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Article 5 : Ouvrages et publications reçus Comptes-rendus rapides

mercredi 6 janvier 2010

Ouvrages et publications reçus
Comptes-rendus rapides

Revues
Aujourd’hui l’Afrique, revue de l’AFASPA, n° 118, décembre 2010.

Ce numéro de la revue est partagé entre l’actualité française et l’actualité africaine. Pour la première, Francis Arzalier, dans son éditorial (« La nation et ses boucs émissaires ») dénonce la fracture produite par une dérive manifeste du débat politique. Confronté aux difficultés sociales provoquées par les politiques libérales, le pouvoir exécutif français, à la recherche de présumés coupables de ce mal vivre, a fait porté le débat sur l’immigration. Cette instrumentalisation a réveillé les peurs, voir les haines les plus basses de quelques « aigris, toujours prêts à trouver un étranger coupable quand quelque chose allait de travers ». Sa condamnation est sans équivoque. Cette analyse est complétée par les articles de Françoise Rosenberg (« Des Sénégalais de l’an 40 dans l’Oise ») et du capitaine Honorat (« Africains, maquisards des forêts de Bavière en avril 1945 ») qui évoquent les destins de soldats africains des troupes coloniales françaises dans des moments critiques de la seconde guerre mondiale.
Dans la seconde partie de ce numéro, l’actualité africaine fait l’objet d’analyses multiples. Rappelant la pollution volontaire commise à Abidjan en août 2006, Tanella Boni (« L’affaire du Probo-Koala : l’Afrique doit-elle être la poubelle de l’Europe ? »), après avoir éclairé un dossier très opaque, soulève la question de la place des Périphéries dans une éventuelle division internationale du travail d’élimination des déchets. Gérard Fay (« Mal-développement aggravé et violence d’État dans les montagnes rifaines ») ne se contente pas de dresser le bilan des échecs des politiques de développement agricole menées depuis les années 1960 dans le Rif marocain, il montre comment aujourd’hui la paysannerie, prise entre la répression conduite contre la culture du cannabis, les effets de détérioration des sols résultant de l’intensification de cette culture, devenue l’unique « moyen de survie » et l’absence de solutions alternatives, connaît un avenir des plus incertains. Danielle Lefeuvre-Lavaud (« L’évolution du statut et de la situation des femmes en Afrique ») dresse un bilan mitigé de la condition féminine en Afrique. Si la scolarisation des filles et l’adoption de législations plus égalitaires ont permis des progrès, la lenteur de ceux-ci, la résistance des traditions comme la détérioration des conditions de vie des plus pauvres les rendent inégalement partagés entre femmes rurales et femmes de la ville, femmes du peuple ou des classes moyennes occidentalisées. Qu’il s’agisse d’inégalités ou de violences subies, « il reste un long chemin à parcourir pour qu’existe, en fait comme en droit, une égalité hommes / femmes. Jean Chatain (« Rwanda 1994, quand Turquoise abritait Radio Mille Collines »), dans une présentation de l’ouvrage de Jacques Morel : La France au cœur du génocide des Tutsi (IZUBA éditions-l’esprit frappeur, 2010), rappelle les responsabilités politiques françaises dans ces douloureux événements.
Aujourd’hui l’Afrique consacre également deux articles à des entretiens avec des personnalités africaines, Brahim Sabbar, président de l’ASVDH (association sahraouie de défense des droits de l’homme) et Oumar Mariko, député et vice-président du bureau de l’assemblée nationale malienne. Il est particulièrement intéressant de noter dans le compte-rendu de l’interview d’Oumar Mariko l’analyse du contexte dans lequel s’opèrent les opérations de cession de terres à des intérêts étrangers.
Comme dans ses précédents numéros, la revue apporte à ses lecteurs des informations et des analyses précieuses pour saisir l’actualité africaine.

Recherches internationales, n° 88, octobre-décembre 2010.

Cette dernière livraison de la revue contient trois parties. Dans la première partie, Michel Rogalski, dans son important éditorial, reprend la question du piège Afghan. Il souligne que « le ciment de la solidarité internationaliste, ce n’est pas l’existence d’un ennemi commun mais le partage de valeurs communes et la volonté de faire avancer ». Il continue avec la réflexion que « l’expression "ni Bush, ni Ben Laden" » devrait être entendue comme une invitation à lutter contre l’un et l’autre et non pas à utiliser l’un contre l’autre ». Sur un tout autre champ, Daniel Durand, dans son article/témoignage, explore l’avancée de la quatrième conférence d’examen du traité de non-prolifération, tenue à New York en mai 2010. L’article de Dimitri Uzinidis et Dimitri Patelis reprend le concept du « nouveau mercantilisme » appuyé notamment sur le travail mené dans ce domaine par Joan Robinson. Les auteurs considèrent que « la mondialisation telle que nous la vivons aujourd’hui n’est autre que la métamorphose relative du « nouveau mercantilisme » qui « renforcent les inégalités, multiplient les conflits militaires et brisant les solidarités sociales ».
La seconde et la plus importante partie de la revue est consacrée au thème de l’Économie politique internationale (ÉPI). Mehdi Abbas, le coordinateur de ce dossier, définit l’ÉPI comme une nouvelle discipline des relations internationales développée vers la fin des années 1970. Selon Mehdi Abbas, cette discipline ou sous-discipline s’intéresse aux questions liées au pouvoir, à la puissance et l’autorité dans les relations économiques internationales. Il écrit : « Elle est ainsi amenée à s’interroger sur la forme et la substance que prennent les enjeux de puissance et de richesse associés à la double articulation entre l’économique et le politique d’une part, le national et l’international, d’autre part, double articulation qui constitue la substance des relations économiques internationales. Dès lors, le repérage des asymétries économiques structurelles et institutionnelles, la mise en évidence des rapport de domination, d’autorité et de légitimation des politiques économiques internationales, l’analyse des modalités de reproduction des relations économiques internationales, la construction de normes et standards de comportement et techniques par l’action congruente des firmes, des États et des organisations internationales sont autant d’aspects que les "épéistes" investissent ».
L’ÉPI serait-elle réellement une nouvelle discipline ? Comment délimiter ses frontières disciplinaires ? Franck Petiteville dans son article (« Économique politique internationale et Sciences politiques : Où est la frontière ? ») revient précisément sur cette problématique. Dans le sens large, selon Franck Petiteville, pour l’ÉPI, les dimensions économiques internationales ne peuvent s’articuler qu’autour du pouvoir des États et des questions liées à la guerre, à la paix, à la sécurité, au terrorisme et à la diplomatie. Par ailleurs, ces dimensions constituent depuis longtemps le corpus des Sciences politiques ou de la sociologie internationale.
La deuxième complexité encore plus fondamentale concerne la difficulté de saisir le vrai corpus de l’ÉPI. Les différents auteurs tentent d’aborder et d’analyser cette complexité à travers des notions comme le nouveau mercantilisme, la mondialisation, l’empire ou encore l’impérialisme. Dans cette démarche, Grégory Vanel, choisit d’examiner le concept d’hégémonie financière des États-Unis pour argument essentiel « qu’on ne peut limiter les analyses en termes d’hégémonie à la seule domination économique ». Christian Deblock prend le volet de la libéralisation commerciale qui était au départ sensé être fondé sur l’égalité de traitement, la réciprocité, la non-discrimination, le multilatéralisme et la règle de droit. Mais, dans la réalité, rien de telle n’est mis en œuvre. Les évolutions montrent que ces principes ne sont pas mis en pratique. L’épreuve des faits indique qu’il n’existe rien de tel qu’« un dialogue permanent entre le pouvoir, les milieux d’affaires et les groupes d’influence ». Jean-Frédérique Morin examine la contradiction entre la logique libérale du droit de la propriété intellectuelle (PI) et la difficulté des pays en développement de protéger leur intérêt économique, car ce système « favorise les intérêts de certains acteurs (cf. les pays développés) au détriment des autres… en s’appuyant sur une configuration particulière entre les forces matérielles, les institutions et les idées ». Hélène Pellerin, considère que, pour sa part, bien que les enjeux des migrations internationales aient retenu l’attention de l’ÉPI dans le passé, il y a une nécessité de renouvellement « afin de pouvoir capter et problématiser certaines nouvelles facettes du phénomène, en l’occurrence la multiplicité des formes de travail et l’ubiquité de la mobilité ». Dans la lignée de l’analyse du travail et des régimes internationaux du commerce, Sylvain Zini s’interroge sur les raisons qui ont poussé les États-Unis à promouvoir la mise en œuvre de clauses sociales. L’auteur montre comment la clause sociale « cherche à s’assurer que la libéralisation du commerce international ne mène pas à une harmonisation des normes du travail vers le bas ». Notons enfin que, dans ce dossier, Nicolas Simiand, analyse l’émergence du G20 afin d’évaluer dans quelle mesure cette nouvelle instance peut-être considérée comme une avancée dans la gouvernance de l’économie mondiale. D’après l’auteur, « la doctrine du G20 ne se démarque pas de celle du G7 : le libéralisme disciplinaire demeure ».
La troisième partie comporte la rubrique « Notes de lecture ». Elle présente d’abord une revue exhaustive de cinq revues : Cahiers français, n° 355, mars/avril 2010 : L’économie verte ; Informations et commentaires, n° 150, janvier/mars 2010 : La politique japonaise et les défis du développement ; Inprecor, n° 564-565, août/septembre 2010 : Venezuela : laboratoire du socialisme du XXIe siècle ? ; Questions internationales, n° 43, mai-juin 2010 : Mondialisation : une gouvernance introuvable ; Sciences Humaines, n° 19, juin/juillet/août 2010 : Les pensées vertes. Cette partie propose ensuite le compte-rendu de cinq ouvrages : Elias Sanbar, Dictionnaire amoureux de la Palestine, Ed. Plon, 2010 ; Raphael Porteilla, L’Afrique du Sud – Un long chemin vers la démocratie, Infolio, 2010 ; Collectif Attac, Une Autre ONU pour un autre monde, Ed. Tribord, 2010 ; François Gere, Iran, l’enfant de crise, Karthala, 2010 ; Commission sur les armes de destruction massive, Armes de terreur – Débarrasser le monde des armes nucléaires, biologiques et chimiques, L’Harmattan, 2010. Enfin, les différents livres reçus par la revue, une soixantaine de titres au total, sont cités avec leurs références complètes.
Un numéro bien bâti sur le plan des contenus thématiques et des différents débats qu’il propose. On peut ajouter à cela que ce numéro contient plus de 250 pages d’une lecture toujours agréable.

Insaniyat, n° 44-45, Avril- Septembre 2009 (Vol. XIII, 2-3), Revue algérienne d’anthropologie et de sciences sociales, CRASC-ORAN.

Après des précédents numéros consacrés à Oran ( n° 23-24, CRASC 2004 ) et à Constantine ( n° 35-36, CRASC 2007), le numéro double 44-45 reprend le regard anthropologique de la revue sur l’urbain en le consacrant cette fois-ci à Alger « …Capitale d’un pays en pleine mutation, lieu de centralité administrative et politique… et qui constitue plus que toute autre agglomération du pays, le lieu où se sont exacerbées et affrontées les tensions et les contradictions générées par une histoire féconde et tourmentée ».
Rassemblées en deux sections : « Alger d’hier à aujourd’hui : la configuration d’une métropole » et « Les pratiques culturelles algéroises : une identité en construction », les différentes contributions traitent des différents aspects des changements (urbanistiques, architecturaux, culturels et linguistiques) qui ont forgé la trame sociologique de la ville dans le passé et qui continuent de nos jours d’influer sur ses dynamiques urbaines faisant d’Alger « une métropole en devenir ».
À travers l’article (en arabe) « La ville d’Alger au Moyen Âge » (Allaoua Ammara et Zeineb Moussaoui), on découvre la longue histoire d’Alger, comptoir phénicien, colonie romaine sous le nom d’Icosium, annexée à l’empire byzantin, refondation par Bolokin au milieu du Xème siècle, gouvernée par des membres de la dynastie hammadite à partir du XIème siècle puis dominée par les Almoravides à la fin du XIème siècle, conquise par les armées almohades, enjeu des luttes ayant opposé les Hafsides, Zianydes et Mérinides, dominée finalement par les Ta’aliba, une tribu arabe ‑ jusqu’à la prise de la ville par Arroudj ‑ et dont un des membres, Abd al-Rahman (mort en 874/1470) devint le saint patron de la cité) et ses atouts géographiques qui allaient construire sa force et sa puissance. Avec « le Waqf et l’urbanisation d’Alger à l’époque ottomane »(Samia Chergui) on comprend que la mise en habous, en soustrayant aux appétits des particuliers des portions de l’espace urbain, peut être considéré comme un outil, avant l’heure, de planification urbaine, une institution qui permettait de préserver l’intérêt général et de contribuer à la ré-urbanisation de la ville. F. Boudaqqa, dans « Quelques aspects du processus d’urbanisation de la ville d’Alger » (en arabe) propose une sorte de rétrospective générale en traitant de la naissance d’une ville européenne conçue par l’autorité coloniale mais aussi des différents modèles architecturaux adoptés par l’État algérien durant la période post-indépendance et où sont soulignés en particulier certains aspects qui découlent de l’urbanisation incontrôlée. Les contributions de Madani Safar-Zitoun, de Nora Semmoud, Larbi Icheboudene et Tahar Baouni s’attachent à montrer la particularité des dynamiques en cours . Dans « Le transport dans les stratégies de la planification urbaine de l’agglomération d’Alger », T. Baouni montre combien, depuis l’indépendance, que la politique urbaine d’Alger s’est illustrée par des erreurs flagrantes en occultant les problématiques des mobilités de travail et des transports collectifs. S’appuyant sur le recensement de la population et de l’habitat de 2008, l’article de Madani Safar-Zitoun « Alger d’aujourd’hui : une ville à la recherche de ses marques sociales » – après avoir invalidé la thèse de la « macrocéphalie algéroise » et son alimentation par le mythe de « l’exode rural » – montre comment les couches sociales aisées se sont dessaisies du centre ville (qui concentre les activités tertiaires) pour s’installer dans les communes du Sahel algérois dans le prolongement des quartiers huppés des hauteurs d’Alger. Les programmes publics destinés aux classes moyennes accentuent aussi le déplacement de ces dernières vers des enclaves périphériques contribuant ainsi à dépeupler le centre ville de la population la plus active et la plus dynamique. À partir de plusieurs enquêtes sur le terrain, Nora Semmoud, dans « Les nouvelles significations du quartier dans la périphérie algéroise », montre comment certains quartiers (ceux, tant décriés, de la périphérie Est) sont devenus de véritables laboratoires de construction d’une citadinité active et inventive. Cette thématique transparaît aussi dans la contribution de Larbi Icheboudene « Réflexion sur la gouvernance urbaine à Alger : Prérogatives institutionnelles et monopoles politiques ». Du fait du glissement des prérogatives des communes vers les services de la wilaya (département), vidant la structure municipale de ses fonctions principales, les populations, laissées à elles-mêmes, inventent des solutions d’urbanité nouvelle.
La seconde section s’intéresse beaucoup plus à l’expression symbolique du lien urbain dans la mesure où la ville est, au-delà de sa matérialité, production de sens et de culture. Plusieurs contributions explorent différentes facettes de l’imaginaire urbain algérois. Dans son article : « Alger racontée, Alger mise en scène (dans la fiction et les essais) », Khaoula Taleb-Ibrahimi interroge les constructions imaginaires des écrivains, romanciers et nouvellistes mais aussi les autres manifestations de sens, les graffiti, les marquages, les « tatouages muraux » pour dire combien l’Alger symbolique reste plurielle et mystérieuse. Dans « Catégorisation des quartiers d’Alger / langues usitées : quelle(s) corrélation(s) sociolinguistique(s) ? », Kahina Djerroud relate les résultats d’une enquête sociolinguistique dans deux quartiers d’Alger, l’un dit « populaire », Belcourt / Belouizdad, l’autre dit « résidentiel », Hydra. On y apprend que les habitants s’enferment dans des ghettos symboliques (Belcourt, quartier populaire donc arabophone ; Hydra, quartier chic donc francophone), représentations qui sont à contre courant de la réalité des faits de peuplement des quartiers algérois qui ont produit des situations de mélange social et qui font précisément la spécificité urbaine algéroise. Cette spécificité est aussi traquée par Karim Ouaras dans son article : « Les graffiti de la ville d’Alger : carrefour de langues, de signes et de discours. Les murs parlent… ». Les murs sont un support de la parole habitante et la quasi-exclusivité des graffiti (et la rareté des « tags ») exprimerait une urbanité algéroise moins individualiste qu’on pourrait le croire. Enfin, Chérif Benguergoura, dans son article « Nourritures, signalement et relations sociales. Observations de quelques pratiques actuelles en milieu algérois », nous permet de comprendre comment les aliments, par delà la fonction de satisfaction du besoin de nourriture, fonctionnent aussi comme rapport d’échange symbolique avec les autres et donc comme vecteur de signalement du rang social.
Ce numéro comporte aussi les rubriques habituelles. Dans « Varia » figurent trois articles. Celui de L. Yamani et K. Brahimi (tous deux enseignants à l’Université des sciences et de la technologie d’Oran, Mohamed Boudiaf) s’intitule : « Evolution sociale et reconfiguration spatiale : la ville de Mostaganem » et analyse la dynamique urbaine de Mostaganem à travers plusieurs périodes successives. Selim Oualikene (enseignant chercheur de la Faculté des sciences économiques de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou), dans son article : « Analyse empirique de la Wilaya de Tizi-Ouzou (1962-2008) » propose un survol de l’organisation de la propriété foncière agricole durant les quatre dernières décennies et ce qu’elle a induit comme dynamique spatiale avec des conséquences regrettables sur l’environnement naturel local. Dans « La culture orale, une tribune pour les groupes dominés : la chanson populaire, un lieu d’émergence du discours féminin », Fatiha Tabti-Kouidri (chargée de cours à l’ENS d’Alger) montre comment la parole féminine, au travers du chant, se libère et se déjoue de toutes les tentatives de censure et de bâillonnement dont elle est l’objet.
Dans « Position de recherche », deux thèses de doctorat en géographie (soutenues à l’Université François Rabelais de Tours) sont signalées : celle d’Omnia Aboukorah (soutenue en juillet 2006) qui porte sur « La sauvegarde du patrimoine architectural et urbain de la vieille ville du Caire. Enjeux et modalités » ; et celle de Vincent Bisson (soutenue en décembre 2005) portant sur les « Dynamiques comparées de l’urbanisation en milieu tribal (Tunisie et Mauritanie) » ; ainsi que (en langue arabe) « Le discours idéaliste dans la philosophie allemande moderne. Etude analytique et critique » de Mohamed Hirreche Baghdad.
Dans la rubrique « Comptes rendus de lecture », Abed Bendjelid nous signale un livre « Alger. Lumières sur la ville », Ed. Dalimen, (395p.), Alger, 2004, ‑ version élaguée d’un colloque international tenu à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’El Harrach en mai 2001 ‑ qui apparaît comme un jalon notable dans les études urbaines portant sur la capitale, une manière aussi, de la réinstaller, symboliquement, comme une métropole reconnue de la Méditerranée, après la décennie de violence des années 1990. Khaoula Taleb-Ibrahimi dit l’intérêt du livre d’Aziza Boucherit « L’arabe parlé à Alger », Ed. Anep, Alger, 2004, en ce qu’il constitue une pierre à l’édifice d’une carte sociolinguistique de la grande métropole qu’est devenu Alger. K. Taleb-Ibrahimi nous propose aussi une invitation au voyage dans Alger à travers une présentation d’un certain nombre de livres d’art. El Djazair, El Mahroussa, El Bahdja… sont autant de qualificatifs qui nomment Alger, célébrée dans tous ces beaux livres et visiblement aimée par la narratrice. Madani Safar-Zitoun présente un ouvrage qui « mérite amplement le détour », celui de Tal Shuval intitulé : « La ville d’Alger vers la fin du XVIIIème siècle. Population et cadre urbain » Ed. CNRS, Paris, 1998, (282p.), en ce qu’il nous invite à ré-interroger un certain nombre de paradigmes établis, notamment sur la question du rapport entre régime démographique et formes familiales.
Enfin, dans « Notes de lecture », Hosni Boukerzaza mentionne un ouvrage : « Aménageurs et aménagés en Algérie. Héritages des années Boumédiène et Chadli » de Abed Bendjelid, Jean-Claude Brûlé et Jacques Fontaine, Université d’Oran, Université de Franche-Comté, Université de Tours, Ed. L’Harmattan, Paris, 2004, (419p.). Il s’agit d’un ouvrage qui reprend les travaux d’un colloque tenu à Oran au début de la décennie 1990 et qui a été retravaillé avec des compléments indispensables sous forme d’introductions, de conclusions et de synthèses. Cet ouvrage est d’un intérêt majeur : par son contexte (le colloque à l’origine de la publication s’est tenu à une période de transition marquée par la fin des années de « socialisme » et le début des années de « libéralisme »), il contribue au bilan de trois décennies de développement et d’aménagement apportant un éclairage inattendu pour mieux déchiffrer les évolutions récentes.
La rubrique « revue des revues » (en arabe) se penche sur « La pensée de midi ».
Notons enfin que ce numéro comporte des hommages appuyés à Jean-Jacques Deluz (1930-2009), Germaine Tillon (1907-2008) et Abdelkebir Khatibi (1938-2009).

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