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Les nouvelles orientations de la politique étrangère de la Turquie : une politique « étrange »

samedi 16 janvier 2016, par Zeynep ARIKANLI

Cet article est finalisé dans l’immédiat de l’attentat d’Istanbul du 12 janvier 2016 dont le bilan officiel fait état d’au moins 10 morts et de 15 blessés. Cet attentat dont l’auteur est – de nouveau – l’État islamique (Daech) a touché un pays qui est déjà déchiré par la contestation kurde, ainsi que par une polarisation sociale qui s’aggrave de jour en jour, et sa vulnérabilisé en raison de ses relations complexes avec Daech. Le bilan, sur l’année 2015, est pénible : alors qu’un attentat ciblant un meeting du Parti démocratique des Peuples (HDP) a causé 3 morts à Diyarbakir (le 3 juin 2015), le 20 juillet 2015, la Turquie a été secouée par un autre attentat qui a causé 33 morts et des centaines de blessés à Suruç (une ville et un district de Şanlıurfa à proximité de la frontière avec la Syrie). Les victimes étaient des jeunes de sensibilité de gauche qui se préparaient à faire une visite de solidarité à Kobané, au Kurdistan syrien, ville qui a été le théâtre des conflits violents d’octobre 2014 à janvier 2015 entre les forces kurdes et Daech. Trois mois plus tard, un nouvel attentat qui a visé un meeting de paix à Ankara, la capitale de la Turquie, a causé 102 morts et des centaines de blessés. Ce massacre a été le point culminant d’un processus d’escalade de la violence en Turquie à la suite du massacre de Suruç. Cette escalade est, en quelque sorte, la confirmation des bilans politiques et diplomatiques turcs des deux dernières années : l’élaboration de la politique étrangère demeure handicapée par deux crises majeures dans la région (à savoir les crises syrienne et irakienne). Ce handicap qui fragilise les relations à la fois avec les voisins et les pays occidentaux a contribué, à la fin de 2015, « à la détérioration de ses relations avec la Russie notamment, sans pour autant permettre le rétablissement de rapports confiants avec ses alliés occidentaux » . Dans ce sens, on peut confirmer que la Turquie a « récupéré » l’image que Jean-François Bayart avait décrite en 1981 comme suit : « Par opposition aux “nouveaux centres de pouvoir” la Turquie constitue un exemple intéressant de cas avorté de montée en puissance et elle paraît être sur la pente descendante du système international » . Avant de proposer une analyse de ce retour que nous considérons comme un choix des décideurs politiques turcs, procédons à un état des lieux de ces dernières années au cours desquelles la politique étrangère de la Turquie s’est transformée en une politique « étrange », alors que la Turquie elle-même s’est transformée d’un meneur de jeu (playmaker) en une source de problèmes et de tensions dans la région. Nous verrons que la Turquie d’Erdoğan n’a pas « perdu les pédales », mais elle a fait des choix stratégiques qui sont manifestement mal calculés et souvent mal joués. Or, il y a juste cinq ans le pays traversait des mutations d’une ampleur inouïe.

Pour lire la suite : http://informations-et-commentaires.nursit.com/IMG/pdf/les_nouvelles_orientations_de_la_politique_etrangere_de_la_turquie.pdf

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