États, sauf de ceux qui ont vocation à diriger le monde.

De nouvelles tensions en Europe

Comme il est difficile de plaider pour la naïveté de la part des fonctionnaires de l’UE, il reste deux hypothèses, non exclusives, pour expliquer la proposition d’un accord avec l’Ukraine. La première est une logique bureaucratique de fonctionnaires cherchant à faire le bonheur des peuples contre eux-mêmes dans une démarche décrite sur un mode plus poétique que politique par Hans-Magnus Enzensberger20. Pour ces responsables, les peuples et les gouvernants réfléchissent à court terme et ne perçoivent pas les bienfaits de mesures brutales ou imposées dont les effets de long terme seront bénéfiques pour tous. Cette rhétorique, partagée par les tenants du marxisme-léninisme et les libéraux purs et durs, a beaucoup perdu de son pouvoir de conviction. La seconde hypothèse est de poursuivre l’élargissement vers l’Est en affaiblissant la Russie qui est considérée soit comme un adversaire (période soviétique, période actuelle) soit comme une zone d’influence de l’UE où celle-ci développe sa propre stratégie (période dite de transition) et impose ses valeurs. L’échec de cette stratégie débouche sur un affrontement feutré. Quoi qu’il en soit, l’irresponsabilité dont ont fait preuve ceux qui ont imposé un choix impossible à l’Ukraine a conduit à une détérioration de la situation des citoyens ukrainiens sur tous les plans : politique, économique et social. En cas d’affrontements armés, ni les États-Unis ni l’Union européenne n’interviendront d’autant plus qu’au sein de l’UE il n’y a pas unanimité sur l’attitude à tenir dans ce dossier.
La proposition européenne d’un partenariat s’est combinée avec la volonté de l’OTAN de s’élargir vers ces mêmes États. Cette confusion n’a fait qu’accentuer les craintes de la Russie d’une reprise de la confrontation, dont l’attitude de la Commission et de certains États membres, dont la France, a parfois donné l’impression.

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